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Les crèches en plein baby-boom
Luxembourg 4 min. 25.09.2019 Cet article est archivé

Les crèches en plein baby-boom

Les ouvertures de crèches sont maintenant bien plus menées par des privés que par des communes ou des asbl.

Les crèches en plein baby-boom

Les ouvertures de crèches sont maintenant bien plus menées par des privés que par des communes ou des asbl.
Luxembourg 4 min. 25.09.2019 Cet article est archivé

Les crèches en plein baby-boom

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Une vingtaine de nouvelles structures d'accueil pour tout-petits se voient, chaque année, délivrer le précieux agrément du ministère de l'Enfance et de la Jeunesse. Et si le chiffre ne fait qu'augmenter, le mérite en revient plus à des initiatives privées qu'aux communes ou asbl.

Il faut neuf mois pour faire un bébé. Et souvent il faut plus longtemps encore pour trouver une solution de garde pour le nouveau-né. Logique quand on sait que le pays compte deux fois plus de 0-4 ans (32.592) que de places en crèches (16.300). Pourtant, le nombre d'établissements dédiés à la petite enfance ne cesse de progresser. Il dépasse désormais les 445 établissements agréés.

C'est au ministère de l'Enfance et de la Jeunesse qu'est confié le soin de se pencher sur le berceau des structures d'accueil pour 0-4 ans qui souhaitent ouvrir. Une progression qui ne peut compenser la pression des quelque 3.000 naissances enregistrées dans le pays chaque année et la venue, de plus en plus fréquente, de jeunes enfants issus de familles frontalières dans les structures luxembourgeoises.

Trois mois d'instruction

Il est vrai qu'ouvrir une crèche ne peut se faire en un claquement de doigt. «Avant de se voir confier des tout-petits, il faut remplir un cahier des charges sur lequel nous sommes stricts», mentionne Christiane Meyer, conseillère de direction au ministère. Cet agrément est obligatoire au-delà de trois enfants accueillis. 

Pour obtenir le précieux sésame, il faut compter au minimum trois mois d'instruction de dossier. L'administration veillant à ce que la structure remplisse toute une série de critères. Ainsi, la crèche doit-elle fonctionner 46 semaines au moins par an, selon des horaires quotidiens compris entre 5h et 23h, au maximum. 

Espace, hygiène et sécurité

Le personnel, de direction comme d'encadrement, doit aussi montrer patte blanche et fournir des extraits de casier judiciaire à l'Administration. Sans oublier de justifier des niveaux de qualification requis pour pareille activité. Les salariés doivent aussi être tous polyglottes, afin qu'entre les murs soit parlé aussi bien le luxembourgeois, que le français ou l'allemand.   

«Nous veillons aussi à ce que l'établissement lui-même - nouveau ou en service - dispose bien de toute la sécurité indispensable, de l'hygiène et aussi de suffisamment d'espace par rapport à la fréquentation.» Voilà de quoi rassurer les parents, encadrer les pratiques éducatives et surtout permettre l'épanouissement des enfants.

En 2018, 21 agréments pour ouverture de crèches ont été délivrés. Mais actuellement, le nombre de 0-4 ans du pays équivaut à deux fois le nombre de places disponibles.
En 2018, 21 agréments pour ouverture de crèches ont été délivrés. Mais actuellement, le nombre de 0-4 ans du pays équivaut à deux fois le nombre de places disponibles.

Rares pourtant sont les dossiers d'ouverture ou de poursuite d'activité de crèche à se voir refusés. «Comme il s'agit d'un investissement financier important, les personnes s'engageant dans cette voie font bien les choses», signale Christiane Meyer. Mais quand il le faut, fermeture est ordonnée. Sur ces trois dernières années, trois structures ont ainsi été contraintes de mettre la clé sous la porte. 

L'an dernier, le ministère aura délivré 21 agréments en vue d'une ouverture de crèche. Résultat, à l'aube de 2019, le Luxembourg offrait un nombre de places jamais atteint. Aujourd'hui, si le nombre de crèches est en pleine croissance, difficile d'en mesurer l'exacte progression. Le ministère de l'Enfance mêlant dans ses statistiques crèches, foyers de jour et maisons relais sous l'appellation «Services d'éducation et d'accueil».

Collectivités et associations hésitent à s'engager dans la petite enfance

Une certitude, le développement des crèches au Luxembourg est majoritairement dû à des initiatives privées. Cela alors qu'historiquement, ce type de structure a longtemps été de la seule initiative des communes et des asbl. «Pourtant ces deux acteurs (dits conventionnés) peuvent recevoir un soutien de l'État pour le financement des établissements, et la participation des familles au prix d’accueil y est généralement moins élevée», note Christiane Meyer.

Cependant, les crèches non conventionnées, mises au monde par des privés, ont bien plus le vent en poupe. Sur les 21 agréments délivrés en 2019, un seul a bénéficié à une structure publique.

«Collectivités et associations hésitent à s'engager dans la petite enfance. Comme si c'était trop coûteux et trop délicat», regrette-t-on au ministère. Comme si aussi, ayant déjà investi en des temps où la démographie était moins pressante, elles tardaient à se relancer dans l'expérience des crèches.

Ainsi, actuellement, sur la totalité de l'offre de places, deux tiers sont gérés en non-conventionné (11.084 places), pour un tiers en conventionné (5.308).