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Le retour du piéton au cœur de la mobilité
Luxembourg 3 min. 09.09.2019

Le retour du piéton au cœur de la mobilité

François Bausch: «Au cours des dernières décennies la voiture a dominé la ville. Le piéton était toléré. Il faut inverser cela.»

Le retour du piéton au cœur de la mobilité

François Bausch: «Au cours des dernières décennies la voiture a dominé la ville. Le piéton était toléré. Il faut inverser cela.»
Photo: Maurice Fick
Luxembourg 3 min. 09.09.2019

Le retour du piéton au cœur de la mobilité

Maurice FICK
Maurice FICK
Il faut que l'espace urbain change pour que les villes appartiennent à nouveau aux humains et tolèrent les voitures. Et non le contraire. C'est le propos du ministre François Bausch en préambule de la Semaine de la mobilité, axée sur les déplacements à pied.

Après avoir mis la «multimobilité» au cœur de son programme en 2018 et la «mobilité ensemble» en 2017, la 18e édition de la Semaine de la mobilité européenne  sera axée toute entière cette année sur un mode de transport souvent oublié: la marche à pied.

Lors de la présentation de la semaine qui se déroulera du 16 au 22 septembre, François Bausch, ministre de la Mobilité a déploré une triste réalité: «Le piéton est toujours le dernier». Sous-entendu le maillon faible de la chaîne de la mobilité qui donne systématiquement la priorité à la voiture. 

«Un jour il faudrait faire un test et contraindre les voitures à appuyer sur des boutons pour avancer!», lance François Bausch avouant être «toujours irrité» quand il observe les piétons qui «doivent appuyer sur cinq boutons pour traverser la chaussée au Kirchberg.

Que faudrait-il changer pour mieux circuler à pied à l'avenir ? 


Le ministère planche sur un quartier qui pourrait donner l'exemple ? 


Comment pensez-vous changer la donne entre piétons/cyclistes et voitures ?

L'événement de cette Semaine de la mobilité européenne sera la présentation par le ministre de la Mobilité d'une nouvelle application qui doit permettre à l'usager des transports publics de planifier sa recherche multimodale. Le nouvel outil qui sera dévoilé le mercredi 18 septembre au Kinepolis Kirchberg, doit aider les usagers à mieux combiner bus, train, tram, voiture, vélo et marche à pied en tenant compte de la situation du trafic en temps réel. 

Reste à voir si la nouvelle application aura davantage de succès que la plateforme CoPilote lancée en mai 2018 par le ministre pour coordonner le covoiturage. Alors que son nombre d'utilisateurs restait plutôt stable en ce début 2019, elle a connu un coup de mou depuis. Le nombre de trajets actifs était tombé à 433 par jour à la mi-juin contre 1.500 à l'été 2018.

Autre temps forts de la semaine, l'événement «Safe walking, cycling, wheeling» organisé le jeudi 19 septembre au funiculaire. Un circuit au  Kirchberg accueillera piétons, cyclistes, utilisateurs de chaises roulantes, ainsi que des vélos adaptés comme les joëllettes, les bécassines et des tandems.

Seul un tiers des communes impliquées

Même si Gilles Dostert, directeur général du Verkéiersverbond, et Emile Eicher (CSV), président du Syvicol, aimeraient voir se gonfler les chiffres, seules 32 communes luxembourgeoises (sur 102) participeront à la Semaine de la mobilité et seules une dizaine joueront le jeu jusqu'au bout en fermant un jour leur principal axe de circulation. 

Bissen fait partie des sept communes luxembourgeoises qui concourent cette année pour le titre européen «Golgen City» après avoir «satisfait pour la quatrième fois aux critères de la Commission européenne et s'est retrouvée dans le top dix l'an passé», souligne Gilles Dostert. La participation reste timide du côté des entreprises et des associations luxembourgeoises qui ne seront que 13 à proposer des actions.

Transports publics gratuits, journées de la mobilité, randonnées à vélo, promenades, présentations de voitures et vélos électriques ou encore distribution de croissants et cafés aux usagers des transports en commun, tout le programme national de la semaine européenne de la mobilité se retrouve sur mobiliteitswoch.lu.   


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