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Les bus électriques de la capitale se feront désirer
Luxembourg 3 min. 18.06.2019 Cet article est archivé

Les bus électriques de la capitale se feront désirer

Les bus électriques de la capitale se feront désirer

Photo: Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 18.06.2019 Cet article est archivé

Les bus électriques de la capitale se feront désirer

Maurice FICK
Maurice FICK
Luxembourg-ville veut renouveler sa flotte et acquérir 28 bus électriques pour 16 millions d'euros. Si le collège échevinal espère «en recevoir quelques-uns cette année», cette annonce politique se heurte à la réalité de la production à l'échelle européenne.

La Ville de Luxembourg veut tourner la page du diesel et pour cela vise une flotte de bus 100 % électrique dans les prochaines années. Seul hic: la capitale est loin d'être la seule capitale européenne à vouloir prendre le virage du tout-électrique. Du coup, la loi de l'offre et de la demande dans un marché en pleine expansion pourrait bien retarder les ambitions politiques de la majorité DP-CSV.


La Ville tourne la page des bus diesel
Depuis six mois, trois bus électriques circulent à Luxembourg et à partir de juillet, huit autres bus entreront en service. Ce n'est qu'un début. Car «à l'avenir, la Ville «vise une flotte 100 % électrique», assure Patrick Goldschmidt.

Les trois bus en sous-traitance (Sales-Lentz) et le City-Shuttle qui sillonnent actuellement les artères de la capitale, fers de lance d'une politique de l'électromobilité qui se veut plus voyante à l'avenir, se sentiront bientôt moins seuls. Reste à savoir quand précisément. À la mi-mai la Ville a lancé une soumission européenne pour acquérir trois autres bus 100% électriques à recharge nocturne. Une autre soumission vaut pour l'achat d'au moins dix bus électriques à recharge au terminus avec, en option, l'acquisition de 15 bus supplémentaires. 

Problèmes de capacité de production

«Nous devons changer plusieurs bus car ils vieillissent. La durée moyenne d'utilisation d'un bus est de huit ans à la Ville de Luxembourg. Des bus hybrides sont disponibles sur le marché mais les bus électriques, on n'arrive pas à les avoir si rapidement. La question est de savoir quand nous pourrons en avoir car tout le monde en veut!», reconnaît Patrick Goldschmidt (DP).

L'échevin en charge de la mobilité ne croit pas si bien dire. Actuellement «tous les fabricants de bus sont confrontés à un problème de capacité de production pour répondre à la demande. Les usines sont en surcharge», explique Laurent Braveti, directeur de Volvo bus au Luxembourg. Et ce mouvement ne devrait pas connaître de ralentissement dans les années à venir, puisque la plupart des grandes villes européennes revendiquent cette solution pour réduire leur impact environnemental.

Explosion de la demande

Principaux arguments avancés par les municipalités: la réduction des émissions de CO2, de NOX et de particules fines mais aussi l'amélioration de la qualité de vie des citadins. Car les bus électriques permettent de «réduire nettement les nuisances sonores dans la ville», assurent les responsables luxembourgeois. Et à l'intérieur des bus, «les bruits et les vibrations sont également moindres, le démarrage et la conduite des bus électriques étant plus doux et fluides : ainsi, les trajets sont également plus confortables pour les utilisateurs», soulignent-ils. 

Conséquence directe de cet engouement, les commandes se multiplient. Parmi les dernières en date figure celle de la RATP qui attend jusqu'à 800 bus fonctionnant à l'électricité. Même chose à Berlin où la Berliner Verkehrsbetriebe (BVG) compte acquérir ses 225 premiers bus électriques d'ici 2021 et aux Pays-Bas où  «toutes les villes en achètent», assure le patron de Volvo bus à Luxembourg qui estime que  «plus de 900 véhicules sont en commande ou en attente de commande» dans tout le pays.  

Doux rêve luxembourgeois

Ce qui ne va pas sans créer d'importants délais de livraison. D'ordinaire, ce délai est de «six mois, quoi qu'il arrive», pose Laurent Braveti. Prudemment et alors que l'usine Volvo bus tourne à plein régime à Wroclaw (Pologne), il explique que «chez nous, en moyenne l'attente est de sept à neuf mois», actuellement. La marque qui a équipé la première flotte de bus tout-électrique d'Europe, à Differdange, affiche près de 200 bus opérationnels en Europe.

Non seulement Patrick Goldschmidt veut «tester les bus en situation réelle à Luxembourg avant de prendre une décision» quant aux offres qui ont été faites à la Ville ce lundi mais il espère «en recevoir encore quelques-uns cette année.» Au vu du marché extrêmement tendu, c'est sans nul doute, un doux rêve.

 




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