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Bausch dévoile ses cartes pour fluidifier le trafic
Luxembourg 10 min. 23.04.2022
Plan national de mobilité

Bausch dévoile ses cartes pour fluidifier le trafic

Si la population augmente plus rapidement que prévu, le plan devra être ajusté et, si nécessaire, mis en œuvre plus tôt.
Plan national de mobilité

Bausch dévoile ses cartes pour fluidifier le trafic

Si la population augmente plus rapidement que prévu, le plan devra être ajusté et, si nécessaire, mis en œuvre plus tôt.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 10 min. 23.04.2022
Plan national de mobilité

Bausch dévoile ses cartes pour fluidifier le trafic

Alors que le Grand-Duché devrait compter 40% d'habitants et d'emplois en plus d'ici 2035, voici comment le ministère de la Mobilité veut éviter la congestion totale des infrastructures de transport d'ici là.

(BaL avec Steve REMESCH) D'ici 2035, le nombre d'habitants et d'emplois augmentera de 40% par rapport à 2017 - et ce n'est qu'un scénario de croissance moyen. Il est évident que le pays ne peut pas simplement supporter autant de trafic routier en plus. Afin d'éviter une paralysie totale de la circulation, le ministère de la Mobilité a élaboré le plan national de mobilité 2035.

Contrairement au concept Modu 2.0 présenté en 2018, il s'agit d'une feuille de route concrète qui sera réévaluée, et éventuellement adaptée, tous les cinq ans.

François Bausch : «Ce calendrier nous montre ce que nous devons faire pour que nous soyons toujours mobiles en 2035 – malgré la croissance.»
François Bausch : «Ce calendrier nous montre ce que nous devons faire pour que nous soyons toujours mobiles en 2035 – malgré la croissance.»
Photo: Gerry Huberty

«Cette feuille de route nous montre ce que nous devons faire pour qu'en 2035 - malgré la croissance - nous soyons encore mobiles», explique le ministre de la Mobilité, François Bausch (Déi Gréng), ce vendredi après-midi lors de la présentation aux Rotondes, à laquelle la presse internationale était également conviée. Cela suffit à donner une idée de l'ambition avec laquelle le gouvernement veut aborder la mise en œuvre de ce plan d'avenir. 

Car, très clairement, l'enjeu est de taille: il ne s'agit pas seulement de préserver le pays d'un effondrement de ses infrastructures de transport, mais aussi d'offrir aux citoyens la meilleure mobilité possible. Et le concept, s'il trouve effectivement l'écho espéré dans la pratique, devrait révolutionner la mobilité au Luxembourg.

Pour établir le Plan national de mobilité 2035, le comportement actuel des Luxembourgeois et des frontaliers en matière de mobilité a d'abord été analysé, avec trois priorités: la capitale et sa ceinture périphérique, le sud urbain et la Nordstad.

En effet, 42 % des déplacements ont lieu dans l'une de ces trois agglomérations. «Contrairement aux zones rurales, où la voiture joue un rôle plus important, nous devons miser davantage sur les alternatives dans les zones urbaines. Ainsi, le vélo, le bus, le tram et la marche sont essentiels», souligne Bausch. «Nous devons créer une offre de mobilité urbaine.»

Qui veut encore imaginer 40% de trafic en plus dans les villes et les localités ?

François Bausch

Mais l'offre doit également être adaptée aux zones rurales, ajoute-t-il. Les zones industrielles, les institutions nationales, les grands projets de construction de logements doivent être étroitement reliés aux transports publics, avec de bonnes connexions. «Nous ne devons pas répéter une erreur», affirme François Bausch. «Nous ne devons pas en discuter pendant 15 ans. Si nous voulons maîtriser la situation, nous devons nous y atteler immédiatement.»

Cinq solutions rapides

Il s'agit notamment d'offrir à l'usager des transports publics le confort élevé qu'il connaît en voiture. Le système automobile a atteint ses limites parce qu'il prend trop de place par personne: les embouteillages en sont la conséquence inévitable. «Nous avons donc besoin d'alternatives qui sont si bonnes que nous préférons les utiliser plutôt que la voiture», explique François Bausch.

La multimodalité, c'est-à-dire l'utilisation de différents moyens de transport, devient un facteur clé pour se déplacer.
La multimodalité, c'est-à-dire l'utilisation de différents moyens de transport, devient un facteur clé pour se déplacer.
Photo: Gerry Huberty

La popularité du vélo doit être perçue comme une chance - et il est imbattable sur les courtes distances. «Bien sûr, personne n'est forcé de prendre le vélo», souligne François Bausch. «Et on doit encore pouvoir se rendre partout en voiture. Mais nous devons offrir les bonnes infrastructures aux personnes qui veulent utiliser le vélo. Cela créera alors à nouveau plus de place sur les routes.»


