Changer d'édition

Le train du CSV se remet sur les rails
Luxembourg 8 6 min. 26.09.2021
Politique

Le train du CSV se remet sur les rails

Claude Wiseler a rappelé qu'il entendait faire de la justice sociale un des axes forts des propositions du CSV.
Politique

Le train du CSV se remet sur les rails

Claude Wiseler a rappelé qu'il entendait faire de la justice sociale un des axes forts des propositions du CSV.
Photo: Alain Piron
Luxembourg 8 6 min. 26.09.2021
Politique

Le train du CSV se remet sur les rails

La modification des statuts du parti chrétien-social est scellée. Lors de son congrès national, samedi, la formation conduite par Claude Wiseler, a défini ses priorités pour ne pas rater les élections en 2023.

(pj avec Marc SCHLAMMES) Et de deux. Pour la seconde fois en cinq mois, le CSV a tenu un congrès national. Ce samedi, il n'était cette fois pas question de changer la tête du parti, comme en avril dernier. Non, l'ordre du jour impliquait plutôt des changements de statuts. Mais pas question pour les têtes de proue du navire chrétien-social de laisser passer l'occasion de cette réunion -enfin- en présentiel pour galvaniser la foule des militants rassemblés à Oberkorn.


Là où Claude Wiseler veut mener le CSV
Cinq mois que Claude Wiseler a repris les rênes du parti chrétien-social, une formation désunie sur le fond des idées et tiraillée en interne. Samedi 25 septembre, le président du CSV tentera de remettre le parti en ordre de marche pour les scrutins de 2023 notamment.

D'où ces appels lancés à la tribune : «Ensemble, nous sommes forts» (pour la coresponsable du groupe parlementaire, Martine Hansen); «Restons unis» (pour son homologue Gilles Roth); «Regardons ensemble vers l'avenir» (dixit le secrétaire général du parti, Christophe Hansen). 

Pas de doute donc : l'esprit d'équipe que souhaite insuffler à nouveau le président Claude Wiseler plane dans l'air. Et il doit se concrétiser vite maintenant car les prochaines législatives approchent. Et en 2023, l'objectif de la formation est bien de retourner au gouvernement. 

S comme ''social''...

Et s'il en est un qui est convaincu que l'actuel principal parti d'opposition a les moyens de retrouver la direction du pays, c'est évidemment Claude Wiseler. D'ailleurs, à l'issue du congrès, l'ancien ministre soufflait -ravi- : «Le train est sur les rails pour arriver là où nous voulons être en 2023». Mais la destination finale reste encore entre les mains des électeurs, et le CSV doit partir à la reconquête de ce soutien.

La ligne à suivre? Elle tient d'abord dans le S au coeur des trois initiales du parti. Un S comme ''social''. Un terme dans l'ADN de la formation qu'il serait bon de (re)mettre en avant. «Nous sommes le CSV. Pas de droite, pas de gauche. Mais auprès des gens et de leurs préoccupations», insiste Claude Wiseler. A ses yeux, il faut ainsi revoir l'indexation et la graduation des allocations familiales, tout comme la taxe CO2. D'ailleurs, pas question de laisser à d'autres le monopole des idées sur la gestion de la politique climatique ou la digitalisation de la société. 

 Promotion de l'économie circulaire, établissement d'un pacte climatique pour petites et moyennes entreprises, adaptation des taxes sur les voitures («le sans-émission peut aussi être sans taxe») ou recours à des ressources alternatives pour l'e-mobilité (comme l'hydrogène) figurent parmi les nouveaux chevaux de bataille du parti. 

... ''sécurité'' et ''scolaire" aussi

Pour les coups à porter au gouvernement, le CSV laisse la main à ses deux coresponsables de fraction. A Gilles Roth d'aborder le thème de la sécurité et de cibler le ministre de la Sécurité intérieure. Un Henri Kox (Déi Gréng) accusé de capituler devant le crime, et cela alors que l'affaire de la sécurité dans le quartier Gare est encore dans tous les esprits et les débats. Aux yeux du CSV, la police grand-ducale doit être dotée d'effectifs et d'équipements adéquats.


IPO,CSV-Ofschlossiessen-Bilan session parlementaire 2020/21.Gilles Roth,Martine Hansen,Claude Wiseler,Leon Gloden.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Le CSV tire à boulets rouges sur la coalition
Peu satisfait du soutien de la majorité DP-LSAP-Déi Gréng à la ministre de la Famille qu'ils ne jugent plus à sa place, les responsables du parti chrétien-social s'en sont pris, lundi, à la manière dont le gouvernement traite l'opposition. A savoir avec «nonchalance» et «arrogance».

