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Les clubs de fitness au repos forcé
Luxembourg 3 min. 12.01.2021

Les clubs de fitness au repos forcé

Pour Charel Trierveiler et ses collègues, janvier correspond habituellement à un pic d'activité, «notre haute saison».

Les clubs de fitness au repos forcé

Pour Charel Trierveiler et ses collègues, janvier correspond habituellement à un pic d'activité, «notre haute saison».
Photo : PJ
Luxembourg 3 min. 12.01.2021

Les clubs de fitness au repos forcé

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
La plupart des salles de remise en forme privées du pays restent à l'arrêt malgré la reprise des activités sportives et la réouverture des commerces. Malgré leurs efforts, elles ne peuvent redémarrer sous le poids des nouvelles contraintes sanitaires.

Rameurs silencieux, steppers abandonnés, elliptiques immobiles, presses à cuire ne grinçant pas sous les efforts : drôle d'ambiance dans la plupart des salles de gymnastique et autres clubs de remise en forme du pays. Pourtant, à défaut de grouiller de pratiquants suant, ces sites de fitness devraient avoir retrouvé un peu d'activité en cette deuxième semaine de janvier. Mais pour la plupart d'entre eux, il n'en est rien. «Le gouvernement nous a autorisés à rouvrir mais dans des conditions impossibles à tenir», résume Charel Trierweiler.


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Au Factory4, à Gasperich, le responsable des lieux fait donc grise mine à l'heure où, pourtant, sports et commerces ont reçu l'autorisation de fonctionner à nouveau.«Mais comment faire?, interroge celui qui a pris la tête de la toute jeune Fédération luxembourgeoise de fitness. Le ministère des Sports nous limite à dix personnes admises pour n'importe quelle surface, mais personnels inclus.»

Impossible alors d'accueillir à la fois les abonnés soucieux de retrouver la forme, les agents d'entretien, les entraîneurs, les administratifs sur un même site et que l'opération soit rentable. 

Aussi, la plupart des enseignes ont laissé le rideau baissé depuis lundi. Avec la charge sanitaire imposée par le gouvernement, nul propriétaire de salle ne voit comment s'en tirer. «Vous ne pouvez pas prendre cinq personnes par heure en tout, et leur refixer une séance d'ici trois semaines, le temps d'accueillir le reste de vos abonnés», poursuit un Charel Trierweiler d'autant plus frustré que janvier constitue un des pics de l'année. «Avec janvier vient la période des bonnes résolutions, y compris se (re)mettre au sport. Si les gens ne trouvent pas maintenant le lieu où s'inscrire, ils ne chercheront pas à le faire plus tard.» 

Une clientèle pourtant attendue par des salles qui, entre confinement, mesures de reprise et à nouveau arrêt depuis fin novembre, ont déjà vécu une année 2020 «compliquée». Et ce qui est encore plus frustrant pour la profession, c'est qu'un concept sanitaire strict avait été proposé aux autorités. Ministère des Sports, des Classes moyennes ou de la Santé, chacun en a eu connaissance fin décembre. Mais ni Dan Kersch, ni Paulette Lenert, ni Lex Delles n'y ont donné suite, regrette-t-on à la Fédération de fitness.


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Les salles s'engageaient pourtant à respecter une jauge plus limitée encore que celle imposée aux commerces avec un pratiquant pour 30 m2 (contre un client/10m2 dans les magasins). La distance de deux mètres était impérative entre machines utilisées, tout comme l'usage du gel désinfectant entre chaque client sur un appareil. Tous les clients gardaient leur masque durant la séance (en dehors des appareils dits cardio). «Nous étions même d'accord pour ne plus autoriser temporairement l'accès aux vestiaires, et interdire les cours en collectif», liste Charel Trierweiler.

Mais la proposition des dix acteurs (représentant 20.000 membres, une centaine de salariés et autant de coaches en free-lance) est restée lettre morte. Et cela jusqu'aux annonces de la semaine dernière de la levée partielle des restrictions dans le pays.

«C'est d'autant plus incompréhensible que lui, comme d'autres membres du gouvernement, insiste bien sur la nécessité de la pratique d'une activité physique non seulement pour assurer la santé physique des individus mais aussi soutenir leur mental. Nous empêcher de travailler alors même que nous sommes des acteurs sérieux (pas de cluster chez nous!), c'est regrettable.»

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