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Les agriculteurs traversent une drôle de saison
Luxembourg 3 min. 01.04.2020 Cet article est archivé

Les agriculteurs traversent une drôle de saison

Romain Schneider ne cache pas ses inquiétudes pour la filière viticole pénalisée par la fermeture des cafés-restaurants.

Les agriculteurs traversent une drôle de saison

Romain Schneider ne cache pas ses inquiétudes pour la filière viticole pénalisée par la fermeture des cafés-restaurants.
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 01.04.2020 Cet article est archivé

Les agriculteurs traversent une drôle de saison

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Si les productions agricoles luxembourgeoises ne souffrent pas directement de l'épidémie de covid-19, le ministère de l'Agriculture avance avec prudence. Surveillant autant les difficultés des vignerons à écouler leurs bouteilles que certains prix de denrées à la baisse.

Quand le gouvernement a déclaré l'état d'urgence, les mesures annoncées ne concernaient pas seulement écoles,  commerces, constructions ou entreprises. Dans l'avalanche des mesures prises ces dernières semaines, le ministre de l'Agriculture Romain Schneider (LSAP) semait lui aussi de nouvelles dispositions. «Il fallait agir vite pour assurer la chaîne d'approvisionnement du Luxembourg. Du producteur au distributeur en passant par le transformateur, c'est toute la filière agricole qui aurait pu basculer.»

Assurer les cultivateurs et les éleveurs qu'ils pouvaient se rendre aux champs ou dans les étables, alors que l'Etat limitait les déplacements. Garantir les conditions sanitaires d'abattage et de conditionnement de la viande en pleine crise sanitaire. Organiser les liaisons vers les commerces. Au 18 mars, tout le dispositif était en place. «Et c'est grâce à cela que nos quelque 1.900 fermes peuvent produire du bétail, des légumes ou des végétaux utiles à tous», souffle le ministre.

Nulle grogne parmi les 4.000 salariés agricoles. Pas de pénurie de produits alimentaires dans les rayons. Une filière qui continue à prendre soin de ses cultures et de son bétail. Les campagnes du Grand-Duché traversent la crise sans drame apparent. Mais tout n'est pas rose, relativise tout de même Romain Schneider. 

«Les filières lait et viande ont beaucoup perdu avec la fermeture des crèches, des cantines, des restaurants. Tout comme certains viticulteurs peinent à écouler leur stock maintenant que les consommateurs ne déjeunent ou ne dînent plus à l'extérieur.» Pour ces derniers, c'est là un nouveau coup dur, après des vendanges 2019 sérieusement mises à mal par la canicule.

Alors, même si pour l'heure les 8,8 milliards d'euros d'aides publiques annoncées n'ont concerné que les entreprises et les indépendants, le ministre envisage aussi qu'il faille donner un coup de pouce financier à certaines fermes ou domaines. «Nous n'en sommes pas là. Mais nos services font un monitoring de certains prix que l'on voit chuter avec un peu d'inquiétude. C'est notamment le cas pour le lait ou la viande de porc.»

Au contraire, au début de l'épidémie du covid-19 et alors que la folie des consommateurs les poussait à dévaliser les rayons des grandes surfaces, les abattoirs du pays ont tourné sans relâche. Le ravitaillement est maintenant fait, l'activité retrouve un flux plus classique. Tout comme les cultivateurs poursuivent une activité normale, après un hiver plutôt doux.


Luxlait veut voir le verre à moitié plein
Crise ou pas, la coopérative continue à collecter le lait dans 350 élevages, fabriquer ses 250 produits frais et en assurer la commercialisation. Mais chaque jour elle s'adapte à un marché plus restreint et totalement nouveau.

Pour les prochaines récoltes, salades et asperges notamment, la filière ne devrait pas manquer de bras. Au cas où, le secteur agricole est toutefois devenu partenaire de l'opération JobSwitch.lu et si un manque de main-d'oeuvre venait à se faire sentir (le virus n'épargne personne), la Chambre d'agriculture listerait les postes en tension. Sachant qu'il existe déjà des instruments d'entraide entre agriculteurs qui pourront aussi être activés.

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