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Le vélotaf, un bon retour sur investissement mais limité
Luxembourg 2 min. 05.07.2019 Cet article est archivé

Le vélotaf, un bon retour sur investissement mais limité

Le vélotaf, un bon retour sur investissement mais limité

Photo: Archives LW
Luxembourg 2 min. 05.07.2019 Cet article est archivé

Le vélotaf, un bon retour sur investissement mais limité

Le vélotaf est indéniablement un placement «gagnant-gagnant pour l'entreprise et le salarié» mais au potentiel limité, explique Frédéric Brochier de IMS Luxembourg. Une «nouvelle impulsion» viendra de l'électromobilité.

Le phénomène du vélotaf qui n'en est encore qu'à ses prémices dans la mobilité douce, «reste marginal au Luxembourg», estime Frédéric Brochier, chargé de projet pour le développement du territoire chez IMS Luxembourg.


Les prémices du vélotaf dans la mobilité douce
En attendant l'extension du réseau cyclable national, les morceaux manquants en Ville et la piste cyclable bidirectionnelle longeant le tracé du tram, les vélotaffeurs prennent leur courage à deux mains pour pédaler jusqu'au boulot. Notre série de la semaine.

Même si le gouvernement cherche à accélérer la «mise en place d'infrastructures cyclables attractives et sécurisées», le Luxembourg a du retard à rattraper pour favoriser les déplacements à vélo. «C'est positif», d'autant qu'aujourd'hui «le vélo est impliqué dans les travaux», relève l'expert de l'antenne nationale de l'organisation CSR Europe, leader européen pour la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Frédéric Brochier, chargé de projet pour le développement du territoire chez IMS Luxembourg
Frédéric Brochier, chargé de projet pour le développement du territoire chez IMS Luxembourg

Fait est qu'aujourd'hui, «le pays n'est pas encore mature à 100%, les infrastructures ne sont pas encore en place». De sorte qu'autour de la table de discussion avec un responsable RSE, «c'est difficilement conseillable de pousser sur le vélotaf», explique Frédéric Brochier.

«Ce n'est pas une Tesla en leasing»

Une référence directe à la situation actuelle de la Cloche d'Or ou du Ban de Gasperich par exemple, quartiers qui  sont loin de proposer une continuité des pistes cyclables. Alors que le Kirchberg apparaît comme «le» quartier le mieux doté de la capitale.


Vélotafeur, il demande une indemnité kilométrique
Christophe Dhaeze habite Arlon et pédale jusqu'à Strassen pour se rendre au travail. Même quand il fait très chaud. Comme c'est déjà le cas en Belgique et bientôt en France, il aimerait une indemnité kilométrique vélo de son patron. Deuxième volet de notre série.

Défini comme «un chantier à ciel ouvert», le pays possèderait selon lui un vrai potentiel à l'horizon de «cinq à dix ans» pour circuler correctement à deux roues. Un optimisme qui s'explique d'une part par un maillage de pistes cyclables qui sera complété dans un avenir proche et d'autre part, par une volonté politique affirmée dans l'accord de coalition 2018-2023. D'ici 2025, la part modale du vélo dans les transports doit atteindre 4%, soit le double de la valeur actuelle.

Mais aussi par la RSE des employeurs. Pas de doute, le vélo reste un «bon exemple de ce qui est gagnant-gagnant entre les entreprises et les salariés». D'abord parce que les infrastructures pour le vélo ne sont pas chères à mettre en place pour une société. «Ce n'est pas une Tesla en leasing», sourit Frédéric Brochier.


Un papa vélotafeur vaillant mais pas sans peur
Pour Jose Maria et sa fille Julieta, le vélotaf est plus qu'un mode de déplacement. C'est un moment «partagé, au contact de la nature et de la ville». Même si «parfois j'ai peur pour elle» sur le trajet entre Merl et le cœur du Kirchberg.

Vélotafeurs moins souvent absents

Ensuite parce que le vélotaf est source de «meilleure productivité. Il a été démontré que ses adeptes sont en meilleure forme et moins souvent malades. Selon une étude néerlandaise, le vélo diminue autour de 15% l'absentéisme», rapporte notre expert.

Reste qu'enfourcher son vélo demande un réel engagement de la part du salarié et des entreprises qui misent sur le vélo. La communication demeure «l'élément clé du succès quant on veut inciter à la mobilité active», d'autant que les obstacles ne manquent pas. A commencer par le code vestimentaire qu'imposent les postes à responsabilités et qui ne collent pas avec le pédalage. Sans oublier que pour nombre de salariés venant de loin, la solution vélo n'est pas envisageable.

Mais la tendance actuelle de l'électrification des vélos, trottinettes et scooters offre un nouveau potentiel: «L'électromobilité est une nouvelle impulsion pour le vélo», estime clairement Frédéric Brochier. Car cette «nouvelle diversification des moyens de transport s'ouvre sur d'autres utilisateurs».