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Le téléphone des salariés sonne aussi à la maison
Luxembourg 2 min. 08.01.2020

Le téléphone des salariés sonne aussi à la maison

Plus de la moitié des salariés décrochent leur téléphone professionnel en dehors de leurs heures de travail.

Le téléphone des salariés sonne aussi à la maison

Plus de la moitié des salariés décrochent leur téléphone professionnel en dehors de leurs heures de travail.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 08.01.2020

Le téléphone des salariés sonne aussi à la maison

Alexander ABDELILAH
Alexander ABDELILAH
Une majorité des travailleurs interrogés disent rester disponibles une fois rentrés chez eux, selon une étude de Randstad publiée mercredi. Une tendance que le télétravail ne parviendra pas à régler entièrement, en l'absence de mesures législatives.

Le droit à la déconnexion fixé par l'accord de coalition attend toujours sa loi. Ce principe, qui doit assurer une séparation stricte entre travail et vie privée, n'est pas non plus entré dans les mœurs. Ainsi, la majorité des salariés interrogés par Randstad dans le cadre de son Workmonitor disent que le travail interfère avec leur temps libre. En cause, les appels et messages reçus en dehors des heures de travail et auxquels une majorité donne suite.


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Ils sont 63% des salariés sondés à répondre «à un moment opportun» aux sollicitations professionnelles en dehors des horaires de travail. Une disponibilité extensive qui n'est souhaitée par le patron que pour 47% des sondés. Si la coupure n'a pas lieu le soir, elle n'est pas plus nette pendant les congés. En effet, 64% des personnes interrogées admettent avoir du mal à couper les ponts avec leur employeur en période de vacances.

Parmi les salariés qui allongent ainsi leurs journées de travail, 31 % «n'ont obtenu ni temps libre ni rémunération en échange», à en croire la dernière étude de la Chambre des Salariés (CSL) sur le sujet. Dans le même temps, la durée de travail hebdomadaire a baissé en moyenne d'une heure depuis 2010, d'après les données du Statec. 

Pour lutter contre cette flexibilité en grande partie imposée, la CSL suggère notamment de «bloquer tout accès du salarié à sa messagerie professionnelle entre 20h et 7h30, ainsi que durant les jours de repos, congés et fériés non travaillés».    


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En attendant un consensus législatif sur la question, portée notamment par Dan Kersch, ministre du Travail et tout nouveau vice-Premier ministre, d'autres pistes existent. Comme celle du télétravail, avancée par l'organisme de représentation des salariés pour «réduire le stress». 

En pleine progression au Grand-Duché cette forme de travail permettrait de soulager les travailleurs en leur épargnant le temps de transport, particulièrement pénible pour les frontaliers. Néanmoins, elle pourrait également contribuer à brouiller les cartes, le lieu de travail et le domicile ne faisant plus qu'un.


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