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Le parti Pirate avance ses pions
Luxembourg 3 min. 10.05.2021

Le parti Pirate avance ses pions

Douze ans après la fondation du parti et trois ans après son entrée à la Chambre, Sven Clement entend ancrer les Pirates comme un "parti d'opposition constructif".

Le parti Pirate avance ses pions

Douze ans après la fondation du parti et trois ans après son entrée à la Chambre, Sven Clement entend ancrer les Pirates comme un "parti d'opposition constructif".
Photo : Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 10.05.2021

Le parti Pirate avance ses pions

A l'occasion de son congrès national, le plus jeune parti représenté à la Chambre a rappelé combien il entendait se mêler au débat d'idées. Et cela même si le gouvernement reste souvent sourd aux propositions avancées.

(pj avec Glenn Schwaller) «Nous avons trouvé notre place en tant que parti d'opposition constructif.» Le ton était bien au satisfecit interne à l'heure du congrès national du parti Pirate, samedi dernier. Avec un Sven Clement prêt à décerner les mauvaises notes à la politique gouvernementale. A ses yeux, deux points méritent les critiques les plus vives de la coalition DP-LSAP-Déi Gréng le manque de transparence dans la conduite des affaires et l'absence de ligne de conduite claire dans la gestion de la crise covid.


Politik, Parlamentswahlen 2018, élections législatives , Wahlen, Urne, Politiker, photo : Caroline Martin©
2,6 millions d'euros d'aides dans la poche des partis
Qui a reçu le plus? Quelle formation est la plus dépendante des dotations d'Etat? Y a-t-il eu des irrégularités de gestion? La Cour des comptes vient de rendre son analyse sur les finances des sept formations représentées à la Chambre.

Et cette fois, dans les échanges à distance avec les militants, c'est le porte-parole du parti Pirate, Starsky Flor, qui s'est montré le plus mordant. Dénonçant notamment l'instauration et la poursuite du couvre-feu. Selon lui, l'absence de plan de Xavier Bettel et ses ministres a eu un double impact négatif. Cela aurait alimenté le désenchantement de la population à l'égard de la politique, et apporté de l'eau au moulin des complotistes en tous genres. 

Parmi les reproches du parti, qui compte deux députés à la Chambre, Starsky Flor est également revenu sur le refus systématique de la majorité de ne pas intégrer les propositions des autres familles politiques. Rendant de fait le travail en commission plus stérile que fertile. Pas de quoi toutefois modérer les enthousiasmes des opposants Pirate qui, à mi-mandat, entendent continuer à peser sur les débats, «en tant que parti d'opposition constructif».

Une reprise, oui mais solaire

Lors de ce congrès tenu depuis Schengen l'européenne, Sven Clement et les siens ont aussi abordé la question de la reprise post-covid. Un redémarrage qui doit inévitablement réussir le mariage entre économie et écologie. D'ailleurs, la formation politique a présenté son «Plan de relance verte», document axé notamment par l'accroissement des énergies d'origine renouvelable dans la consommation du pays. Tendance qui, aux yeux des Pirates, pourrait passer par l'implantation de plus de panneaux solaires dans le pays. Avec cette idée : «Si on mettait une installation photovoltaïque sur 80.000 bâtiments, le pays serait en mesure de s'auto-alimenter en électricité, et cela pour un investissement de moins d'un milliard d'euros». 


Fonds du Logement et SNHBM en deçà de leurs objectifs
2020 aura aussi été une sale année pour la mise à disposition de logements accessibles par les deux promoteurs publics. Mais les projets immobiliers et les réserves foncières à disposition permettent de voir grand pour l'avenir.

Cette reprise passe aussi par un accroissement de l'offre immobilière, point noir du développement luxembourgeois. Pour les Pirates, le secteur public (SNHBM, Fonds du Logement, Abitatio, etc) doit être encore plus actif en termes de constructions. Et Sven Clement de pointer du doigt un gouvernement qui se contenterait de voir les prix flamber sans rien faire. 

Et si pour bâtir plus de logements accessibles au plus grand nombre, il faut trouver des moyens financiers, les opposants ont une proposition : demander aux puissantes multinationales de payer davantage d'impôts (et soulager les plus petites sociétés). «Il n'est pas possible que de si grandes entreprises utilisent les routes financées par l'argent des contribuables pour la livraison de leurs produits, elles fassent aussi tout pour ne pas avoir à cofinancer ces routes», a déclaré l'eurodéputé. Un clin d’œil appuyé à la situation d'Amazon qui, après une année record en matière de chiffre d'affaires, n'aura pas à s'acquitter d'impôts sur les bénéfices cette année.

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