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Le traitement des déchets hospitaliers prend du poids
Luxembourg 2 min. 10.04.2020 Cet article est archivé

Le traitement des déchets hospitaliers prend du poids

Chaque semaine, plus de douze tonnes de déchets hospitaliers sont désormais collectées.

Le traitement des déchets hospitaliers prend du poids

Chaque semaine, plus de douze tonnes de déchets hospitaliers sont désormais collectées.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 2 min. 10.04.2020 Cet article est archivé

Le traitement des déchets hospitaliers prend du poids

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
En quelques semaines, les volumes collectés auprès des hôpitaux, laboratoires et autres centres de soin ont augmenté de plus d'un tiers. Un grossissement qui s'explique aussi bien par l'augmentation du nombre de patients traités que l'emploi de plus de protections par les soignants.

Habituellement, environ 40 tonnes de déchets hospitaliers sont collectées chaque mois au Grand-Duché. Mais, covid-19 oblige, les volumes ont vite augmenté depuis l'apparition du premier cas d'infection supposé dans le pays.  «En poids, la collecte a progressé d'environ 35%», note Alain Jacob, directeur général de Lamesch, seule société habilitée à prendre en charge ce type de déchets au Luxembourg. Pas de doute le renforcement des règles d'hygiène et l'accroissement du nombre de malades pris en charge ont influé sur le poids des rebuts du secteur de la santé.

Auprès des quatre centres hospitaliers, des maisons de retraite médicalisées, des centres de recherche ou des laboratoires d'analyse, les agents spécialisés ont ainsi vu se multiplier les sacs ou les bacs à éliminer. «La crise sanitaire a aussi ouvert les yeux à certains groupes industriels qui disposaient d'une infirmerie. Ces derniers jours, nous avons donc été appelés pour les débarrasser de ce qui précédemment filait avec les ordures classiques.»


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Pour les personnels de Lamesch affectés à cette mission particulière, l'épidémie n'a guère eu d'influence. Des années qu'ils multiplient les précautions avant de prendre en charge les sacs ou bacs contenant objets coupants, piquants, contaminants et autres poches de sang ou traitements chimiques issus des soins ou des salles d'opération. «Comme pour nos autres équipes, nous avons tout de même invité chacun à mieux respecter les consignes et à être stricts sur ce qu'il convenait d'accepter ou non», indique Alain Jacob.

En plus de la hausse du tonnage, la crise actuelle aura également vu l'ouverture de nouveaux centres soins avancés à chaque coin du Luxembourg. Sur ces quatre sites, là encore, les camions 10-15 m3 de Lamesch viennent récupérer les résidus infectieux ou non. Une augmentation qui se traduit par une fréquence de passage désormais quotidienne.

Autorisation exceptionnelle au SIDOR

Autre constat: la nature même des déchets a évolué. «Bien plus d'EPI sont récupérés», affirment les professionnels. Ces équipements de protection individuels (masques, gants, visières, tabliers, combinaisons Tyvek, charlottes ou sur-chaussures étant devenus les fournitures indispensables à la lutte contre la propagation virale. 


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Que deviennent ensuite ces déchets? Pour le coup, s'ils sont infectieux, tous partent en centres d'incinération à l'étranger. Aussi bien en Belgique, France ou Pays-Bas en fonction de la disponibilité des installations classées qui, elles aussi, doivent s'adapter à ce surplus d'activité inattendu.

Par ailleurs, durant l'état d'urgence, une dérogation exceptionnelle a été donnée à l'incinérateur du SIDOR. Le four du site de Leudelange est ainsi temporairement autorisé à faire disparaître les EPI considérés comme non infectieux. Et cela sous des conditions d'emballage et de manipulation clairement définies par le ministère de l'Environnement en collaboration avec celui de la Santé.

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