A person rides a bicycle in Bogota on May 19, 2020, after the city's mayor expanded bicycle lanes temporarily during the COVID-19 pandemic so people can avoid mass public transport as a preventive measure against the spread of the novel coronavirus. - Latin American cities are beginning to implement their 'new normal' with the introduction of bicycle lanes, widened sidewalks and distance signs, to overcome the COVID-19 emergency in urban spaces already affected by overcrowding, crowded transport and pollution. (Photo by Raul ARBOLEDA / AFP)
«Le vélo ne peut être l'unique solution» dans la capitale
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En outre, les capacités des transports publics peuvent encore être augmentées de manière substantielle d'ici 2035. Les voies réservées au covoiturage sur les autoroutes, c'est-à-dire celles réservées aux véhicules transportant au moins trois personnes, sont une autre solution. Enfin, le ministère de la Mobilité présentera à la fin de l'année une stratégie de stationnement que les communes pourront mettre en œuvre immédiatement.

Nouveau pôle d'échange Hollerich

Ce plan national de mobilité vise à transformer concrètement les différents réseaux de transport actuels en un seul et unique réseau multimodal qui regroupe la route, le rail, le vélo et la marche. Cette transversalité sera planifiée à partir des pôles d'échange, et en fonction des besoins des utilisateurs.

A l'avenir, le réseau routier ne sera plus conçu exclusivement pour les automobiles, a annoncé le ministre de la Mobilité, François Bausch.
A l'avenir, le réseau routier ne sera plus conçu exclusivement pour les automobiles, a annoncé le ministre de la Mobilité, François Bausch.
Photo: Gerry Huberty

La brochure de 200 pages sur le plan de mobilité présente quatorze mesures pour un réseau ferroviaire plus efficace. Outre un nouveau centre de gravité à Diekirch, il s'agit notamment d'un nouveau triangle ferroviaire à Differdange, qui reliera directement le sud de la ville à la capitale via Bascharage.

En outre, l'extension et le déplacement de la gare de Hollerich directement par la route d'Esch amènera les habitants de Pétange, Differdange et au-delà directement au tram et donc à la Cloche d'Or, au centre et au Kirchberg.

Quatre nouveaux trajets de tram

En effet, selon le plan, Hollerich accueillera l'une des quatre nouvelles lignes de tram qui, parallèlement à l'axe principal entre la Cloche d'Or et le Kirchberg, mènera en huit minutes de la Cloche d'Or à la gare de Hollerich via la route d'Esch et en huit autres minutes à la place de l'Etoile.

Il y aura également une ligne via le nouveau boulevard de Merl vers le centre hospitalier et via la route d'Arlon, ainsi qu'une liaison vers les nouveaux quartiers de la partie nord du Kirchberg.

Le tramway devient le moyen de transport urbain par excellence dans la capitale et au-delà.
Le tramway devient le moyen de transport urbain par excellence dans la capitale et au-delà.
Photo: Gerry Huberty

Une liaison vers Mamer n'est actuellement considérée que comme une option. La liaison complétée de l'aéroport à la Cloche d'Or via Luxexpo est déjà en construction et le tram rapide de la Cloche d'Or à Beles via Leudelange, Schifflange, Esch/Alzette et Belval est en préparation.

Un autre point décisif du plan de mobilité est de sortir le bus des embouteillages. Pour ce faire, la solution est de créer des couloirs de bus avec des cadences très élevées. Les bus doivent amener les gens rapidement à destination, tant sur les courtes que sur les longues distances.

Les voies réservées aux bus devraient améliorer considérablement la qualité des transports publics.
Les voies réservées aux bus devraient améliorer considérablement la qualité des transports publics.
Photo: Gerry Huberty

Le plan de mobilité devrait également améliorer considérablement les trajets à pied. «Pourquoi, dans une rue principale, seule la voiture devrait-elle pouvoir aller tout droit, alors que les piétons doivent faire un détour à chaque carrefour», estime François Bausch. Le «trottoir traversant» est une solution clé qui, en outre, contribue également à modérer le trafic dans les rues secondaires. 

Le vélo doit devenir le deuxième moyen de transport individuel à part entière.

François Bausch

Une meilleure infrastructure permettrait également de faire du vélo le deuxième moyen de transport individuel à part entière. «Mais nous n'avons pas besoin de n'importe quelle infrastructure. Non, le vélo a besoin et mérite la même qualité que la voiture. Tout le monde comprendra qu'avec 40% de besoins supplémentaires, en particulier dans les villes, la mobilité individuelle ne sera plus possible uniquement en voiture», fait remarquer François Bausch.

