Changer d'édition

Les communes payeront la facture du transport scolaire
Luxembourg 3 min. 11.05.2021

Les communes payeront la facture du transport scolaire

Pour Emile Eicher, la distinction entre missions obligatoires et facultatives est de plus en plus complexe pour les communes.

Les communes payeront la facture du transport scolaire

Pour Emile Eicher, la distinction entre missions obligatoires et facultatives est de plus en plus complexe pour les communes.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 3 min. 11.05.2021

Les communes payeront la facture du transport scolaire

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
A compter de janvier 2022, les municipalités devront mettre en place leurs propres lignes de bus pour desservir les écoles du pays. Mais ce détachement du réseau RGTR risque de leur coûter cher, déplore le président du Syvicol.

La réforme du réseau RGTR, évoquée depuis 2016, aboutira à une situation inédite: l'exclusion des transports scolaires de son réseau régulier à partir de janvier 2022. Une mesure qui aura pour conséquence de faire peser une nouvelle charge sur le dos des communes. Et cela alors que le service était jusqu'à présent financé par l'Etat. Une situation loin de faire l'unanimité du côté des communes.


Die an uns herangetragenen Aufgaben können wir nur erfüllen, wenn wir über angemessene Mittel verfügen, appelliert Eicher an  die Regierung.
L'Etat et les communes «condamnés à travailler ensemble»
Finances, fusions, logement, protection du climat ou encore pandémie sanitaire : les défis ne manquent pas pour les municipalités du pays. Mais pour le président de Syvicol, à chaque problème sa solution.

Fin avril, François Bausch (Déi Gréng) a annoncé dans une réponse parlementaire que la réforme du RGTR excluait les transports scolaires. En savez-vous plus sur l'application de cette mesure?

Emile Eicher (CSV), président du Syvicol - «Le ministère de la Mobilité a l'intention de scinder le système de transport en deux, pour pallier selon lui les goulots d'étranglement qui se forment à certains endroits du pays aux heures de pointe. L'objectif est notamment d'adapter les lignes de bus aux besoins des écoles et non pas à celui des gares. Cela devrait permettre aux élèves de ne plus arriver en retard en classe mais ces solutions sont très compliquées à mettre en place, en raison des nombreux cas particuliers.

C'est-à-dire, concrètement ?

«Il faut savoir qu'il y a de nombreuses situations différentes concernant les écoles au Luxembourg. Au nord du pays par exemple, l'Etat a construit des écoles centrales dans les années 1980 en promettant que la desserte scolaire serait toujours assurée. Il y a aussi les écoles européennes, dont les élèves doivent parfois traverser le pays pour assister aux cours. Dans certains cas de figure les compétences de l'Etat et celles de la commune se mélangent, ce qui peut être un vrai casse-tête.

De plus, les communes vont devoir trouver elles-mêmes des compagnies de transport, des chauffeurs, ou même des bus. J'attends la fin de la semaine et les précisions du ministère pour savoir combien cela représente en termes de coût. On parle quand même de centaines d'enfants, qui doivent arriver en même temps à un endroit bien précis, et certaines petites communes n'ont pas les moyens de négocier. J'aimerais que l'Etat marchande pour elles.

Autrement dit, vous attendez que le ministère prenne en charge tous les aspects de cette réforme, des changements horaires au déploiement de nouvelles flottes de transport ?

«Il faut que le ministre de la Mobilité coordonne cette réforme et trouve une solution financière, même si l'Etat n'y est pas obligé dans les faits. Nous espérons qu'il favorisera les entreprises locales, car il est plus rassurant de connaître les chauffeurs qui transportent les enfants. Cela permet de résoudre les éventuels problèmes plus rapidement. Je suis confiant, mais l'Etat doit s'adapter aux réalités des communes.

D'autant que la mesure intervient alors que l'Etat a déjà annoncé que les communes devraient faire un effort en termes de logement et payer davantage pour les services de secours...

«Sans oublier l'enseignement musical, pour lequel un financement communal a été évoqué. Beaucoup de choses bougent et vont coûter très cher aux communes. Depuis octobre dernier nous travaillons sur de nouvelles formes de subventions. L'Etat attend de nous que nous investissions dans de grandes infrastructures, comme des stations d'épuration, des maisons-relais... mais il faut qu'il nous aide.


Immobilien, Altbau, Wohnungen, Wohnung, Miete, zu verkaufen, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
Le «concours actif des communes» attendu sur le logement
Pour permettre de mener à bien «un éventail d'objectifs» liés au parc immobilier, et notamment l'identification des biens inoccupés, le ministère du Logement souhaite encore plus s'appuyer sur les autorités communales. Sauf que ces dernières semblent dépassées.

Au-delà de ces frais, il nous faut surtout revoir quelles sont les missions obligatoires et les missions facultatives des communes. Dans les faits elles sont de plus en plus mixtes, et pourtant nous fonctionnons toujours avec des plafonds qui datent de plus de 20 ans et qui n'ont toujours pas été réadaptés.»

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Pour permettre de mener à bien «un éventail d'objectifs» liés au parc immobilier, et notamment l'identification des biens inoccupés, le ministère du Logement souhaite encore plus s'appuyer sur les autorités communales. Sauf que ces dernières semblent dépassées.
Immobilien, Altbau, Wohnungen, Wohnung, Miete, zu verkaufen, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
Si l'Etat et les communes devraient continuer à se partager la facture du plan national d'organisation des secours, les moyens déployés pour réduire le délai d'intervention des pompiers représentent une augmentation de 10% des coûts.
Illustration, Krankenwagen, Krankenkasse, Arzt, Gesundheit CGDIS, 112  Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony