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Les compensations pour frontaliers reviennent en force
Luxembourg 2 min. 22.10.2019 Cet article est archivé

Les compensations pour frontaliers reviennent en force

Les réclamations de compensations montent d'un cran en Allemagne, avec l'irruption d'une région dans le débat politique.

Les compensations pour frontaliers reviennent en force

Les réclamations de compensations montent d'un cran en Allemagne, avec l'irruption d'une région dans le débat politique.
Photo : Guy Jallay
Luxembourg 2 min. 22.10.2019 Cet article est archivé

Les compensations pour frontaliers reviennent en force

Alexander ABDELILAH
Alexander ABDELILAH
Après une tentative conjointe de Metz et de Trèves en mai, c'est au tour de la Rhénanie-Palatinat de mettre la pression afin d'obtenir des dédommagements pour ses frontaliers du Grand-Duché.

L'offensive menée par Trèves et Metz pour obtenir de l'argent du Luxembourg en contrepartie de leurs frontaliers prend de l'ampleur. En effet, il y a quelques jours, la Rhénanie-Palatinat a affiché son soutien à leur initiative en publiant une lettre adressée au ministère fédéral des Finances. La revendication centrale : la négociation d'un accord au niveau fédéral avec le Grand-Duché, afin de subventionner les localités où vivent les frontaliers et qui perdent des recettes fiscales. 

La région allemande appelle de ses vœux un deal sur le modèle de celui conclu en 2002 entre le Luxembourg et son voisin belge. Pour un peu plus de 47.000 frontaliers, le royaume belge obtient ainsi un versement annuel de 30 millions d'euros, une somme ajustée tous les trois ans. Avec leurs 32.000 frontaliers, les communes de Rhénanie-Palatinat revendiquent la même somme annuelle. Selon nos confrères de la télévision publique allemande SWR, les frontaliers de Rhénanie-Palatinat représenteraient même quelque 50 millions d'euros de recettes fiscales annuelles. 

La hausse du nombre de frontaliers allemands fait monter la pression sur les communes qui voient leurs recettes fiscales diminuer.
La hausse du nombre de frontaliers allemands fait monter la pression sur les communes qui voient leurs recettes fiscales diminuer.
Photo : DPA

Avant l'été déjà, l'élu régional de Rhénanie-Palatinat Joachim Streit (Freie Wähler), l'un des signataires de la lettre adressée en mai aux gouvernements allemand et français, se plaignait de la présence d'un «bandeau de pauvreté» le long de la frontière. Une conséquence directe du nombre élevé de frontaliers résidant dans sa communauté de communes. Le budget serait fortement déséquilibré par la baisse des recettes fiscales, alors que les frontaliers continuent d'utiliser les infrastructures publiques. 


Où résident exactement les frontaliers du Luxembourg ?
Nécessaires au fonctionnement de l'économie, les salariés qui franchissent quotidiennement la frontière pour se rendre sur leur lieu de travail habitent majoritairement dans un rayon de 30 km autour du pays. Des zones densément peuplées et amenées à l'être encore plus.

Contacté, lundi, le ministère des Finances de Rhénanie-Palatinat se refusait à commenter les chiffres qui circulent, expliquant vouloir d'abord «attendre la réponse» des autorités fédérales à son courrier du 19 septembre 2019. Celles-ci avaient déjà opposé une fin de non-recevoir à l'initiative de Metz et de Trèves, Angela Merkel expliquant vouloir attendre la publication d'une étude de l'OCDE à ce sujet. Le gouvernement luxembourgeois, de son côté, avait fait la sourde oreille

L'initiative de la région rhénane sera plus difficile à ignorer. Avec ses quatre millions d'habitants et son PIB affiché de 149 milliards d'euros en 2018, le Land pèse politiquement et a les moyens de pousser la chancelière à agir. Pour rappel, entre 1995 et 2019, le nombre de frontaliers allemands a été multiplié par près de cinq, passant de 9.800 à plus de 47.000.

 


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