La classification fonctionnelle

Le plus grand défi est de rendre le réseau routier à nouveau multimodal. Cela permettrait d'utiliser l'infrastructure de manière efficace. Et pour cela, il faut faire la distinction entre les routes où la voiture doit vraiment progresser et les autres, où la voiture peut certes circuler, mais où d'autres moyens de transport sont plus importants. Cela est possible grâce à une classification fonctionnelle du réseau routier.

Des infrastructures efficaces devraient rendre le cyclisme sûr et attrayant pour tous les groupes d'âge.
Des infrastructures efficaces devraient rendre le cyclisme sûr et attrayant pour tous les groupes d'âge.
Photo: Gerry Huberty

Concrètement, cela implique de définir l'utilité réelle souhaitée d'une route. Une rue résidentielle ne doit pas pouvoir être une voie détournée pour le trafic de transit. Celui-ci doit rester sur les routes principales. «Cela ne veut pas dire que chaque localité aura désormais un contournement, mais quelques-unes s'y ajouteront certainement», souligne François Bausch. 


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Les routes secondaires doivent être réduites de manière substantielle. La circulation automobile reste possible, mais elle doit y être moins attrayante que sur les routes principales. L'espace ainsi gagné permettrait d'accorder un rôle plus important aux bus, aux vélos et aux piétons.

Itinéraires cyclables à travers la campagne

«Si le vélo doit devenir le deuxième moyen de transport individuel, il doit être possible d'aller de porte à porte partout dans le pays», souligne François Bausch. «Et les gens de tous âges ne le font que si c'est sûr.» À l'exception des rues à circulation extrêmement réduite dans les quartiers résidentiels, les cyclistes doivent bénéficier d'un espace séparé, non seulement séparé du trafic automobile, mais aussi des piétons. En ville, le cycliste doit pouvoir se rendre plus rapidement au centre-ville que l'automobiliste - recherche de place de parking comprise. 

François Bausch veut faire du vélo la deuxième forme de mobilité à part entière et développer considérablement les sentiers pédestres.
François Bausch veut faire du vélo la deuxième forme de mobilité à part entière et développer considérablement les sentiers pédestres.
Photo: Gerry Huberty

En dehors des villes, les pistes existantes doivent être utilisées autant que possible, si elles n'impliquent pas de trop grands détours. Et ici, des itinéraires cyclables doivent désormais être introduits sur les routes de campagne qui ne jouent qu'un rôle mineur pour la circulation automobile, sur le modèle des routes cyclables - avec une limitation de vitesse de 50 km/h pour les voitures. Celles-ci sont très répandues dans les zones rurales aux Pays-Bas, d'après François Bausch.

34 mesures pour une circulation automobile fluide

Pour la seule capitale, le plan de mobilité prévoit en outre 34 mesures destinées à favoriser la circulation automobile, même si la priorité est donnée aux transports publics et à la mobilité douce. Il s'agit par exemple d'une nouvelle liaison entre la N7 et la N11 en direction d'Echternach près de Dommeldange et d'une nouvelle sortie d'autoroute Sandweiler/Contern sur l'A1, afin de sortir les camions du labyrinthe de l'arrondissement.

Le trafic motorisé devrait pouvoir circuler beaucoup plus facilement sur les voies de transit.
Le trafic motorisé devrait pouvoir circuler beaucoup plus facilement sur les voies de transit.
Photo: Gerry Huberty

Les plans du boulevard de Merl et du boulevard de Cessange sont déjà connus. Mais il y aura également une nouvelle liaison entre la N6 et l'A6 à Strassen ainsi qu'un autre accès autoroutier à l'ouest de la capitale.

Ces liaisons transversales plus rapides permettront ensuite de prendre d'importantes mesures de modération du trafic dans l'espace urbain. François Bausch cite à titre d'exemple sept zones : entre Beggen et la place d'Argent, Hesperange, la route d'Esch, Leudelange, le Salzhof, la route de Longwy et la route d'Arlon entre le centre hospitalier et Strassen. Et parallèlement, les transports publics seront améliorés grâce à 16 projets concrets dans et autour de la ville. En outre, quatre pistes cyclables express seront créées.

Les détails du plan de mobilité 2035 peuvent être consultés dans une brochure d'environ 200 pages, disponible en trois langues, aussi bien sous forme de livre que sous forme numérique sur www.pnm2035.lu. François Bausch présentera en outre le plan dans dix localités à partir de lundi prochain et pendant cinq semaines.

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