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Le mode de vie masculin plus exposé au cancer
Luxembourg 5 min. 04.02.2020 Cet article est archivé

Le mode de vie masculin plus exposé au cancer

Plus de 150 messieurs décèdent en moyenne du cancer des poumons, chaque année au Luxembourg. C'est le cancer à l'origine du plus grand nombre de décès.

Le mode de vie masculin plus exposé au cancer

Plus de 150 messieurs décèdent en moyenne du cancer des poumons, chaque année au Luxembourg. C'est le cancer à l'origine du plus grand nombre de décès.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 5 min. 04.02.2020 Cet article est archivé

Le mode de vie masculin plus exposé au cancer

Maurice FICK
Maurice FICK
Près de 1.100 personnes meurent d'un cancer au Luxembourg chaque année. Les hommes sont plus touchés que les femmes car ils sont «plus soumis à des facteurs de risques», explique la directrice de la Fondation cancer. Mais le facteur de risque le plus important reste l'âge.

«Chacun de nous a une histoire similaire et connaît quelqu'un qui a le cancer», a posé ce 4 février Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne en racontant l'impuissance de sa famille et du corps médical lorsque sa petite sœur avait été confrontée au fléau. 

En cette Journée mondiale de lutte contre le cancer, l'Union européenne présente son «Plan cancer» à Bruxelles tandis qu'à Luxembourg, Paulette Lenert, sait déjà que ce sera aussi l'un des grands combats qu'elle devra mener.  Dès le moment où la ministre de la Coopération et de la Protection des consommateurs acceptera officiellement le portefeuille ministériel de la Santé, ce jeudi après-midi devant le Grand-Duc, tandis qu'Etienne Schneider fera sa révérence.


Breast cancer awareness. Woman in pink bra holding a pink ribbon, a reminder of the importance of breast examination in healthcare and medicine, to maintain and sustain a cancer-free, healthy lifestyle.
Les décès causés par le cancer à la hausse
La Direction de la santé a publié ses derniers résultats sur les principales causes de mortalité au Grand-Duché. Malgré une légère baisse, les maladies cardiovasculaires restent la cause principale alors que le cancer chez les femmes progresse.

Au Luxembourg l'ampleur de la tâche tient en deux chiffres: près de 3.000 nouveaux cas de cancer apparaissent chaque année et un peu plus de 1.100 personnes en meurent. Deux chiffres, plus ou moins stables, depuis plus d'une dizaine d'années alors que la population du pays n'a cessé de croître. 

Les hommes plus exposés et ça s'explique

Le fléau était à l'origine de 28% de tous les décès au Luxembourg en 2017. Si les chiffres officiels peinent un peu à être remis à jour, c'est parce qu'«il y a un retard monstre» depuis que l'Institut national du cancer (INC) a repris la main en 2016, explique Lucienne Thommes, directrice de la Fondation cancer.

Fait est que le cancer demeure la première cause de décès chez les hommes. Il est responsable de 32% des décès chez les hommes et de 26% de tous les décès, chez les femmes. Une différence qui s'explique clairement par le mode de vie de la gent masculine qui accumule les facteurs de risque.

«Les hommes fument plus que les femmes et nous savons qu'un cancer sur trois est lié au tabagisme», pose d'emblée Lucienne Thommes. Outre l'hypothèse de la mutation des gènes qui les défavoriserait, «les hommes boivent plus d'alcool que les femmes et ils mangent par exemple davantage de viande aussi. Ce sont autant d'éléments qui font que...», résume-t-elle. Toutefois «l'écart entre les taux masculins et féminins semble se réduire au cours du temps», indique le Plan national cancer 2020-2024 publié par la Direction de la Santé.  

Une constante sur les 15 dernières années: le cancer du poumon est celui qui cause le plus de décès, côté hommes, et le cancer du sein est à l'origine du plus grand nombre de décès, côté femmes.

En cette journée mondiale de lutte, le ministère de la Santé rappelle que le cancer n'est pas une fatalité car «40% des cancers pourraient être évités en adoptant un mode de vie plus sain!», lance-t-il, comme un slogan. En clair 40% des cancers s'expliquent par le mode de vie risqué choisi «mais ce n'est pas parce qu'on fait tout très bien, qu'on ne peut pas avoir de cancer», pose la présidente de la Fondation cancer. Car reste l'incontrôlable facteur de «la mutation des gènes».

Les plus de 60 ans sont les plus touchés

«C'est d'ailleurs l'âge le facteur de risque le plus important parce qu'il y a de plus en plus de divisions cellulaires avec l'âge, en plus des facteurs de risque», résume Mme Thommes.

Près de la moitié des personnes décédées par tumeur décède entre l'âge de 60 et 79 ans. En 2016, l'âge moyen de décès par tumeur était de 71,5 ans chez les hommes et de 73,3 ans chez les femmes.  


Les chiffres livrés par le registre des causes de décès sont toutefois à prendre avec des pincettes en ce qui concerne la tranche d'âge des plus jeunes, les 0 à 19 ans. Comme l'indique la Direction de la Santé, de nombreux enfants et jeunes adolescents malades de cancers décèdent dans des établissements hors des frontières luxembourgeoises. Ils ne figurent, par conséquent pas, sur le registre des causes de décès.

On retiendra globalement que la moitié des décès par cancer sont dus au cancer du poumon, cancer colorectal, cancer du sein, cancer de la prostate et cancer du pancréas quel que soit le sexe.

 Les priorités du Plan national cancer

Le Plan national cancer (PNC) poursuit les efforts de lutte coordonnée contre le cancer lancée au niveau gouvernemental depuis 2014. Il suit les recommandations du partenariat européen d'action contre le cancer (EPAAC), comme la stratégie proposée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).  

Si le PNC 2020-2024 a pour thème transversal le soutien au patient, ses principales priorités sont la digitalisation des échanges de données et l'expansion des systèmes d'information du pays, l'implémentation d'une génétique moderne et de la pathologie moléculaire à travers le développement du Centre national de génétique humaine (CNGH). Sans oublier une structuration de l'oncologie en réseaux de compétences, le développement de la recherche en oncologie translationnelle, et la reconnaissance du rôle central de l'Institut National du Cancer, installé à deux pas du CHL à Strassen.


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