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Le tourisme malade du coronavirus
Luxembourg 3 min. 20.02.2020 Cet article est archivé

Le tourisme malade du coronavirus

Si les touristes chinois étaient de plus en plus nombreux à visiter l'Europe ces dernières années, ils passent moins par le Luxembourg.

Le tourisme malade du coronavirus

Si les touristes chinois étaient de plus en plus nombreux à visiter l'Europe ces dernières années, ils passent moins par le Luxembourg.
Photo: Claude Piscitelli
Luxembourg 3 min. 20.02.2020 Cet article est archivé

Le tourisme malade du coronavirus

Si l'impact économique du virus Covid-19 sur le tourisme luxembourgeois est encore difficilement quantifiable, l'épidémie devrait confirmer la baisse de fréquentation des visiteurs asiatiques au Grand-Duché.

(DH) - Pour contenir la progression de l'épidémie de coronavirus, le gouvernement chinois a pris des mesures exceptionnelles. Il a entre autre fortement déconseillé à ses ressortissants de se rendre à l'étranger. Au Luxembourg, qui a accueilli près de 32.000 visiteurs de l'Empire du Milieu l'an dernier, soit 11% des touristes passés par le Grand-Duché, l'impact économique apparaît pour l'heure «difficilement quantifiable». «Mais il est bien réel», assure le ministère du Tourisme. 

«En 2018, les touristes chinois ont représenté 42.000 nuitées (sur 2,5 millions) et ont dépensé 390 euros, en moyenne, par tête et par nuit», précise le ministère qui, chiffres du Statec à l'appui, note une baisse de fréquentation des visiteurs asiatiques. Car si la communauté chinoise a le vent en poupe et représente 1.294 personnes, en date du 31 décembre, soit la douzième communauté étrangère du pays, le nombre de touristes en provenance de l'Empire du Milieu est en baisse ces dernières années malgré les efforts de rapprochement des deux pays. 

De son côté, et faute de chiffres actuellement à sa disposition, la Fédération nationale des hôteliers, restaurateurs et cafetiers  (Horesca) n'a pu mesurer l'impact de l'épidémie sur ce début d'année. «Quoi qu'il en soit, un recul est à attendre du côté de l'hébergement, mais il ne devrait pas être symptomatique étant donné que les touristes chinois ou asiatiques se logent aux alentours du Grand-Duché, à des tarifs inférieurs», indique encore le porte-parole de la profession.  


Les touristes qui l'ont visité, recommandent le Luxembourg
80% des touristes s'estiment satisfaits de leur séjour luxembourgeois. Le ministre du Tourisme, Lex Delles a présenté mardi les résultats d'une enquête sur l'expérience vécue par les touristes au Luxembourg.

Le pays le plus peuplé de la planète est aussi le principal réservoir de voyageurs au monde. La Chine représentait en effet près de 150 millions de départs à l'étranger en 2018, selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), alors que seuls 10% des Chinois détiennent un passeport.    

Ainsi, depuis dix ans, le poids de la Chine dans les flux touristiques a triplé. Les Chinois devancent désormais les Allemands (108,5 millions de départs en 2018) et les Américains (92,6 millions). Ils sont aussi les plus dépensiers, selon l'OMT. En 2018, les voyageurs de l'Empire du Milieu ont déboursé 1.710 euros par personne, soit plus de 244 milliards d'euros. Des éléments qui décuplent significativement l'impact économique de mesures restrictives prises par Pékin.

Un groupe de touristes chinois au Grand-Duché, la semaine dernière.
Un groupe de touristes chinois au Grand-Duché, la semaine dernière.
Photo: Claude Piscitelli

D'autre part, après les estimations de l'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI), dans un rapport publié la semaine dernière, l'épidémie va engendrer une réduction de 20 millions de passagers au premier trimestre 2020, soit l'équivalent de quatre ou cinq milliards de dollars de recettes.

Référence pour le secteur, le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) a dernièrement établi un parallèle avec l'épidémie du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), en 2002-2003. Selon le WTTC, l'impact économique avait été évalué entre 30 et 50 milliards de dollars. 

Avis de tempête sur les croisières

«Cette épidémie devrait, selon moi, avoir davantage de répercussions», commente Marc Barnich, le directeur administratif de l'agence Cruisopolis. Car, au départ du Grand-Duché, l'onde de choc est aussi ressentie. «L'industrie des croisières est l'une de celles qui va souffrir le plus de la crise du coronavirus», ajoute-t-il en mentionnant les mesures radicales qui ont déjà été prises.

C'est ainsi que plusieurs milliers de personnes ont été mises en quarantaine sur deux navires de croisière, au large de Hong Kong et du Japon. De même, les passagers ayant séjourné en Chine continentale sont refusés à bord des navires. «Les mesures vont même plus loin», assure Marc Barnich, «puisque les opérateurs américains n'acceptent plus de personnes au passeport chinois… même si celles-ci sont résidentes luxembourgeoises».


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