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Le monopole de «SuperDrecksKëscht» en ligne de mire
Luxembourg 2 min. 24.02.2021 Cet article est archivé

Le monopole de «SuperDrecksKëscht» en ligne de mire

Spécialisé dans la collecte et le recyclage de produits problématiques issus des ménages, le service «SuperDrecksKëscht» serait opéré via un partenariat privilégié entre l'Etat et la société privée allemande Oeko-Service Luxembourg SA.

Le monopole de «SuperDrecksKëscht» en ligne de mire

Spécialisé dans la collecte et le recyclage de produits problématiques issus des ménages, le service «SuperDrecksKëscht» serait opéré via un partenariat privilégié entre l'Etat et la société privée allemande Oeko-Service Luxembourg SA.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 2 min. 24.02.2021 Cet article est archivé

Le monopole de «SuperDrecksKëscht» en ligne de mire

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Carole Dieschbourg, ministre de l'Environnement, et Franz Fayot, ministre de l'Economie, devront s'expliquer ce mercredi, devant les députés, sur le contrat conclu entre l'Etat et la société Oeko-Service Luxembourg SA, soupçonnée de s'enrichir avec des fonds publics.

Réunis mercredi après-midi, les membres des commissions Economie et Environnement se pencheront sur les soupçons entourant le fonctionnement de «SuperDrecksKëscht», le service de collecte et recyclage des produits problématiques issus des ménages. Révélée par nos confrères de Reporter.lu, l'affaire repose non seulement sur la position de monopole exercée par la société privée allemande Oeko-Service Luxembourg SA mais aussi sur les liens étroits qui existent entre les actionnaires de la société et le directeur de l'administration de l'Environnement.


Les ordures ménagères passées au crible
Qu'est-ce qui finit dans vos poubelles grises? Alors que le ministère de l'Environnement présente ce lundi sa stratégie «zéro déchet», petit tour dans la «SuperDrecksKëscht» où 30 tonnes de déchets ont été analysées à la loupe pour une étude.

Sollicité par les députés Piraten et ADR, l'échange avec Carole Dieschbourg (Déi Gréng) et Franz Fayot (LSAP) doit donc viser à éclaircir le fonctionnement d'un partenariat privilégié qui aurait coûté plus de 100 millions d'euros à l'Etat au cours de la décennie écoulée, selon les calculs de nos confrères. Si le ministre de l'Economie devra répondre d'une éventuelle distorsion de concurrence liée à la position monopolistique d'Oeko-Service Luxembourg SA, les questions devraient se concentrer sur la ministre de l'Environnement, ministre de tutelle de Robert Schmit, directeur de l'administration de l'Environnement.

Car ce dernier se trouve être le parrain de la fille de l'un des actionnaires de la société allemande et que son fils occupe un poste à responsabilité au sein d'Oeko-Service. Une société qui fournit également des formations et des conseils sur la gestion des déchets. Selon nos confrères du Luxemburger Wort, le ministère de l'Environnement aura déboursé, en 2020, 613.000 euros pour ce programme, alors même que très peu de formations ont été dispensées l'an passé, en raison de la crise sanitaire. 

Au total, 9.778 heures ont été facturées à un taux horaire de 62,71 euros, notamment «pour le développement du projet EcoBox», précise le ministère. Selon le nouveau contrat signé en 2018 entre l'Etat et Oeko-Service Luxembourg SA, le service «SuperDrecksKëscht» coûtera 97,54 millions d'euros jusqu'en 2029 pour la gestion moyenne de 2.000 tonnes de déchets par an. Dans une réponse parlementaire publiée ce mercredi, Carole Dieschbourg indique que l'attribution de ce nouveau contrat s'est faite «suite à un appel d'offre européen, conformément aux règles de la loi sur les marchés publics» et précise d'ores et déjà que face aux «suspicions» soulevées, «un audit sera réalisé».

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