Martine Hansen cogne, elle, sur le ministre de l'Education. Un Claude Meisch (DP) qui saperait le modèle scolaire luxembourgeois petit à petit. Parmi les reproches adressés au ministre, celui de lancer ses réformes sans dialogue. A l'exemple de cette annonce faite, en cette rentrée 2021, d'étendre la scolarité obligatoire à 18 ans. Pour le CSV, mieux vaut agir pour une école publique forte, un meilleur transfert des compétences, la revalorisation du corps enseignant, l'égalité des chances et une volonté de dialogue avec tous les acteurs du système scolaire.

Elisabeth Margue pourrait siéger comme coprésidente du CSV. Si la justice ne lui cherche pas trop de poux dans la tête...
Elisabeth Margue pourrait siéger comme coprésidente du CSV. Si la justice ne lui cherche pas trop de poux dans la tête...
Photo : Alain Piron

Pour ce qui est du changement de statuts, tout a déjà été dit sitôt Claude Wiseler élu. L'homme souhaite des doubles directions aux diverses strates du parti, et ce choix a séduit la majorité des militants (juste 5 votes contre). Cette possibilité du binôme est donc désormais ancrée dans les statuts mais en tant qu'option.

Il pourrait donc n'y avoir qu'un seul président et/ou un seul secrétaire général par exemple. Si un duo devait être constitué, celui-ci devra être mixte. Une fois choisi, ce tandem doit présenter sa répartition des responsabilités en conseil exécutif national.

L'ouverture vers une double direction ouvre la voie à Elisabeth Margue comme coprésidente désignée. Stéphanie Weydert, elle, devrait prendre la fonction de co-secrétaire générale. Leur élection fera l'objet d'un prochain congrès du parti. 

Mais avant d'en arriver là, le parti chrétien-social voit un écueil possible se lever sur sa route. Le CSV devra ainsi d'abord franchir, mi-octobre, «l'obstacle du traitement juridique» (selon les termes du président Wiseler) de l'affaire Frëndeskrees. Elisabeth Margue, Stéphanie Weydert ainsi que l'ex-président du parti Frank Engel, devront s'expliquer sur un mode de financement trouble du parti.


Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Cinq mois que Claude Wiseler a repris les rênes du parti chrétien-social, une formation désunie sur le fond des idées et tiraillée en interne. Samedi 25 septembre, le président du CSV tentera de remettre le parti en ordre de marche pour les scrutins de 2023 notamment.
Alors que ce 24 avril, le parti chrétien-social tiendra son congrès celui qui en était encore le président le mois dernier quittera la formation. Mais de là à sortir du jeu politique...
Die Kandidatur für den Posten des CSV-Präsidenten bezeichnet Frank Engel rückblickend als seinen größten Fehler.
Aucun autre postulant ne s'est fait connaître pour assurer la succession tourmentée du président démissionnaire Frank Engel. Les militants n'auront donc guère le choix le 24 avril prochain, date du congrès national des chrétiens-sociaux.
IPO,CdP, CSV Martine Hansen & Claude Wiseler.Affaire Gardenhäischen Traversini. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort.
Trois semaines après sa démission de la présidence du CSV suite à une dénonciation de la part de plusieurs députés chrétiens-sociaux, l'ancien eurodéputé évoque vendredi la possibilité de fonder un nouveau parti. Des soutiens «aussi hors du CSV» se seraient ainsi manifestés.
Politik, Interview Frank Engel, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
C'est acté. Le CSV, de loin le premier parti au parlement (21 sièges sur 60) se retrouve pour la seconde fois chef de file de l'opposition. Ses deux leaders, Claude Wiseler, président de la fraction, et Marc Spautz, président du parti, libèrent leur siège. Une femme venue du Nord en a déjà pris un.
Le 16 octobre 2018 à Luxembourg-Belair: Claude Wiseler (à gauche) et Marc Spautz, les deux figures des élections 2018 se retrouvent face au comité national élargi du CSV.
Le président du CSV, Marc Spautz, renonce à devenir tête de liste du parti chrétien-social dans la perspective des élections législatives de 2018. Il n'est pas surpris de la déclaration de candidature de Claude Wiseler, chef de fraction du parti, pour conduire la liste.
Marc Spautz «veut tout faire afin que le CSV soit à nouveau en position de prendre la responsabilité gouvernementale» après les législatives de 2018.