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«Le mobbing reste encore et toujours un sujet tabou»
Luxembourg 3 min. 25.05.2021

«Le mobbing reste encore et toujours un sujet tabou»

Magdalena Mida, directrice de Mobbing asbl, plaide pour la mise en place d'une loi basée sur «la prévention, la protection, la réglementation et des sanctions».

«Le mobbing reste encore et toujours un sujet tabou»

Magdalena Mida, directrice de Mobbing asbl, plaide pour la mise en place d'une loi basée sur «la prévention, la protection, la réglementation et des sanctions».
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 25.05.2021

«Le mobbing reste encore et toujours un sujet tabou»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Si la question du harcèlement au travail revient sur le devant de la scène, les mentalités peinent à évoluer, assure la Mobbing asbl qui a vu ses prises de contact s'envoler ces derniers mois. Un phénomène qui devrait se poursuivre avec le vote, «avant l'été», de la première loi sur le sujet.

Présenté par le Premier ministre comme «évident», l'impact de la pandémie sur la santé mentale devient de plus en plus visible. Si cela se traduit aussi bien par une baisse du moral des résidents que par le besoin de former des milliers de citoyens aux premiers secours psychologiques, la tendance s'illustre aussi par la hausse des signalements de cas de harcèlement au travail. 


Rude diverse colleagues humiliating offending stressed upset young african woman leader suffering from gender racial discrimination during meeting or feeling exhausted tired of responsibility at work
«Le mobbing est plus que présent au Luxembourg»
Remise sur le devant de la scène médiatique via la sanction infligée à l'eurodéputée Monica Semedo, la question du mobbing sur le lieu de travail constitue une réalité au Luxembourg. Même en période de télétravail intensif. Un phénomène, à ce jour, toujours pas encadré par la loi.

Si le phénomène n'a rien de nouveau, il prend ces derniers mois une ampleur particulière, notamment en raison de la multiplication des affaires. Que ce soit les plaintes déposées à la Fondation Kraïzbierg, les soupçons émis contre la direction des Hôpitaux Robert-Schuman ou bien encore «l'affaire Semedo». «A chaque fois qu'un tel événement est médiatisé, nous recevons une vague d'appels et de prises de contact», confirme Magdalena Mida, directrice de la Mobbing asbl, qui précise que «la tendance s'observe pour 2020, mais aussi sur le début de l'année 2021».

Concrètement, l'association luxembourgeoise contre le harcèlement moral et le stress au travail a enregistré près d'une centaine de sollicitations par mois depuis le début de l'année, contre un peu de moins de la moitié en moyenne précédemment. Un engouement qui n'est toutefois pas synonyme de changement de paradigme puisque «si le phénomène de mobbing est connu, il reste encore et toujours tabou», assure la psychologue qui pointe du doigt le flou législatif encore en vigueur au Luxembourg. Autrement dit, l'absence de définition claire du harcèlement moral en entreprise.

Si l'Inspection du travail et des mines la présente comme «une relation conflictuelle sur le lieu de travail, aussi bien entre collègues qu'entre supérieurs et subordonnés» dont la victime doit être «agressée de façon répétitive, systématique et pendant un certain temps» avec pour finalité une volonté «de l'exclure», cette définition n'a rien d'officiel. Mais reprend les conclusions du psychosociologue suédois Heinz Leymann, auteur du concept de mobbing. 

Pour l'association conventionnée par le ministère du Travail, le futur cadre légal doit être basé sur «la prévention, la protection, la réglementation et des sanctions» afin de permettre aux victimes d'avoir la possibilité d'aller en justice en se basant «sur des critères précis et détaillés». Avec comme objectif ultime la volonté de «faire changer les mentalités pour enfin placer l'être humain au centre de toutes les préoccupations.»


Le harcèlement moral attend sa loi
Une pétition publique, ouverte à signature depuis cette semaine, réclame aux députés d'agir sur la question du mobbing. L'initiative vise l'instauration d'une loi sur cette forme de violence psychologique de plus en plus constatée en entreprise.

Pour rappel, la loi se fait attendre, puisque le texte déposé en 2002 n'a jamais été voté, en raison de «blocages nombreux», selon Nicolas Schmit (LSAP), actuel commissaire européen aux Droits sociaux et ancien ministre du Travail. Un écueil qui serait en passe d'être comblé puisque Dan Kersch (LSAP), actuel locataire du ministère de la rue Sainte-Zithe, doit déposer un nouveau projet de loi «début juin», assure son porte-parole, contacté vendredi. Ce dernier précise que l'objectif du ministère «tient dans un vote avant les vacances d'été».

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