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«Le secteur spatial luxembourgeois a décollé»
Luxembourg 1 5 min. 26.10.2022
NewSpace Europe

«Le secteur spatial luxembourgeois a décollé»

Pour Marc Serres, CEO de la LSA, il est clair que le petit pays s'est taillé une solide réputation dans plusieurs domaines.
NewSpace Europe

«Le secteur spatial luxembourgeois a décollé»

Pour Marc Serres, CEO de la LSA, il est clair que le petit pays s'est taillé une solide réputation dans plusieurs domaines.
Photo: Luxembourg Space Agency
Luxembourg 1 5 min. 26.10.2022
NewSpace Europe

«Le secteur spatial luxembourgeois a décollé»

Simon MARTIN
Simon MARTIN
NewSpace Europe, la grand-messe du secteur spatial, a lieu cette semaine au Luxembourg. En l'espace de quelques années, le pays s'est taillé une solide réputation dans ce domaine.

Souvent considérée comme la «Nasa luxembourgeoise», la Luxembourg Space Agency (LSA), créée il y a un peu plus de quatre ans, regroupe l'ensemble des acteurs du secteur spatial luxembourgeois. Un secteur indéniablement en plein essor au regard de la politique menée ces dernières années. Ce jeudi et vendredi, l'agence organise sa cinquième édition de «NewSpace Europe» à Luxexpo, la désormais grand-messe du milieu. Celle-ci rassemblera de très nombreux acteurs venus des quatre coins du monde afin d'évoquer les enjeux à venir sous le thème «connecter la terre et l’espace».


This handout photo provided by NASA on October 19, 2022 shows the Pillars of Creation that are set off in a kaleidoscope of color in NASA�s James Webb Space Telescope�s near-infrared-light view. - The pillars look like arches and spires rising out of a desert landscape, but are filled with semi-transparent gas and dust, and ever changing. This is a region where young stars are forming � or have barely burst from their dusty cocoons as they continue to form. (Photo by Handout / NASA/ESA/CSA / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / NASA/ESA/CSA " - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Les «Piliers de la création» capturés par James Webb
Ceux-ci sont situés à 6.500 années-lumière de la Terre, dans notre galaxie, la Voie lactée.

Le programme de la conférence met l'accent sur les liens entre les secteurs terrestre et spatial, et ambitionne de donner un aperçu du potentiel qu'offrent le domaine spatial et ses services dans le cadre des activités humaines sur terre et de la gestion des problématiques mondiales. 

Le Luxembourg est-il en train devenir la capitale mondiale du secteur spatial? Pour Marc Serres, CEO de la LSA, il est clair que le petit pays s'est taillé une solide réputation dans plusieurs domaines. «Aujourd'hui, le Grand-Duché a l'ambition de devenir un hub européen pour l'utilisation et l'exploitation des ressources spatiales. Depuis cinq ans désormais, on assiste à un développement important des initiatives privées avec des grandes institutions intergouvernementales. C'est le cheminement d'un travail débuté déjà dans les années 80, au moment de la première vague de commercialisation de l'espace. On est en train de vivre quelque chose de similaire aujourd'hui.»

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De 20 à 70 acteurs spatiaux en quelques années

Et le Luxembourg semble avoir flairé le bon filon en investissant massivement dans le spatial. «On a fait beaucoup de promotion pour que les entrepreneurs voient le Luxembourg comme une terre d'accueil pour ce genre d'initiative et cela a payé. Si on regarde les derniers chiffres, le pays compte aujourd'hui pas moins de 70 acteurs publics et privés qui sont actifs dans le spatial alors qu'ils n'étaient qu'une vingtaine en 2012. Le secteur a donc littéralement décollé ces dernières années, c'est indéniable.»


(from left to right) Dan Hart, Virgin Orbit Chief Executive Officer; François Bausch, Deputy Prime Minister, Minister of Defence
Un accord pour développer les capacités spatiales réactives
Un accord conclu aujourd'hui ouvre la voie à une collaboration directe entre la direction de la Défense luxembourgeoise et Virgin Orbit pour développer des capacités spatiales réactives qui bénéficieraient entre autres aux alliés.

