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Le prix des carburants monte dans les tours
Luxembourg 4 min. 09.03.2021 Cet article est archivé

Le prix des carburants monte dans les tours

Le sans-plomb 95 est le carburant ayant le plus augmenté cette dernière semaine, ce dernier mois, ces derniers douze mois.

Le prix des carburants monte dans les tours

Le sans-plomb 95 est le carburant ayant le plus augmenté cette dernière semaine, ce dernier mois, ces derniers douze mois.
Photo : Dpa
Luxembourg 4 min. 09.03.2021 Cet article est archivé

Le prix des carburants monte dans les tours

Depuis le début de l'année, pas une semaine où les stations-service n'ont pas été obligées de revoir leurs tarifs à la hausse. Les prix d'avant-crise covid ne vont plus tarder à réapparaître à la pompe.

Habitants et frontaliers invités à rester à la maison, activités à l'arrêt presque totalement, le printemps 2020 avait été marqué par une plongée spectaculaire des besoins en carburants. Et si la diminution frappait les volumes demandés, la récession s'est également traduite par une baisse des tarifs impressionnante : le diesel chutant à 0,83€/litre en avril, et le SP95 à 0,89... Un an plus tard, le covid est toujours là, mais la tendance depuis un trimestre est tout inverse. Explications avec Jean-Marc Zahlen, secrétaire général du Groupement pétrolier luxembourgeois.

A quoi attribuer cette forte augmentation des tarifs à la pompe en 2021?

Jean-Marc Zahlen : "Déjà, dès le 1er janvier, les tarifs ont dû intégrer la taxe carbone instaurée par le gouvernement luxembourgeois. Certes, les prix étaient remontés depuis l'automne, mais l'impact de cette augmentation a été sensible : +5 cents pour le litre de diesel , +4 cents côté essence . Et cette taxe quelle que soit l'évolution des cours du pétrole restera. En 2022, 2023 d'autres hausses sont prévues. Elle a donc un poids structurel constant. Pour cette année, une nouvelle hausse des accises n’a pas été annoncée jusqu’à présent.

Mais 40 à 50% du prix affiché dépend aussi de l'évolution du prix du baril de brent et des cotations sur le marché mondial. Incontestablement, avec la reprise de l'activité économique, l'OPEP et les principaux producteurs ont révisé leurs tarifs. Le baril de brent (70 litres) a ainsi atteint les 70 dollars lundi. Le 10 décembre, il n'était encore qu'à 50$, puis 60 $  début février. Une accélération qui s'est quasiment traduite au Luxembourg par une dizaine de hausses consécutives.

Comment les 238 stations-service luxembourgeoises ont-elles traversé ces douze derniers mois?

"Je dirais que la profession ne s'en sort pas si mal comparée à d’autres. A voir le gouffre béant qui s'était ouvert en avril, mai, il y avait pire à craindre. Au final, disons que les volumes de carburants distribués ont baissé de 20% l'an dernier. Cela signifie 1,7 milliard de litres de diesel vendus (contre 2 en 2019) et 372 millions de litres d'essence (contre 500). De fait, c'est une mauvaise année pour l'ensemble des importateurs. Ce qui nous sauve étant que les transports internationaux aient pu continuer, qu'aucune restriction de circulation majeure n'a été prise et que l'économie luxembourgeoise a pu redémarrer petit à petit.  

 Reste que le recours au chômage partiel a tout de même concerné certaines stations du pays?

"Cette crise a bien entendu aussi concerné nos 3.000 salariés et le millier d'emplois indirects liés à l'activité pétrolière. Mais moins que d'autres professions en ce qui concerne le passage en chômage partiel. Déjà, parce qu'en tant qu'activité jugée essentielle nous n'avons jamais cessé de fonctionner. Durant ces périodes où d'autres commerces étaient à l'arrêt, de nombreux consommateurs se sont dirigés vers nos shops pour se ravitailler. Là aussi, cela a contribué à maintenir certains sites à niveau.

Mais pour les stations proches des frontières, et qui bénéficient habituellement du «tourisme à la pompe», le choc a été plus rude. Et le passage en télétravail longue durée de nombreux frontaliers va peser dans les mois à venir. D'autant plus qu’il y a un lien fort entre l’activité du shop (tabac, alcool, etc) et les ventes de produits pétroliers.

Le trafic poids lourds international, lui, semble se maintenir à un bon niveau. 

De toute façon, le pétrole, c'est fini. Les ventes de véhicules électriques/hybrides décollent, il va falloir adapter l'offre en énergie. Des watts plutôt que du carburant...

«Je ne crois pas que la fin des besoins en diesel et sans-plomb soit si rapide. Et même si les conducteurs ne s'en aperçoivent pas en venant faire leur plein habituel, les stations s'adaptent petit à petit à cette nouvelle mobilité. Les opérateurs s'équipent tous en bornes de recharge électrique quand ce n'est pas l'autorité publique qui s'en charge, comme à Berchem. Toutes les sociétés pétrolières sont aussi engagées dans la neutralité carbone de leur activité d'ici 2050, cela passe par ce genre d'investissements.»


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