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Les communes face à leurs difficiles devoirs
Luxembourg 3 min. 05.05.2020 Cet article est archivé

Les communes face à leurs difficiles devoirs

Pour le président du Syvicol, Emile Eicher préparer cette reprise est un travail d'Hercule.

Les communes face à leurs difficiles devoirs

Pour le président du Syvicol, Emile Eicher préparer cette reprise est un travail d'Hercule.
Photo : Pierre Matgé
Luxembourg 3 min. 05.05.2020 Cet article est archivé

Les communes face à leurs difficiles devoirs

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Avant le 25 mai, et la reprise des cours des élèves du fondamental, les 102 communes vont devoir trouver les locaux, les personnels et les moyens de transport permettant la prise en charge des 6.000 jeunes fréquentant les écoles dont elles ont la charge. Un exercice rendu plus complexe encore en raison de l'épidémie.

Des questions, des interrogations, des doutes. Comme les parents des 6.000 jeunes Luxembourgeois scolarisés dans le fondamental, plus le 25 mai approche, plus les 102 bourgmestres du pays montent en pression. Il leur faut en effet tout faire pour que cette reprise des cours, confirmée mardi par le ministre de l'Education nationale, puisse avoir lieu dans les meilleures conditions. «Un défi (...) Un travail d'Hercule», analyse le président du Syvicol, Emile Eicher (CSV).

Car si Claude Meisch (DP) se doit de trouver les enseignants qui se retrouveront face aux élèves à compter de ce lundi-là, les communes elles ont d'autres équations à résoudre. Organisation du transport scolaire, gestion de l'accueil, désinfection poussée des écoles ou des structures qui accueilleront les enfants: nombre de bourgmestres n'ont pas encore résolu ces casse-têtes. «Et je ne cache pas que dans certaines localités, il est possible que nous ne puissions assurer la rentrée comme il se doit», prévient la voix du Syndicat intercommunal.

Ici, des écoles n'auront pas suffisamment de salles pour être en mesure de confier un lieu spécifique tel qu'exigé au groupe A, et un autre au groupe B. Ailleurs, comme ces 17 villages dont les jeunes mettent près de 40 minutes pour se rendre à l'école la plus proche, on réfléchit encore sur comment réorganiser les liaisons en cars. Temps de trajet, distanciation entre passagers, adultes pour accompagner les voyages: l'équation est souvent complexe. 

Emile Eicher écoute les problèmes, mais remonte aussi les solutions obtenues auprès du gouvernement. «Le financement de tout transport supplémentaire sera pris en charge à 100% par l'Etat», console-t-il par exemple.

Il faut constituer une réserve éducative 

Mais parmi les divers problèmes, celui de la mobilisation de suffisamment de ressources humaines va s'avérer crucial dans les prochains jours. Le ministère souhaite que les élèves du fondamental puissent être accueillis, les après-midis et une semaine sur deux, dans des structures d'accueil. Mais qui pour les encadrer? «Pour ce secteur éducatif, nous aurons besoin d'un tiers de personnel en plus», a calculé le représentant des communes. Certes, mais où les trouver?


Politik, Maskenpflicht bei Schülern, Buff, Maske, Atemschutz, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
Une protection offerte à chaque écolier
Chaque jeune effectuant sa rentrée le 25 mai disposera d'un tour de cou lui permettant de se couvrir bouche et nez si besoin. C'est une des promesses du ministre de l'Education au président du Syvicol. Pas de quoi rassurer le représentant des 102 communes du pays.

A raison d'un éducateur accompagnant chaque petit groupe pour des activités en maison relais, gymnase ou espace culturel, il faudra des volontaires pour se retrouver avec les écoliers. Un encadrement qui pourra être trouvé en partie en proposant des contrats aux personnels de ces structures (privés d'activité actuellement) mais il en faudra plus encore.

Aussi, le ministère ouvre-t-il les bras aux étudiants disposant de brevet d'animateurs ou aux employé(e)s des crèches ou foyers de jour qui n'auraient pas repris le travail. «Comme le ministère de la Santé a su mobiliser une réserve sanitaire, il faut constituer une réserve éducative».

Il reste trois petites semaines pour tout bien organiser. Emile Eicher, dernièrement, réclamait que le gouvernement laisse aux 102 communes « au moins 15 jours pour s'organiser», elles ont droit à un peu plus. Un tout petit plus. Allez, bonne nouvelle, le ministre a promis que la date de la rentrée de la prochaine année scolaire, elle, ne serait pas décalée (le 15 septembre). A moins que d'ici là, le covid-19 ne s'invite toujours dans l'équation à résoudre...

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