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Le stress des enseignants sur la table des chercheurs
Luxembourg 3 min. 11.06.2018 Cet article est archivé

Le stress des enseignants sur la table des chercheurs

Le stress des enseignants sur la table des chercheurs

Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 11.06.2018 Cet article est archivé

Le stress des enseignants sur la table des chercheurs

La profession d'enseignant semble attrayante: une bonne sécurité sociale et un salaire élevé. Cependant de nombreux instituteurs se plaignent de surcharge de travail et de stress. Des chercheurs de l'Université de Luxembourg étudient ce phénomène.

Les enseignants sont-ils vraiment vulnérables au stress? Ont-ils beaucoup de temps libre, gagnent-ils beaucoup d'argent et peuvent-ils travailler en partie gratuitement? En tout cas, psychologiquement, cela ne semble pas exagéré, d'après André Schulz, psychologue à l'Université de Luxembourg: «Premièrement, les exigences psychosociales permanentes dans la profession enseignante sont très élevées et le stress social peut être particulièrement nuisible pour la santé. Deuxièmement, il n'y a pratiquement aucun lien entre l'engagement professionnel d'un enseignant et sa gratuité, comme le salaire et les perspectives de carrière.»

Un engagement plus prononcé n'a pas d'effet direct sur le revenu, comme dans d'autres professions où il y a des bonus et des suppléments. Par conséquent, malgré un salaire élevé, un mécontentement à long terme peut survenir rapidement. Deux autres facteurs peuvent également être observés dans d'autres professions des services sociaux, comme chez les infirmières, la police ou les pompiers.

Le stress social et le mécontentement peuvent pousser certains enseignants à développer des maladies liées au stress. Celles-ci comprennent, par exemple, le développement de symptômes physiques pouvant entraîner une maladie organique - par exemple maux de tête ou maux de dos, vertiges, palpitations, nausées, voire burnout et dépression.  

Communication corporelle perturbée

Le projet «Interception and chronic stress» (Instress) - actuellement mené à l'Université de Luxembourg par le chef de projet André Schulz, le doctorant et directeur d'étude Ion-Hideo Breden et le responsable du groupe de travail Claus Vögele - étudiera les facteurs contribuant au développement de symptômes physiques de stress permanent ou chronique. «A cet effet, nous suspectons que la communication défectueuse entre le cerveau et le corps contribue au développement de symptômes physiques», explique André Schulz. En revanche, une communication cerveau-corps qui fonctionne bien pourrait être un facteur de protection contre le développement de symptômes physiques et le maintien d'une bonne santé.  

C'est ainsi que le stress peut surgir. Lorsque les enseignants dépensent plus de ressources de façon permanente physiquement et mentalement, cela augmente le risque d'éprouver du stress. Cela peut provoquer des symptômes physiques qui, à première vue, n'ont pas de cause et ne sont donc pas traités correctement. Cela peut entraîner un trouble de stress somatique, une dépression ou un burnout qui, dans le pire des cas, devient chronique.  

Avec cette étude, les chercheurs de l'Université veulent découvrir les mécanismes du stress responsables du développement de ces maladies et ouvrir la voie pour trouver des moyens pour lutter contre le stress. Enfin, la santé des enseignants est également pertinente pour les élèves. Les approches préventives visant à améliorer la communication cerveau-corps peuvent inclure des techniques de sensibilisation au rythme cardiaque ou des techniques de neurofeedback pour influencer les ondes cérébrales. En général, bien sûr, quelle que soit l'activité professionnelle ou selon le type de stress, il est important de soigner son hygiène de vie et de pratiquer une activité physique.  

«Dans l'étude, nous utilisons plusieurs méthodes pour mesurer la communication cerveau-corps, comme l'ECG, l'EEG et la mesure des hormones du stress dans la salive», explique le directeur d'étude Ion-Hiedo Breden. Il est important de souligner: «Il ne faut pas chercher à savoir si les enseignants luxembourgeois ressentent du stress ou non, mais si la communication cerveau-corps chez ceux qui se sentent fortement stressés est différente de celle chez les enseignants qui ne se sentent  pas stressés». C'est le mécanisme que l'on veut examiner à plusieurs niveaux d'observation - d'autres études sur les symptômes du stress existent déjà.  

(Birgit Pfaus-Ravida – trad. Noémie Koppe)  

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