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Les cantines Restopolis prêtes à changer de toque
Luxembourg 2 min. 05.05.2021

Les cantines Restopolis prêtes à changer de toque

Chaque année, les 51 sites Restopolis avalent 3.000 tonnes de fruits, viandes, légumes, poissons, desserts. Voraces, les élèves!

Les cantines Restopolis prêtes à changer de toque

Chaque année, les 51 sites Restopolis avalent 3.000 tonnes de fruits, viandes, légumes, poissons, desserts. Voraces, les élèves!
Photo : Chris Karaba
Luxembourg 2 min. 05.05.2021

Les cantines Restopolis prêtes à changer de toque

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Bientôt, le service de restauration scolaire ne sera plus un simple service de l'Education nationale mais une administration à part entière. Un changement de structure qui se traduira aussi dans les assiettes.

C'est le ministère de l'Education qui l'affirme :  la restauration collective dans les établissements scolaires est devenue «un service stratégique». Une importance que Restopolis doit notamment à une fréquentation de plus en plus conséquente flirtant avec les 72.000 convives à nourrir chaque jour de semaine. «Sachant que ce chiffre augmente de 10% par an», note Claude Lamberty. Et si le député DP est aussi à l'aise sur le sujet, c'est qu'il a été nommé rapporteur du projet de loi visant à donner un nouveau statut à la structure assurant les déjeuner sur 141 sites au Luxembourg.


La viande restera au menu des cantines
Si le service de restauration scolaire entend réviser les menus proposés aux écoliers, lycéens et étudiants fréquentant ses établissements, pas question de ne servir que légumes, fruits et produits laitiers (aussi bio et locaux soient-ils).

Si tout va bien avant la fin de l'année scolaire, le parlementaire soumettra à la Chambre la réforme envisagée : «Restopolis était devenu un service de l’État à gestion séparée, il va devenir une administration propre». Passant de service englobé dans l'activité du ministère de Claude Meisch (DP), à une entité disposant d'un budget propre, d'un directeur et d'une ligne à suivre clairement définie».

Une révolution sur le papier qui ne devrait pas engendrer de changement pour les quelque 550 employés. Pas question en effet de ''fonctionnariser'' l'ensemble de celles et ceux qui œuvrent en cuisine ou au service. "La flexibilité que permet le recours au privé nous semble encore devoir être maintenue dans la future organisation, justifie ainsi Claude Lamberty. Un avis que ne partage pas, par exemple, David Wagner (déi Lénk) pour qui l'ensemble des effectifs devraient passer en régie publique.


Lokales, Situation der Sekundarschul-Kantinen Gespräch mit Restopolis-Direktorin Monique Ludovicy / Visite Forum-Kantine, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Le privé bien dans son assiette
Sur les 76 établissements gérés par Restopolis au pays, 66 fonctionnent avec du personnel de sociétés sous-traitantes. Une manne financière importante, puisque de 2005 à 2019, le nombre de repas distribués a connu une explosion de 230%.

Et dans l'assiette? Restopolis ne devrait pas baisser en qualité, au contraire, a-t-il été assuré en commission Education. En effet, l'administration devra continuer à répondre à des exigences nutritionnelles, de diversité de propositions et de menus à base toujours de produits bio et locaux.

«Et l'on parle là d'un service qui consomme de l'ordre de 3.000 tonnes de fruits, légumes ou viande par an. En augmentant la part du bio et d'achats nationaux, cela doit représenter un formidable appel d'air pour l'agriculture luxembourgeoise», plaide Claude Lamberty.

L'administration à venir aura aussi un rôle en matière de (meilleure) éducation au bien-manger. «Sans oublier qu'en restant sous la tutelle publique, le gouvernement souhaite toujours que les menus servis puissent rester abordables». Les cantines Restopolis pourraient donc encore bénéficier aux élèves les plus défavorisés. De fait, la grille tarifaire devrait toujours se diviser en quatre : avec un prix pour élèves, un autre pour les adultes, les extérieurs et les élèves en difficulté sociale. Sachant que ce qui est vrai pour les restaurants scolaires, le restera aussi pour le service universitaire.

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