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Le «ni oui ni non» de Xavier Bettel
Luxembourg 2 min. 04.06.2020

Le «ni oui ni non» de Xavier Bettel

Le «ni oui ni non» de Xavier Bettel

Photo: Lex Kleren
Luxembourg 2 min. 04.06.2020

Le «ni oui ni non» de Xavier Bettel

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Interrogé une nouvelle fois sur ses intentions de convoquer une tripartite pour répondre aux difficultés économiques engendrées par la crise sanitaire, le Premier ministre botte en touche, assurant que d'autres moyens ont d'ores et déjà été mis en oeuvre.

Un comité tripartite verra-t-il le jour ? La demande des syndicats pourrait en effet être mise en place... ou pas, à en croire la réponse de Xavier Bettel (DP) à une question parlementaire, publiée jeudi. 

Conformément à sa ligne de conduite, le chef du gouvernement se refuse à utiliser un outil créé dans les années 1970 en réponse à la crise de la sidérurgie. Car pour lui, la pandémie relève «d'une urgence sanitaire» et non «de considérations structurelles». Une référence au modèle luxembourgeois actuel créé sur fond de déclin de ce qui était, il y a près de 50 ans, le principal pilier économique du pays. 


Politik, Sommerinterview Pierre Gramegna, Minister der Finanzen, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Le Luxembourg met «5% de son PIB» sur la table
Le pacte de redémarrage, annoncé mercredi par le Premier ministre, a été détaillé par le ministre des Finances. Un plan supplémentaire de «700 à 800 millions d'euros» voué à permettre que tout le monde «joue le jeu des liquidités».

Si Marc Spautz (CSV) estime lui qu'il s'agit là de «l’un de ces instruments, voire l’instrument par excellence» à mettre en œuvre en temps de crise, Xavier Bettel interprète les choses différemment. Car à situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Et à lui de souligner qu'un «ambitieux plan de relance destiné à poser les jalons pour un nouveau départ de l'économie luxembourgeoise» a été présenté. Une référence directe au bouclier de 8,8 milliards d'euros d'aides et à la rallonge de quelque 700 à 800 millions d'euros supplémentaires. 

Des mesures qui ont «très certainement» contribué  «à éviter au maximum les licenciements, à préserver le tissu entrepreneurial et à préparer une relance économique placée sous le signe de la durabilité», estime le chef du gouvernement. 

Et Xavier Bettel ne manque pas de rappeler que le gouvernement s'est concerté, tout au long de la crise, avec les représentants des organisations patronales et syndicales. Sauf que s'il les a entendus, le chef du gouvernement ne les a pas pour autant écoutés. Aucune décision concernant le recours à un comité de conjoncture tripartite n'a été ainsi prise à ce jour. 

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