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«Les CFL tiendront les délais des grands chantiers»
Luxembourg 10 6 min. 25.09.2020 Cet article est archivé

«Les CFL tiendront les délais des grands chantiers»

Pour Marc Wengler, directeur général des CFL, la pandémie a accéléré les changements mis en place au sein des CFL, notamment en ce qui concerne la digitalisation .

«Les CFL tiendront les délais des grands chantiers»

Pour Marc Wengler, directeur général des CFL, la pandémie a accéléré les changements mis en place au sein des CFL, notamment en ce qui concerne la digitalisation .
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 10 6 min. 25.09.2020 Cet article est archivé

«Les CFL tiendront les délais des grands chantiers»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Pour Marc Wengler, directeur général du deuxième employeur du pays, la pandémie de covid-19 aura impacté son activité, mais aussi accéléré la digitalisation du groupe. Les projets de modernisation, eux, ne pâtiront pas de la situation, à l'image de la refonte du siège emblématique, place de la Gare.

Comme toutes les entreprises, les CFL ont dû s'adapter aux contraintes sanitaires imposées par la pandémie de covid-19. Quelles en ont été les conséquences concrètes?

Marc Wengler - «Ces conséquences sont multiples. Car si nous possédons un plan pandémie, nous avons tout de même été surpris par la situation. Du moins au début. Nous avons donc mis en application et adapté ce plan, afin de répondre au plus près aux différentes phases du confinement, puis du déconfinement. Notre premier souci a été un souci de protection de notre personnel et de notre clientèle, mais aussi dans un souci d'adaptation à une situation inédite. 

Marc Wengler, directeur général des CFL depuis 2013.
Marc Wengler, directeur général des CFL depuis 2013.
Photo: Anouk Antony

Et je dois dire que nous nous en sommes plutôt bien sortis, car nous avons tous les outils, informatiques notamment, ce qui a permis à plus de 1.000 personnes d'être en télétravail par exemple. Tout ceci n'a été rendu possible que parce que nous étions globalement bien préparés, avec des projets déjà dans les tuyaux.

De ces nouvelles manières de travailler, qu'en restera-t-il une fois cette crise dépassée?

«Je pense que les organisations mises en place afin de limiter au maximum les risques de contamination vont rester un bon moment. Que ce soit le roulement des équipes ou le télétravail. Du moins pour une partie du personnel. Je peux m'imaginer que 200 à 300 personnes devraient continuer à utiliser ce mode de fonctionnement. Mais, encore une fois, cela n'a été rendu possible que parce que la culture d'entreprise permettait cela et que la digitalisation avait été anticipée. La crise n'a fait qu'accélérer un processus déjà engagé.


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Et qu'en est-il de l'impact financier de cet épisode sanitaire?

«Nous avons bien évidemment des coûts supplémentaires liés au nettoyage et à la désinfection du matériel et des infrastructures, estimés à environ 200.000 euros par mois. Pour le reste, il faut distinguer les trois grandes activités du groupe, à savoir l'activité voyageurs, la gestion du réseau et l'activité fret. Les deux premiers aspects n'ont été qu'assez peu impactés, notamment parce que la gratuité des transports avait été mise en place juste avant le confinement, ce qui nous a rendus nettement moins dépendants financièrement des revenus issus de la vente des titres de transports. 

En revanche, l'activité fret connaît une situation bien différente. Notamment du fait qu'il y a eu une réduction importante de l'activité industrielle, notamment chez ArcelorMittal, notre principal client dans cette branche. Donc la fermeture complète de certains sites de production de la part de plusieurs clients importants aura un impact financier considérable.


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C'est-à-dire?

«C'est difficile à dire, car cela dépend aussi de ce qui va se passer dans les mois à venir. La situation actuelle est assez volatile. Dans l'hypothèse que l'activité va tout de même reprendre, doucement mais sûrement, on devrait tout de même perdre entre 10 et 15% du chiffre d'affaires pour cette année par rapport à nos attentes.

Craignez-vous que l'annonce d'ArcelorMittal de supprimer des centaines d'emplois n'impacte cette activité fret à court ou moyen terme?

«Pour le secteur de l'acier, avant même la période covid, les prévisions tablaient déjà sur une baisse générale. La crise actuelle devrait plutôt accélérer certains éléments de cette évolution. De notre côté, nous avons réorganisé notre activité en fonction de cette réalité, notamment pour éviter tout plan social dans cette branche. A ce stade, nous avons réussi à trouver des solutions internes pour éviter tout licenciement. 

Je rappelle juste que 2019 avait été une excellente année, fruit de notre stratégie de diversification, notre positionnement dans des services de haute qualité et à haute valeur ajoutée sans oublier le positionnement sur des marchés de niche porteurs. Je pense donc que nous retrouverons cette trajectoire, car les fondements de notre stratégie et le travail accompli ces dernières années sont bons.

Les projets qui étaient prioritaires avant la crise le restent-ils toujours à ce jour ou la crise vous oblige-t-elle à modifier le calendrier de vos grands chantiers?

«Malgré la fermeture des chantiers pendant le confinement, tous nos délais pour les chantiers critiques seront maintenus. A savoir l'extension des quais en gare de Luxembourg prévue pour décembre 2021, la plateforme multimodale de Howald en 2024, le raccordement de la nouvelle ligne Bettembourg-Luxembourg également en 2024 sans oublier les gares d'Ettelbruck, Bettembourg, Mersch ou Rodange. Ce rythme est extrêmement dense et constitue une réelle volonté d'accélérer la modernisation de notre réseau et la mise en place de cette nouvelle mobilité qui n'est pas encore achevée.

Qu'en est-il des décisions qui devaient être prises en 2020 quant à l'avenir du bâtiment emblématique de la direction générale des CFL? 

«Un appel à candidatures pour les aspects liés à l'architecture et ingéniérie devait effectivement être lancé cette année et ce sera le cas. Au cours du mois d'octobre, a priori. Nous avons travaillé sur cette question avec des études, dont certaines sont en cours, notamment avec l'administration des Sites et Monuments pour voir ce qui peut être conservé. Car nous souhaitons maintenir une certaine identité visuelle du bâtiment, notamment la façade. Et la combiner avec la trajectoire de modernité de notre entreprise. Il faut également savoir que nous souhaitons doubler la capacité du futur bâtiment par rapport à l'actuel pour pouvoir accueillir un millier de personnes, voire un peu plus. Ce qui signifie une extension.

L'actuel bâtiment date des années 1950. Le nouveau devrait donc bénéficier de technologies actuelles. Vos réflexions ont-elles déjà pris en compte les nouvelles réalités sanitaires comme des ascenseurs sans contact ou des systèmes de purification de l'air?

«Ce sont des éléments qui, s'ils ne sont pas déjà pensés, seront ajoutés, bien entendu. Nos réflexions se sont notamment concentrées sur la consommation énergétique et sur les questions du respect de l'environnement, sans oublier la notion de modularité pour prévoir les évolutions futures. Comme pour une architecture informatique, nous avons réfléchi en modules destinés à apporter une certaine flexibilité pour pouvoir répondre à des besoins futurs que ni vous ni moi sommes en mesure, à ce jour, d'imaginer.

Et quel est le coût de ce projet?

Il est encore bien trop tôt pour avancer un chiffre, cette question n'a pas encore été tranchée définitivement.

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