Changer d'édition

Le sale tour joué au Parc merveilleux
Luxembourg 3 min. 07.04.2020 Cet article est archivé

Le sale tour joué au Parc merveilleux

Sur une saison, le parc et ses pensionnaires voient défiler plus de 200.000 visiteurs.

Le sale tour joué au Parc merveilleux

Sur une saison, le parc et ses pensionnaires voient défiler plus de 200.000 visiteurs.
Photo : Morris Kemp
Luxembourg 3 min. 07.04.2020 Cet article est archivé

Le sale tour joué au Parc merveilleux

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le site de loisirs de Bettembourg est tristement calme. Pourtant, depuis le 28 mars, enclos, allées, restaurants et manèges devraient s'animer. Mais voilà le parc privé de ses milliers de visiteurs.

«Avec un soleil pareil, un week-end d'avril comme celui que l'on vient de passer, nous aurions pu avoir 8 à 10.000 visiteurs.» Mais comme Marc Neu, chargé de direction du Parc Merveilleux de Bettembourg, les deux cents espèces rassemblées sur le site n'ont vu passer personne. Et voilà bien le genre de silence qui préoccupe plus les hommes qu'il ne dérange les animaux. A sept euros le billet d'entrée, chaque jour de confinement creuse un peu plus la trésorerie.

«Imaginez, poursuit Marc Neu. Pour les vacances de Pâques, nous serons toujours fermé. Soit près de 60.000 clients en moins, sans parler de la vente des tickets de manèges, moins les passages par la boutique, moins les boissons ou repas pris au restaurant...» Il est clair que l'impact de l'épidémie de covid-19 se fait lourdement ressentir en ce début de saison. Car si l'argent ne rentre pas, les dépenses elles courent toujours. Tous les saisonniers, une vingtaine, avaient leur contrat signé quand le confinement a été décrété. Il faudra donc assumer une partie de la rémunération de ces derniers. Cela même si la plupart ont d'ores et déjà été placés en chômage partiel.

30€ pour aider un suricate

Il faut aussi veiller à l'achat de la nourriture et des médicaments pour les pensionnaires du parc. Même si deux grandes surfaces cèdent régulièrement leurs fruits et légumes limites pour la vente, il faut encore trouver des tonnes de paille, de viande et autres plats pour satisfaire les appétits de toute la faune. «Visiteurs ou pas, il faut aussi que des équipes soient en place. Pour les soins aux animaux, l'entretien des enclos et le nourrissage. Il y a deux groupes de 15 salariés qui se relaient, semaine après semaine.» Là encore, l'argent pour les paies ne se trouvera pas sous les sabots d'un cheval. 

Déjà, plusieurs particuliers se sont rapprochés des managers des lieux pour leur proposer leur assistance matérielle. Une solidarité inattendue et bienvenue. Mais il en faut plus encore pour franchir cette passe difficile. «C'est pourquoi nous insistons sur notre proposition ouverte à tous de parrainer un de nos animaux», indique Marc Neu. La formule, accessible en ligne, est simple : choisissez votre chouchou et offrez-lui un don. De 30 euros pour aider un suricate à 300€ pour un crocodile : il y a l'embarras du choix

Cette aide, le Parc merveilleux y croit ferme. Comme dans les contes de fée qu'il met en scène sur ses 25 hectares. «Nous en avons besoin aujourd'hui, et demain certainement, indique ainsi le chargé de direction. Car, comme l'a dit le Premier ministre, le déconfinement se fera petit à petit. Et il y a fort à parier que nous serons parmi les derniers sites accueillant du public en nombre à rouvrir.» Pas faux. Alors si, demain, vous voulez encore découvrir les espèces protégées comme le sapajou jaune ou le canard de Meller dans les bois de Bettembourg, un conseil : jouez les colibris et apportez votre goutte d'eau pour éteindre la crise qui menace.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Evacuation sanitaire annulée à la dernière minute
Tout semblait être prêt à l'aéroport du Findel en cette mi-journée : ambulances garées sur le tarmac, avion sanitaire prêt à prendre en charge des malades venus du Grand Est. Mais brusquement les secours ont fait demi-tour...
Lokales, Annulation évacuation patient, Francais, Findel, Aeroport, Coronavirus, Covid-19, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
«La vigilance reste de mise avec le numérique»
Si l'utilisation des nouvelles technologies s'est accentuée depuis trois semaines, Jeff Kaufmann du centre pour un internet plus sûr (Bee Secure) tire la sonnette d'alarme. «Les écrans présentent de nombreux avantages mais nous devons conserver certaines règles», dit-il.
Plus de 73.000 salariés déjà admis en chômage partiel
Ce lundi, le comité de conjoncture a validé 2.594 demandes d'entreprises à bénéficier des mesures de chômage partiel. Soit déjà 86,6 millions d'euros d'aides accordées trois semaines après les premiers arrêts d'activité. Hors cas pris en charge par l'ADEM.
24.02.10 illustration chomage krise arbeitslos photomontage : Marc Wilwert
L'Allemagne sous pression au sujet des «corona bonds»
Deux commissaires européens plaident lundi pour un recours à un emprunt européen pour faire face à la crise du coronavirus dans une tribune publiée dans la presse. Le gouvernement d'Angela Merkel est critiqué pour son opposition aux «corona bonds».
A protester, wears a face mask bearing the words "leave no one behind, during a nationwide action under the moto �Wir hinterlassen Spuren - #LeaveNoOneBehind� to protest against Europe external borders and asking to prevent a "corona catastrophe" on April 5, 2020 in front of the landmark Brandenburg Gate in Berlin, amid the new coronavirus COVID-19 pandemic. (Photo by Tobias SCHWARZ / AFP)
Infecté, Boris Johnson se retrouve à l'hôpital
Testé positif au coronavirus il y a dix jours, le chef de gouvernement conservateur de 55 ans est le dirigeant mondial le plus éminent à avoir été contaminé. Il a été hospitalisé dimanche pour subir de nouveaux examens.
(FILES) In this file photo taken on March 28, 2020 A handout picture released by 10 Downing Street, the office of the British prime minister on March 28, 2020, shows an image of Britain's Prime Minister Boris Johnson on a screen as he remotely chairs the morning novel coronavirus Covid-19 meeting by video link, in Downing Street in central London. - British Prime Minister Boris Johnson was taken to hospital on April 5, 2020 for tests, his office said, 10 days after he tested positive for coronavirus. Johnson, 55, announced he had mild symptoms of COVID-19 on March 27 and had been in self-isolation at his Downing Street residence for seven days. (Photo by Andrew PARSONS / 10 Downing Street / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / 10 DOWNING STREET / ANDREW PARSONS / HANDOUT" - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS