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Le remboursement des frais de psychologue reste tabou
Luxembourg 2 min. 25.09.2022
Audition de la pétition 2309

Le remboursement des frais de psychologue reste tabou

L'audience publique de la pétition 2309 était la 56e du genre depuis l'introduction du principe de la pétition publique
Audition de la pétition 2309

Le remboursement des frais de psychologue reste tabou

L'audience publique de la pétition 2309 était la 56e du genre depuis l'introduction du principe de la pétition publique
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 2 min. 25.09.2022
Audition de la pétition 2309

Le remboursement des frais de psychologue reste tabou

Florian JAVEL
Florian JAVEL
La santé mentale fait l'objet d'un large consensus selon les politiques, mais l'audition publique de la pétition 2309 a démontré qu'il existe des nuances.

«Soit on achète de la nourriture, soit on dépense de l'argent pour un soutien psychologique. De nombreuses personnes sont confrontées à un choix.» Il y a quelque temps encore, Paula Antunes Quinteira (49 ans) était confrontée à ce dilemme. Il y a cinq ans, cette mère de trois enfants a perdu son mari, qui souffrait alors d'un cancer. Elle a alors fait appel à un soutien psychologique.


Le remboursement des psychothérapies au point mort
Alors que les négociations pour la prise en charge à 100% des thérapies s'éternisent, la caisse nationale de santé annonce, ce mardi, l'échec des pourparlers.

Lorsque sa fille est confrontée à des expériences de harcèlement à l'école, qui pèsent de plus en plus sur sa santé mentale, Antunes Quinteira doit prendre une décision : «Ma fille avait également besoin d'un suivi psychologique, mais je ne pouvais pas me permettre d'assumer le budget pour deux personnes sans aucun remboursement. J'ai donc renoncé à la mienne et suis restée seule avec mes problèmes pour ne pas continuer à voir mon enfant souffrir.»

Après avoir recueilli 5.514 signatures en mai dernier, la pétition 2309 qu'elle a lancée a été entendue publiquement vendredi au Parlement. Sa demande : le remboursement des frais de soins psychologiques par la Caisse nationale de santé (CNS). 

La présidente de la commission des pétitions, Nancy Arendt (CSV), avec l'auteur de la pétition 2309, Paula Antunes Quinteira, et son fils Samuel.
La présidente de la commission des pétitions, Nancy Arendt (CSV), avec l'auteur de la pétition 2309, Paula Antunes Quinteira, et son fils Samuel.
Photo: Chris Karaba

Les remboursements doivent être facilités

Le ministre de la Sécurité sociale, Claude Haagen (LSAP), a tenu à apporter une nuance importante en faisant la distinction entre psychothérapeutes et psychologues. En ce qui concerne le remboursement des frais de psychothérapie par la Caisse nationale de santé, les négociations entre la Fapsylux et la CNS, qui durent depuis 2017, ont certes échoué début septembre, mais une médiation a entre-temps été convoquée.

Entweder man kauft Lebensmittel ein oder man gibt das Geld für eine psychologische Betreuung aus. Viele Menschen werden vor die Wahl gestellt

Paula Antunes Quinteira, autrice de la pétition 2309

Cependant, Fapsylux a annoncé vendredi matin qu'elle ne s'était pas rendue à la première réunion de médiation afin de faire examiner jusqu'à la semaine prochaine le fondement juridique d'une telle médiation. Claude Haagen espère toujours aider Fapsylux et la CNS à trouver une solution rapide et a annoncé qu'il allait intensifier ses efforts dans cette affaire. 


Selon les derniers chiffres communiqués par le ministère de la Santé, la part de personnel infirmier étranger est plus importante que celle des Luxembourgeois.
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Pour les psychologues, sur lesquels se concentre la pétition 2309, la situation est différente : «Contrairement aux psychothérapeutes, nous devrions encore définir ce qu'est un psychologue et le type de service médical qu'il propose», explique Haagen. Pour l'instant, le cadre juridique fait défaut, ce qui rend inenvisageable la prise en charge d'un suivi psychologique par la CNS.

Cet article est paru une première fois sur wort.lu/de

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