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Le prêt de main-d'œuvre toujours d'actualité
Luxembourg 3 min. 03.11.2020 Cet article est archivé

Le prêt de main-d'œuvre toujours d'actualité

Cette année bat des records dans les échanges de salariés d'une entreprise à l'autre.

Le prêt de main-d'œuvre toujours d'actualité

Cette année bat des records dans les échanges de salariés d'une entreprise à l'autre.
Photo : AFP
Luxembourg 3 min. 03.11.2020 Cet article est archivé

Le prêt de main-d'œuvre toujours d'actualité

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Faire temporairement appel à des renforts venus d'autres entreprises : ce choix avait été boosté lors de la première vague covid. Mais il pourrait bien connaître le même succès au vu du nombre d'infections et de mises en quarantaine perturbant certaines sociétés.

La mesure ne date pas d'hier. Déjà dans les années 80, à l'heure de la crise sidérurgique, le recours au prêt temporaire de main-d'œuvre avait été une solution. Une possibilité permettant d'éviter le plus souvent des licenciements d'un côté, et la certitude d'obtenir pour un bref délai un ou des effectifs qualifiés pour telle ou telle mission. Les années ont passé, et la mesure n'était guère plus en usage. Sauf depuis que le covid-19 a fait apparition. Ainsi, pour 2020, 109 entreprises ont eu recours à ce dispositif. «Et pour 83 d'entre elles, c'est clairement pour pallier un manque dû à l'impact de l'épidémie», reconnait l'ADEM.

Car c'est en partie à l'Agence pour le développement de l'emploi que revient le suivi de ce qui est défini dans le Code du travail sous l'article L.132-1. Et depuis mars, inutile de dire que l'Adem a largement encouragé cette pratique, validant l'ensemble des demandes qui lui parvenaient. Du coup, 381 salariés ont été mis à disposition par leur employeur à un autre.

Dans cette période où l'activité a considérablement réduit pour certains secteurs quand d'autres peinaient à suivre, 33 entreprises ou organisations («donneuses») ont mis à disposition un ou plusieurs de leurs personnels, quand 50 entreprises («receveuses») accueillaient volontiers ce renfort. Comprenant tout l'intérêt de la mesure, la Chambre de commerce l'avait d'ailleurs reboostée dès mars 2020 en initiant l'opération Jobswith. Et ce jusqu'à fin avril dernier, repassant la main à l'Adem, après avoir mis en lumière 130 possibilités.

Un semestre plus tard, il semble que le dispositif redevienne d'actualité. Si la reprise tarde pour de nombreuses firmes, d'autres doivent faire l'amer constat que le covid-19 les prive à nouveau d'une partie de leurs ressources humaines. Entre infections et cas contacts placés à l'isolement, certains employeurs se retrouvent ainsi en difficulté pour assumer leur production ou les services attendus. A commencer par les services hospitaliers.


visite du Centre de soins avancés (CSA) à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette  - Xavier Bettel - Paulette Lenert - - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
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Aussi dernièrement, c'est la ministre de la Santé en personne qui a décidé d'employer cette possibilité de transfert. Paulette Lenert a ainsi adressé un courrier à l'ensemble des fonctionnaires ministériels pour venir aider les services de soins manquant de bras. L'idée étant, bien entendu, de soulager les personnels de charges administratives plutôt que d'apporter des soins.

«Prêt temporaire de main-d'œuvre», la formule est aussi revenue dans plusieurs négociations sociales. Dans le cas d'ArcelorMittal, du côté de la tripartite du secteur aérien (Luxair, Luxairport...), même chose pour le plan de maintien dans l'emploi en cours de tractation chez Guardian. Autant d'exemples d'entreprises «donneuses». En espérant que des sociétés «receveuses» se fassent toujours connaître dans ces derniers mois de l'année.


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