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Le vent n'avait pas soufflé si fort depuis 1990
Luxembourg 15 3 min. 11.03.2019 Cet article est archivé

Le vent n'avait pas soufflé si fort depuis 1990

A Strassen comme dans plusieurs autres communes, le traditionnel Buergbrennen a été annulé

Le vent n'avait pas soufflé si fort depuis 1990

A Strassen comme dans plusieurs autres communes, le traditionnel Buergbrennen a été annulé
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 15 3 min. 11.03.2019 Cet article est archivé

Le vent n'avait pas soufflé si fort depuis 1990

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
Les violentes rafales qui ont balayé le pays ce dimanche figurent sur le podium des plus fortes jamais enregistrées au mois de mars au Luxembourg depuis le début des archives météorologiques.

Avec des rafales de vent jusqu'à 106 km/h (pointe mesurée à la station du Findel), le Luxembourg a connu ce dimanche l'une des plus fortes tempêtes jamais enregistrées pour un mois de mars. Au point que les autorités ont été forcées d'annuler une série de manifestations. Depuis 1951 et le début des archives météorologiques, seuls deux épisodes ont dépassé les vents de ce week-end, «l'un en 1953 avec 126 km/h, l'autre en 1990 avec 115 km/h», indique Jacques Zimmer de Meteolux.

De nombreux arbres se sont couchés sur les routes, des branches ont été arrachées, des panneaux de signalisation plaqués au sol, des tuiles se sont envolées tout comme des barrières de chantier. Pour sécuriser les zones de danger et porter secours aux citoyens, la quasi-totalité des casernes a été mobilisée: 98 centres d'intervention étaient ainsi en alerte sur la centaine que compte le pays. Les 4.000 pompiers volontaires luxembourgeois, soutenus par 400 professionnels, se sont relayés toute la journée sur l'ensemble du territoire pour mener à bien plus de 600 interventions coordonnées depuis Gasperich, au siège du Corps grand-ducal Incendie et Secours (CGDIS).

Un dispositif spécial pour répondre aux appels

Depuis le regroupement des services de secours le 1er juillet dernier, c'est le CGDIS qui centralise tous les appels au 112 et déploie les moyens nécessaires. Rien que sur la journée de dimanche, il a reçu près de 1.600 appels d'urgence: «Les opérateurs du 112, six personnes en temps normal, ont été renforcés par les effectifs du centre de gestion des opérations, et pour la deuxième fois depuis le regroupement, nous avons ouvert un plateau supplémentaire», explique Cédric Gantzer, chargé de communication au CGDIS. «Au total, une trentaine d'agents étaient présents pour répondre au téléphone.»

Un standard pris d'assaut dès la matinée, et jusqu'en début de soirée: la tempête «Eberhard» a surpris par son intensité mais aussi par sa stagnation au-dessus du Luxembourg. Meteolux, qui avait émis un bulletin de vigilance jaune dès samedi avant de passer à l'orange, indique que les rafales de vent ont été plus fortes que prévu, plus étendues sur la durée et aussi sur le territoire puisqu'aucune région n'a été épargnée.

Rien à voir avec le réchauffement du climat

Au CGDIS, Cédric Gantzer souligne toutefois que le bilan, tant au niveau des appels que du nombre d'interventions, dépasse les épisodes habituels relevant de la vigilance orange. Pour lui, le fait que la tempête soit passée en journée et un dimanche, a considérablement facilité les opérations de secours, du fait de la disponibilité des pompiers volontaires. Ce lundi matin, le ministère de l'Intérieur les a chaleureusement remerciés pour leur engagement et leur soutien dans un tweet: 

Cette météo capricieuse et changeante, qui a fait un mort en début de mois, «n'est pas extraordinaire pour la saison», bien au contraire, puisqu'il s'agit des fameuses «giboulées de mars», selon le météorologue Jacques Zimmer. Rien à voir avec un effet fâcheux du réchauffement climatique, et inutile de craindre une multiplication de ces tempêtes pour les futurs mois de mars, les statistiques n'indiquent rien en ce sens, confirme l'expert. Les Buergbrennen et les cavalcades ont donc encore de beaux jours devant eux.


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