Et c'est donc pour rassembler tous ces acteurs dans un même écosystème que la LSA a vu le jour. «Notre rôle, c'est vraiment de stimuler le développement de ce domaine et donc, on aide les entreprises à développer leur business. Attention toutefois, nous ne vendons pas leurs services, mais nous les aidons en participant au développement de leurs technologies. Une fois que l'entreprise a une technologie mature, on l'aide à trouver de l'investissement privé. Ces dernières années, on a réussi à développer un réseau stable et fiable.»

Évidemment, le Grand-Duché n'a pas l'apanage de la recherche spatiale en Europe. D'autres pays comme la France et l'Allemagne, investissent également énormément dans le secteur. Cela dit, le Luxembourg parvient quand même à se démarquer de bien nombreuses manières. «Notre point fort, ce sont les communications par satellite», assure Marc Serres. «La présence de SES, premier fournisseur de services de télécommunications par satellites au monde, au Luxembourg depuis 1985 a bien entendu tiré cette expertise vers le haut. Il y a aussi un autre domaine dans lequel on est en train aussi d'avoir une certaine reconnaissance, c'est l'utilisation des ressources spatiales». 

La Lune, puis Mars...

La conquête «humaine» de l'espace et de ses planètes n'est d'un autre côté pas la priorité du Luxembourg. «On ne peut malheureusement pas investir dans tout. On a dû trouver des niches et des spécialités. L'exploration humaine est importante pour nous cela dit, notamment dans le domaine des ressources spatiales. Celles-ci seront indéniablement utiles pour aller là où on veut aller, la Lune puis Mars...».


Le Luxembourg va financer un centre satellitaire espagnol
Cette contribution volontaire de la direction de la Défense luxembourgeoise au centre s'élève à 1,5 million d'euros et constitue un soutien financier affecté à l'achat d'images.

En ce qui concerne les conférences prévues ce jeudi et vendredi, le CEO de la Luxembourg Space Agency explique que celles-ci se veulent ouvertes et accessibles aux autres secteurs. «Car c'est bien là le coeur de l'événement: démontrer l'intérêt et le bénéfice d'utiliser les infrastructures spatiales ou les données spatiales dans d'autres secteurs économiques. Je pense à la santé, à l'agriculture, à la construction ou encore à l'automobile.» 

Des données utiles pour de nombreuses compagnies

Et Marc Serres d'illustrer son propos. «Typiquement, on peut utiliser des images d'observation de la Terre pour aider à la prévision des récoltes agricoles ou utiliser des données spatiales pour le trafic maritime et aérien. On va les utiliser aussi pour de la science, bien sûr. Aujourd'hui, on peut offrir des services grâce à l'utilisation de ces données d'observation de la Terre. C'est une nouvelle commercialisation. Désormais, les clients n'ont bien souvent plus aucun lien avec l'espace. Ça peut être une compagnie d'assurances, une coopérative d'agriculteurs, des administrations de planification du sol ou encore d'aménagement du territoire.»


Die Firma Ispace will ihren Rover auf dem Mond einsetzen. Das Vorhaben könnte der erste Anwendungsfall für das Luxemburger Gesetz zu Weltraum-Ressourcen werden.
Le Luxembourg a besoin de temps pour ses projets spatiaux
La loi luxembourgeoise sur les ressources spatiales a cinq ans, mais elle n'a pas encore été utilisée. Il faudra du temps pour que les investissements soient rentabilisés.

Bref, le potentiel économique est énorme et pour le commun des mortels, ces avancées made in Luxembourg pourraient également être particulièrement bénéfiques. «Dans le secteur de la santé, par exemple, il y a notamment des tests de médicaments qui se révèlent beaucoup plus efficaces lorsqu'ils sont réalisés dans l'espace. Tout cela sera bien évidemment détaillé lors de «NewSpace Europe».» 

Les acteurs derrière ces initiatives innovantes seront donc au Luxembourg en cette fin de semaine. Un moyen de séduire un maximum d'entre eux afin, qui sait, d'en pousser quelques-uns à poser un pied à terre au Grand-Duché. «Nous avons déjà dépassé les 600 inscriptions, dont 350 inscrits en présentiel, les conférences pouvant être suivies à distance.»

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