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Les centres de vaccination bons pour le service
Luxembourg 6 min. 18.12.2020

Les centres de vaccination bons pour le service

Mercredi soir, Luc Feller (au centre) a pu expliquer au Premier ministre le fonctionnement du premier centre de vaccination à ouvrir, au Limpertsberg.

Les centres de vaccination bons pour le service

Mercredi soir, Luc Feller (au centre) a pu expliquer au Premier ministre le fonctionnement du premier centre de vaccination à ouvrir, au Limpertsberg.
Photo : SIP
Luxembourg 6 min. 18.12.2020

Les centres de vaccination bons pour le service

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les cinq sites prévus pour administrer le vaccin anti-covid sont en cours d'aménagement. Et ce n'est pas une mince affaire à mettre en place pour ces structures qui devraient fonctionner plusieurs longs mois.

Jeudi après-midi, Luc Feller était en déplacement. Le Haut-Commissaire à la Protection nationale recherchant toujours un site pour abriter un cinquième centre de vaccination anti-covid pour le Luxembourg. «Si je devais lancer une petite annonce, elle dirait : ''Recherche hall de plus de 1.000 m2, facilement accessible par transports en commun et en voitures, et surtout libre pour les six prochains mois''». Sauf que maintenant que la présidente de la Commission européenne a annoncé le début des vaccinations pour le 27 décembre, le temps presse.


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Un premier centre prêt, ne manque plus que le vaccin
Mercredi soir, c'était répétition générale pour le premier des cinq centres de vaccination anti-covid qui doivent ouvrir au Grand-Duché. Un test grandeur nature sous les yeux du Premier ministre.

Heureusement, pour les premières doses qui arriveront et leur injection, le fonctionnaire sait déjà pouvoir s'appuyer sur un centre. Installé, testé, validé en majeure partie. Ainsi, mercredi soir, le Hall Victor Hugo, au Limpertsberg, a servi de cadre à une répétition grandeur nature. Car c'est là que le premier centre ouvrira. 

«Cet exercice nous a permis de voir les points forts et faibles de notre organisation.» Et, jusqu'à 2h du matin, les observateurs ont pu débriefer ce test avec figurants mais aussi quelques-uns des personnels qui, d'ici peu, entreront en service. «Le défi majeur de cette prochaine campagne de vaccination, c'est bien la mobilisation des personnels», souligne Luc Feller. Il faut médecins, infirmiers, administratifs, secouristes aussi bien que petites mains pour assurer la logistique de mise à disposition des doses vaccinales. «Ici, une rotation de huit heures pour les 16 lignes de prise en charge impliquera de disposer de 55 personnes.» 

Un effectif, avec spécialités, qu'il faut prévoir pour la capitale, comme pour les centres délocalisés à Ettelbruck, Belval ou au Findel et dans ce fameux cinquième site. Et cela pour des semaines et des semaines. 

En effet, la campagne vaccinale s'annonce longue. «D'abord parce que tous les vaccins désirés n'arriveront pas en même temps, mais plutôt au compte-goutte. Ensuite parce que selon que l'on emploiera telle ou telle formule, il faudra planifier une ou deux injections consécutives.» 

Le printemps sera passé que le plus gros de la population ne devrait donc pas encore être «massivement protégée». Il faut également gérer le calendrier basé sur le volontariat des personnes invitées à se faire vacciner et leur choix dans le lieu et l'horaire où elles souhaitent bénéficier du sérum. «Là, on s'appuie sur ce qui fonctionne bien pour le Large Scale testing. Invitation, guichet.lu et prise de rendez-vous.»


A medical professional prepares a syringe with a dose of the Pfizer/BioNTech Covid-19 vaccine, before it is administered to a patient at Croydon University Hospital in south London on December 8, 2020. - Britain on December 8 hailed a turning point in the fight against the coronavirus pandemic, as it begins the biggest vaccination programme in the country's history with a new Covid-19 jab. (Photo by Dan CHARITY / POOL / AFP)
L'employeur ne doit pas se mêler de vaccination
Choisir ou non de se faire vacciner relève de la vie privée et ne constitue nullement une obligation professionnelle. «Cela même pour les professions de santé», indique la Chambre des salariés.

Cependant, le copier-coller a ses limites et il a aussi fallu mettre en place un programme informatique solide pour organiser les flux successifs de vaccination. «La vague initiale sera presque la plus simple», sourit Luc Feller. En effet, un grand nombre de soignants (les premiers à bénéficier de la piqûre) n'auront pas à se déplacer vers le centre de vaccination. Le vaccin leur étant administré à l'hôpital par exemple. Mais il faudra tout de même se charger des généralistes, des kinés, des radiologues... 

Puis viendra sans doute le temps de vacciner les seniors (en centre, ou directement à domicile ou dans les maisons de retraite). Et puis viendra... «Mais le tout fait encore partie de la première vague, je dirais. Cela représente 40.000 personnes». 

Entouré de divers spécialistes, Luc Feller doit aussi veiller au bon acheminement du vaccin lui-même. Si Pfizer-BioNTech est choisi dans un premier temps (comme au Royaume-Uni), c'est de Belgique et par la route qu'arriveront les premiers flacons. Un arrivage en quantité inconnue, et dont il faudra assurer le stockage dans le pays puis la répartition jour après jour, site par site, aussi bien pour les centres que les équipes mobiles.

Tout cela en tenant compte des fameuses exigences de températures qui varient d'une formule à l'autre», s'arrache les cheveux le Haut-Commissaire. Le pays s'est équipé ces dernières semaines de tout le système de réfrigération nécessaire pour bien faire. Auprès de l'entreprise luxembourgeoise B Medical systems et d'autres prestataires œuvrant dans la chaîne du froid. 

Dernièrement, Paulette Lenert annonçait que déjà depuis août, une équipe s'était penchée sur la juste organisation à adopter pour ces séances de vaccination. Au vu de la complexité de l'opération, en période épidémique, il s'agissait bien d'un marathon à mener.

«Maintenant, ce que j'espère c'est que les laboratoires trouvent rapidement une composition de vaccin anti-covid simple à transporter, à stocker, à mettre en oeuvre et injecter. Nous pourrons alors accélérer le taux de couverture vaccinale en nous appuyant aussi sur le réseau des médecins de ville», espère Luc Feller. Sachant que l'objectif affiché par le Premier ministre luxembourgeois est d'avoir 70% de la population immunisée dans les meilleurs délais. Xavier Bettel assurant, qu'à titre personnel, il se ferait vacciner sitôt son invitation en poche. D'ici là, pour lui, l'heure est à la quarantaine...  

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