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Les animaux de compagnie, victimes de la sortie de crise?
Luxembourg 4 min. 08.06.2021

Les animaux de compagnie, victimes de la sortie de crise?

«Certains animaux ont la faculté de détendre les muscles de l’homme, le rythme cardiaque ainsi que l’esprit par leur ronronnement», note la psychologue Aurore Jurga.

Les animaux de compagnie, victimes de la sortie de crise?

«Certains animaux ont la faculté de détendre les muscles de l’homme, le rythme cardiaque ainsi que l’esprit par leur ronronnement», note la psychologue Aurore Jurga.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 08.06.2021

Les animaux de compagnie, victimes de la sortie de crise?

Anne-Sophie DE NANTEUIL
Anne-Sophie DE NANTEUIL
Depuis le début de la pandémie, les bêtes à poils et à plumes aident certains résidents à traverser la crise. Un engouement parfois compulsif lié aux effets de la crise sanitaire qui fait néanmoins craindre des abandons à la chaîne avec le retour prévu de la normale.

Télétravail, solitude, sédentarité… Face aux effets secondaires d'une crise sanitaire qui dure depuis plus d'un an, nombreux sont ceux à avoir cherché du réconfort auprès des animaux de compagnie. Un phénomène non quantifié précisément au Grand-Duché mais qui pourrait être identique à celui observé de l'autre côté des frontières qui a atteint «jusqu'à 20% supplémentaire en 2020», selon les estimations de l'association allemande de référence Deutsche Hundewesen. 


Non, les animaux ne propagent pas le virus
Les animaux domestiques peuvent-ils transmettre le virus? Si aucun élément ne peut le certifier et que les cas restent très isolés, l'Organisation mondiale de la santé animale recommande toutefois de prendre des précautions pour protéger les compagnons à quatre pattes et leurs maîtres.

Ces « nombreuses nouvelles adoptions» observées au cours des 15 mois écoulés par le Dr. Myriam Bormann, présidente de l'association des médecins vétérinaires concerneraient principalement les chiens et les chats, trouveraient leur origine dans le besoin de plus en plus important, pour certains résidents, d'apporter une réponse au déficit de liens sociaux enregistré depuis le début de la pandémie.

Pour Aurore Jurga, psychologue à Luxembourg-Ville, l'arrivée d'un compagnon à quatre pattes viserait avant tout à apporter un soutien affectif et émotionnel à leurs propriétaires, les animaux ayant «la capacité à apprivoiser nos inquiétudes, apaiser nos angoisses et calmer notre anxiété». Un phénomène que les spécialistes n'hésitent pas à qualifier de «zoothérapie», voire de «ronronthérapie» en référence au pouvoir apaisant des vocalises émises par un félin.


Des idées suicidaires de plus en plus prégnantes
Depuis plusieurs mois, les professionnels de santé alertent sur l'impact des restrictions sanitaires sur la santé mentale, et notamment l'augmentation des pensées morbides. Un phénomène qui toucherait particulièrement les adolescents.

Objectif conscient ou inconscient: améliorer son bien-être via un soutien aussi bien psychique par l'arrivée d'un nouveau membre du ménage, que physique. «Certains animaux, comme les félins, ont la faculté de détendre les muscles de l’homme, le rythme cardiaque ainsi que l’esprit par leur ronronnement», précise Aurore Jurga , peu surprise par ce nouvel engouement qui touche différentes catégories de résidents. Que ce soit des personnes vivant en couple, avec ou sans enfant, ou des personnes seules.

Mais si elle résulte d'une longue réflexion pour certains, pour d'autres, l'adoption d'une boule de poils s'est davantage faite sur un coup de tête, comme un moyen de mieux vivre la crise. C'est notamment le cas du côté des «personnes isolées ou qui se sentent seules», souligne la psychologue, en référence aux expatriés du Grand-Duché ou aux personnes coupées de tout lien familial ou amical. C'est notamment le cas d'Alexandre, ce Français célibataire de 34 ans, pour qui l'adoption d'un chat, en mai dernier, a été l'occasion de «combler un vide». 


Le risque de dépression au travail concerne surtout les 25-34 ans.
La dépression menace un salarié sur trois
Depuis le début de la pandémie, la santé mentale des travailleurs s'est nettement détériorée. Si le risque est présent dans toutes les tranches d'âge et tous secteurs d'activité, les parents isolés seraient néanmoins particulièrement exposés.

«J'étais loin de mes proches», explique le jeune homme originaire de Nice et qui télétravaille seul dans son appartement depuis des mois. Si celui-ci affirme avoir «toujours voulu en avoir un», il reconnaît pourtant n'avoir «jamais pensé sérieusement» à passer l'acte dans un monde sans covid-19. Reste désormais à connaître les effets secondaires de cet engouement, à l'approche de la sortie de crise. Autrement dit, si une vague d'abandons verra bel et bien le jour, en particulier du côté des actifs. 

Car s'ils sont encore nombreux à travailler depuis leur domicile, la situation pourrait être amenée à changer «parce que leur situation sociale, professionnelle ou personnelle aura repris», avance la psychologue qui estime toutefois que le phénomène pourrait être mineur au vu des bénéfices jugés «positifs et bénéfiques» de la relation entre les propriétaires et leur animal de compagnie. Pour l'heure, «aucun changement extraordinaire» n'est à déplorer, certifie de son côté Paul Weber, président de la société pour la protection des animaux de Dudelange. 

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