Changer d'édition

Les cours de luxembourgeois ne connaissent pas la crise
Luxembourg 2 min. 24.03.2021

Les cours de luxembourgeois ne connaissent pas la crise

L'institut national des langues propose des cours pour tous les âges et tous les niveaux.

Les cours de luxembourgeois ne connaissent pas la crise

L'institut national des langues propose des cours pour tous les âges et tous les niveaux.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 2 min. 24.03.2021

Les cours de luxembourgeois ne connaissent pas la crise

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
L'apprentissage de la langue officielle continue d'attirer les foules, pandémie ou non. Cette demande en hausse constante, conjuguée aux restrictions sanitaires liées au covid-19, pousse l'institut national des langues à se réinventer.

Pandémie ou pas, l'apprentissage des langues reste une priorité au Luxembourg. Preuve en est, les quelque 17.000 inscrits pour l'année 2019/2020 à  l'institut national des langues, soit 30% de plus que le niveau enregistré en 2016. Un engouement qui habituellement engendre des classes surchargées, mais qui par temps de distanciation sociale se transforme en vrai goulot d'étranglement. Et donc les grandes difficultés d'assister aux cours.  

 Face à cette situation, l'INL a trouvé une solution baptisée blended learning. En gestation avant la pandémie, le projet n'est devenu réalité que depuis le mois de janvier 2021, et combine cours en présentiel et leçon à distance. Le tout permettant à chaque apprenant «d'évoluer à son rythme, dans le train ou en faisant la vaisselle», estime Maisy Gorza, directrice de l'organisme placé sous la tutelle du ministère de l'Education nationale. 

A ce jour, 67 classes utilisent cette formule, vouée à juguler les demandes. Sans surprise, le luxembourgeois reste la langue «la plus demandée», devant le français et l'anglais. Une demande «naturelle» au vu du fonctionnement de la société luxembourgeoise, souligne Maisy Gorza. En effet, si le français reste très prisé dans le monde professionnel, la langue de Molière ne séduit plus autant que le luxembourgeois. 

Et pour cause: sa maîtrise reste l'une des conditions sine qua non pour obtenir la nationalité luxembourgeoise, conformément à la loi de 2017 qui renforce la place de la langue comme élément d'intégration. Car si la langue de Molière domine dans le monde du travail, celle de Michel Rodange domine dans la sphère privée. Rien d'étonnant donc à ce 36% des nouveaux inscrits de l'INL se retrouvent dans les cours pour débutants.

«Beaucoup de nos élèves veulent aussi comprendre leurs enfants quand ils s'adressent à eux ou qu'ils discutent avec leurs petits camarades», précise Maisy Gorza, elle-même professeur de français. La directrice de l'INL estime également que le nombre d'inscrits pourrait continuer de s'envoler dans les prochaines années, puisque la pratique du luxembourgeois «commence à être exigée dans des métiers sociaux, au contact des personnes âgées par exemple». Référence au fait que 60% des personnels soignants au Luxembourg résident de l'autre côté des frontières

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Quatre ans et demi après leur arrivée au Grand-Duché, Bilal et Mamo coulent des jours heureux avec leur famille, à Schuttrange. Fuyant la Syrie en guerre, à l'image de milliers d'autres réfugiés, ils ont pris un nouveau départ et ne regrettent rien.
Flüchtlinge in Luxemburg: was ist aus ihnen geworden, drei Jahre später?, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
Ce mercredi c'est la rentrée pour les plus de 15.000 adultes qui se sont inscrits à l'Institut national des langues. L'établissement a ouvert un nombre record de classes et de cours, notamment pour répondre aux attentes pour l'apprentissage de la langue de Molière, mais aussi celle de Michel Rodange.
online.fr, INL, centre de langues,  Sprachenzentrum, Sprachen Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
Lancé le 22 mai 2009, l'Institut national des Langues a enregistré 121.500 inscriptions au cours de la décennie, portées notamment par une demande accrue pour le français et le luxembourgeois.
Pour 78% des personnes actives au Grand-Duché, la maîtrise de la langue de Molière demeure nécessaire sur leur lieu de travail. Devant l'anglais et le luxembourgeois. En revanche, à la maison, les choses s'inversent, selon les données publiées lundi par le Statec.
La loi votée le 24 février 1984 a officiellement renforcé le multilinguisme du pays en ajoutant à l'allemand et au français une troisième langue de réponse pour les administrations. Trois décennies plus tard, la question linguistique reste d'actualité.
Une journée nationale de la langue et la culture luxembourgeoise sera instituée.
Dans les entreprises au Luxembourg
L'Université du Luxembourg a réalisé une étude sur les langues dans les offres d'emploi au Luxembourg: le français arrive en tête des langues employées dans les entreprises luxembourgeoises.
 55.8% des entreprises interrogées utilisent le français comme langue principale