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Le manque d'activité physique pèse sur la jeunesse
Luxembourg 3 min. 23.12.2019 Cet article est archivé

Le manque d'activité physique pèse sur la jeunesse

Les jeunes passent plus de quatre heures par jour sur les écrans.

Le manque d'activité physique pèse sur la jeunesse

Les jeunes passent plus de quatre heures par jour sur les écrans.
Photo: Getty Images
Luxembourg 3 min. 23.12.2019 Cet article est archivé

Le manque d'activité physique pèse sur la jeunesse

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Quatre adolescents luxembourgeois sur cinq pratiquent moins d'une heure d'exercice par jour. Une norme qui correspond pourtant au niveau recommandé par l'OMS. La faute principalement à la hausse du temps passé devant les écrans.

L'attitude des élèves du Luxembourg face à la pratique sportive ne diffère guère de celle de leurs homologues des «pays occidentaux à hauts revenus». Selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiée en novembre dans la revue médicale The Lancet Child & Adolescent Health, près de 80% d'entre eux, âgés entre 11 et 17 ans, pratiquent moins d'une heure d’exercice par jour, soit le quota minimum recommandé par l'OMS.

«La hausse du temps passé devant les écrans» reste «un élément fondamental» pour l'expliquer, d'après le docteur Sophie Couffignal, épidémiologiste et directrice opérationnelle du Luxembourg Institute of Health. La praticienne souligne «le cocktail explosif né de la conjonction d'un âge difficile, où l'adolescent a parfois envie de... rien, avec l'explosion et l'omniprésence des réseaux sociaux.» Le docteur Daniel Theisen, ancien responsable du laboratoire de recherche en médecine du sport au Luxembourg Institute of Health, constate lui que «la société n'incite pas à se bouger». 

1,6 million d'adolescents interrogés

Conséquence directe et «catastrophique» de cette sédentarité, l'obésité conduit à l'apparition de «maladies chroniques cardiovasculaires, comme l'hypertension, ou le diabète» qui s'observent chez des «adolescents de plus en plus jeunes», déplore Sophie Couffignal. Daniel Theisen ajoute que si «les progrès de la médecine prolongent la durée de vie, ce ne sont pas nécessairement des années de vie de qualité», car on en arrive à «de plus en plus de personnes malades dans la dernière partie de la vie.»

Basée sur des autoévaluations, l'étude de l'OMS compile des données collectées dans le cadre scolaire auprès d'1,6 million d’adolescents interrogés dans 146 pays. La moyenne générale s'élève à 81% de jeunes pratiquant moins d'une heure d’exercice par jour. A ce phénomène global, s'ancre la spécificité du Luxembourg et la place de la pratique sportive dans le système éducatif grand-ducal. «Il suffit de voir la place mineure qui est réservée à l'éducation physique dans le cursus scolaire», souligne Daniel Theisen. 

Le budget des Sports, ce parent pauvre

Il est important de préciser qu'au Luxembourg, il n'existe pas de régime «sport-étude» conventionnel, à l'instar des pays voisins où la pratique sportive peut être considérée comme une option au même titre que les mathématiques ou les langues. Le Sportlycée, qui accueille 390 élèves cette année, soit à peine 1% des 40.000 élèves du postprimaire au pays, s'adresse exclusivement aux jeunes sportifs les plus performants. Chaque fédération propose ainsi ses propres jeunes membres prometteurs à l'établissement situé à la rue de Trèves.

Par ailleurs, même si le gouvernement a décidé de gonfler de 15% le budget alloué au ministère des Sports pour 2020, il n'en demeure pas moins un vrai parent pauvre avec ses 64 millions d'euros, qui ne représentent que 0,31% du budget global de l'État.


Le programme gouvernemental prévoit que les moyens financiers dédiés au sport seront «augmentés progressivement et de manière conséquente»
Le gouvernement muscle sa politique sportive
Affichant une hausse de 15% par rapport à 2019, le budget 2020 du ministère dirigé par Dan Kersch (LSAP) a été présenté mardi devant la commission de la Santé et des Sports à la Chambre.

Dans son accord de coalition 2018 - 2023, le gouvernement envisage la lutte contre le manque de mouvement des enfants comme «un réel défi de notre société» et promet d'«accorder une plus grande importance à l’éducation physique scolaire et parascolaire», qui sera «davantage promue dans l’école fondamentale et dans les services d'éducation et d'accueil.» (p. 79)

A cet effet, il compte mettre en œuvre le «concept pour une éducation motrice, physique et sportive des enfants de 0 à 12 ans» de concert avec les parents, les clubs sportifs, les écoles fondamentales, les communes et la LASEP (Ligue des associations sportives de l'enseignement primaire). 


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