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Le moral des salariés donne des signes de fatigue
Luxembourg 3 min. 21.01.2020 Cet article est archivé

Le moral des salariés donne des signes de fatigue

Le risque de dépression au travail concerne surtout les 25-34 ans.

Le moral des salariés donne des signes de fatigue

Le risque de dépression au travail concerne surtout les 25-34 ans.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 3 min. 21.01.2020 Cet article est archivé

Le moral des salariés donne des signes de fatigue

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le risque de dépression au travail augmente dans les entreprises du Luxembourg. L'avis provient de la Chambre des salariés qui estime que près de 26,7% des embauchés pourraient être confrontés à cet état de détresse.

Epuisement, fatigue profonde, désinvestissement dans votre activité, sentiment d’échec et d’incompétence: voilà quelques symptômes de plus en plus fréquents dans l'environnement professionnel. Et à étudier ces situations de burn-out, la Chambre des salariés (CSL) vient de publier un constat guère positif: «Le risque de dépression au travail est à un niveau élevé au Luxembourg, ainsi qu'en comparaison aux autres pays».

Le reflet de la santé morale du salariat au Grand-Duché figure même dans le haut du classement en Europe. Avec un taux de risque proche des 26,9% (plus un salarié sur quatre donc), le Luxembourg figure à une peu envieuse 7ème place en Europe. Bien loin de la Norvège ou de la Tchéquie dont le ratio tourne autour des 9% seulement (moins d'un salarié sur 10). 

N'en déplaise aux a priori, mais la dépression se conjugue quasiment tout autant au masculin qu'au féminin dans le pays. De 29,7% de risque chez les femmes, les statistiques descendent à 24,7% chez les hommes. Les enquêtes menées sur 1.495 employés relèvent un même équilibre entre salariés en couples ou célibataires, signe que l'environnement familial ne protège pas mieux des dangers d'une entreprise devenue lieu de souffrance morale.


Stress, Arbeit, Frau, Burn-out (Foto: Shutterstock)
Le burn-out de plus en plus fréquent au Luxembourg
Officiellement, 239 cas de burn-out ont été pris en charge par le service de santé au travail des secteurs tertiaire et financier, en 2018. Cela représente une augmentation de 37% par rapport à 2017.

Par contre, le lieu de vie semble avoir une nette influence sur la fragilité face à un contexte professionnel pesant. Sans doute la distance maison-travail influence-t-elle la lourdeur ressentie face aux exigences professionnelles. 

Ainsi, les salariés résidant au Grand-Duché ou en Belgique figurent parmi les mieux armés pour résister à cette pression psychique (24,8% de risque). Par contre, le danger de finir en dépression au travail grimpe pour les frontaliers allemands (29,9%) et plus encore pour les Français (30,5% potentiellement concernés).

L'ancienneté dans la fonction ou dans l'entreprise semble, elle aussi, avoir son importance dans le déclenchement d'une dépression professionnelle. Le phénomène s'avère ainsi particulièrement préoccupant après 20 ans d'exercice. Au-delà de la double décennie, près de 31% des salariés peuvent être sujets à un burn-out. Même fragilité relevée selon la nature du contrat de travail. L'incertitude du lendemain à attribuer aux personnes en contrat à durée déterminée se traduisant par une «fragilité» (36,8% de risque) plus grande que chez leurs homologues en CDI (26,3%).


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