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Les CFL prêts à affronter le froid
Luxembourg 4 min. 30.12.2019 Cet article est archivé

Les CFL prêts à affronter le froid

Les locomotives peuvent projeter du sable pour faciliter leur circulation en cas de gel.

Les CFL prêts à affronter le froid

Les locomotives peuvent projeter du sable pour faciliter leur circulation en cas de gel.
Photo : Guy Wolff
Luxembourg 4 min. 30.12.2019 Cet article est archivé

Les CFL prêts à affronter le froid

Pierre SCHOLTES
Pierre SCHOLTES
Avant l'arrivée des températures négatives et des chutes de neige, chaque rame est conditionnée pour passer l'hiver. Contrôles des appareils et petites modifications se déroulent dans les ateliers de maintenance à Luxembourg.

Installer des pneus adaptés, ajouter de l'antigel, vérifier la batterie : pour beaucoup, voici quelques signes que les frimas de l'hiver arrivent. Pour les usagers du rail luxembourgeois (quelque 23 millions en 2018), en revanche, l'hiver ne se remarque que dans la chaleur douillette d'un compartiment. Pourtant, les trains ont besoin de presque autant d'attention pour affronter les basses températures et le mauvais temps. Pour les trains CFL, tout se joue route de Thionville, à Luxembourg.

Là, les Chemins de fer luxembourgeois disposent d'un atelier central qui voit défiler tout ce qui roule sur les rails de l'exploitant ferroviaire. Et c'est donc là que tous les trains sont préparés pour l'hiver. Alors qu'une grue de 20 tonnes manœuvre sous le toit de ce vaste hall, l'ingénieur des CFL Jeannot Frieden explique : «Avant la première vague de froid, il faut s'assurer que l'eau du train ne va pas geler. C'est pourquoi les réservoirs des toilettes sont chauffés électriquement, et cela doit être vérifié».

Chaque train est vérifié de fond en comble pour assurer le transport des voyageurs dans les meilleures conditions de confort et sécurité.
Chaque train est vérifié de fond en comble pour assurer le transport des voyageurs dans les meilleures conditions de confort et sécurité.
Photo : Lex Kleren

Dans l'entrepôt voisin, plus de 15.000 pièces détachées sont à disposition des ouvriers chargés de la maintenance. Grégory Kuchler, ingénieur chargé de l'inspection des trains de voyageurs, pointe du doigt une palette chargée de boîtes métalliques grises : «Ce ne sont que des chauffages. Tous sont vérifiés et nettoyés avant chaque saison froide. Les appareils pouvant développer une odeur désagréable, faute d'utilisation, cet entretien est indispensable».

Les trains disposent également d'une batterie (ce qui peut surprendre sachant que les rames sont directement raccordées à la ligne sous tension). Mais ces batteries de 72 V sont indispensables. Elles assurent l'alimentation électrique du train en cas d'urgence et doivent donc être contrôlées avant l'hiver.

Du spray antigel

Avec les températures frôlant le 0°C, la fermeture correcte des portes constitue un indispensable élément de confort pour les passagers. Là encore, joints et raccords sont vaporisés à temps avec des lubrifiants spéciaux. Les serrures sont, elles, traitées avec de l'huile pour les empêcher de geler. 

A l'approche des mois froids, les employés des CFL se préoccupent également des pantographes, assurant la liaison électrique entre les caténaires et le convoi. Rien de tel qu'un spray antigel pour s'assurer du bon fonctionnement de ces appareils disposant d'une tension de 25 kilovolts - ce qui équivaut à environ 16.000 piles domestiques standard.

Le système de freinage est particulièrement surveillé. Notamment pour éviter les risques d'encrassement.
Le système de freinage est particulièrement surveillé. Notamment pour éviter les risques d'encrassement.
Photo : Lex Kleren

Un convoi, locomotive et wagons, pèse plusieurs tonnes. Aussi, l'entretien des roues et du système de freinage figure parmi les priorités des équipes de maintenance. En automne et en hiver, la traction diminue, ce qui peut entraîner des méplats sur les roues. «Nous utilisons donc un tour sous plancher dans notre atelier, ce qui nous permet de réparer les irrégularités sur les roues», rassure Jeannot Frieden.

Si des problèmes de traction affectent un trajet, en raison de rails gelés, chaque train des CFL est équipé d'un système de ponçage. Il répartit le sable à grain fin sur le rail, devant les roues, pour augmenter l'adhérence. Le seul problème est qu'en cas d'humidité et de basses températures, le sable peut s'agglutiner dans le conteneur. Aussi, un système de chauffage électrique permet de maintenir le réservoir de sable à la bonne température. Lui aussi fait l'objet d'une vérification avant le début de l'hiver.

Nous avons mesuré des températures de 54 degrés sur certains rails

Et du sel? Les CFL en disposent-ils sur les voies pour mieux rouler? La réponse est donnée par Daniel Klop, ingénieur aux CFL et responsable de l'entretien du réseau ferré : «Non, même si beaucoup de gens le pensent encore…»

A entendre l'ingénieur, l'hiver cause d'ailleurs beaucoup moins de soucis aux CFL que l'été. La chaleur s'avérant plus dangereuse que le froid. Ainsi, les rails - comme tout composant en acier - se dilatent lorsqu'ils sont chauffés et se contractent lorsqu'ils sont froids. En cas de chaleur extrême, les rails peuvent donc se soulever de la plate-forme de la voie. «En août, nous avons mesuré des températures de 54 degrés sur certains rails, nous devons donc surveiller les rails de près.»

Pas de chasse-neige

Une cinquantaine d'agents sont ainsi chargés de la surveillance des installations ferroviaires, de jour comme de nuit, au soleil comme sous les averses. Et, au fait, les CFL ne disposent pas de locomotive chasse-neige. De nombreux usagers en sont pourtant persuadés au vu du peu de retards enregistrés même les jours de fortes chutes de flocons.


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