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Le prix de la bière aura un goût plus amer en janvier
Luxembourg 3 min. 25.11.2021
Consommation

Le prix de la bière aura un goût plus amer en janvier

Les brasseries luxembourgeoises ont produit 200.770 hectolitres de bière en 2020.
Consommation

Le prix de la bière aura un goût plus amer en janvier

Les brasseries luxembourgeoises ont produit 200.770 hectolitres de bière en 2020.
Photo : dpa
Luxembourg 3 min. 25.11.2021
Consommation

Le prix de la bière aura un goût plus amer en janvier

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
La hausse des coûts d'énergie et des matières premières touchent aussi les brasseurs luxembourgeois. Du coup, le prix du demi deviendra ainsi un peu plus salé pour le consommateur.

Que les buveurs se passent le mot : les brasseurs luxembourgeois s'attendent à augmenter leurs tarifs. La faute tout d'abord à la hausse des prix de l'énergie qui affecte les producteurs de bière comme tout autre citoyen. «Pour nous, cela représentera 100.000 euros de dépense supplémentaire par rapport à 2021», estime ainsi Maurice Treinen, directeur de production de la Brasserie nationale qui compte parmi ses marques Bofferding et Battin.


Firmenoberhaupt Georges Lentz (70): Die Brasserie Nationale trotzt dem Trend.
La Brasserie Nationale se fait mousser
Malgré le déclin du marché de la bière dans le monde et au Luxembourg, le plus grand producteur du Grand-Duché se porte bien. Il affiche un chiffre d’affaires en progression de 2 %, à 10,9 millions et se félicite du succès de la marque Battin, son deuxième fer de lance derrière Bofferding.

A cela, s'ajoute encore la hausse prévisible des matières premières et des éléments nécessaires à la production de bières. Et le directeur de production de lister le montant probable des surcoûts à venir : +15% pour le verre des bouteilles, +15% pour la colle des étiquettes, +60% pour les capsules (avec la hausse des prix de l'acier) et même +30% pour les produits nécessaires au nettoyage des cuves et des contenants.

En plus, sale temps, le houblon et le malt sont également devenus plus chers à cause des retards de récoltes provoqués par les intempéries de cet été. En moyenne, le prix du malt est passé de 400 euros la tonne en 2020 à 500€/t cette année, selon Maurice Treinen. Soit une augmentation de +25% en un an. 

Un marché réduit depuis 2020

La Brasserie de Luxembourg se dit elle aussi touchée par la hausse des matières premières. «Un élément qui inquiète la plupart des acteurs de notre industrie», assure Wim Gallet, le directeur de l'entreprise. Mais sans vouloir entrer dans les détails sur la répercussion de ces augmentations sur ses marques Diekirch et Mousel. «Ces hausses de coûts feront partie de nos interactions avec nos fournisseurs et nos clients», indique seulement Wim Gallet.

La Brasserie nationale, quant à elle, assure que tout sera fait «pour amortir ces augmentations supplémentaires», elles auront toutefois immanquablement un impact sur les prix au bar ou dans les commerces. Le responsable interrogé n'en fait pas mystère. Mais il ne se prononce pas encore sur le niveau de cette augmentation, «encore à l'étude»


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De son côté, la Brasserie Simon se veut plus optimiste. L'entreprise (connue pour ses bières Simon, Ourdaller et Okult) ne compte pas répercuter la hausse de ses frais. «Nous préférons repousser ou renoncer à certains investissements au lieu d'impacter le client», assure Betty Fontaine, directrice générale. Elle estime que, pour son entreprise, la facture d'énergie devrait croître de +25% sur une année.

Cette difficulté s'ajoute à l'impact de la pandémie qui ne laisse pas les brasseries indemnes. «Une crise comme celle-ci, nous n'en avions encore jamais traversée», affirme Betty Fontaine à la tête de la Brasserie Simon depuis 18 ans maintenant. Avec la pandémie, la directrice générale fait état d'une baisse d'un quart de son chiffre d'affaires en 2020 par rapport à 2019. «Même si le virus est imprévisible, je reste optimiste pour remonter rapidement la pente», confie-t-elle.


A restaurant owner checks customers' Covid-19 health passes before installing them at a table at the Rendez vous Restaurant in Ile Rousse on the northern part of the French Mediterranean island of Corsica, on July 23, 2021. - Northern Corsica has a rising number of Covid-19 contaminations this last week, obligating new restrictions. Few restaurants have volunteered to check customers' heath passes and Covid-19 tests, to be able to operate at full capacity. (Photo by Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP)
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Un optimisme partagé par Maurice Treinen qui espère que la crise covid «se terminera mi-2022». De quoi relancer la fréquentation des hôtels, bars et restaurants du Luxembourg. A eux seuls, ils représentaient habituellement la moitié des fûts vendus par la Brasserie nationale. «Un chiffre qui a baissé pour atteindre 30% aujourd'hui», constate Mathias Lentz, le directeur de l'entreprise.

Les entreprises du secteur ont aussi, de fait, moins brassé l'an passé (et certainement en 2021). Selon l'administration des douanes et des accises, 200.770 hectolitres auraient été produits en 2020. Soit près de 88.160 hectolitres de moins qu'avant la survenue du covid. 


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