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Le Luxembourg répond à Metz et Trèves par le silence
Luxembourg 2 min. 24.05.2019 Cet article est archivé

Le Luxembourg répond à Metz et Trèves par le silence

Ni Xavier Bettel (DP), Premier ministre, ni Corinne Cahen (DP), ministre de la Grande Région ne répondront à la demande formulée par les villes de Metz et Trèves.

Le Luxembourg répond à Metz et Trèves par le silence

Ni Xavier Bettel (DP), Premier ministre, ni Corinne Cahen (DP), ministre de la Grande Région ne répondront à la demande formulée par les villes de Metz et Trèves.
Photo: Caroline Martin
Luxembourg 2 min. 24.05.2019 Cet article est archivé

Le Luxembourg répond à Metz et Trèves par le silence

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
La demande de compensation financière adressée par les deux villes ne fera pas l'objet d'un commentaire officiel de la part du gouvernement luxembourgeois. Du fait que «la lettre ne nous est pas adressée», assure vendredi le ministère d'État.

Si Metz et Trèves ont sollicité des réponses quant à une éventuelle compensation fiscale pour le manque à gagner de leurs territoires du fait du phénomène frontalier, ces dernières ne viendront pas du Grand-Duché. «Ni le ministère d'État, ni celui des Finances ou celui de la Grande Région ne fera le moindre commentaire officiel sur ce dossier, pour la simple et bonne raison que la lettre ne nous est pas adressée», indique vendredi le ministère d'État, contacté par wort.lu.


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Une référence au fait que le document, signé lundi conjointement par le maire de Metz, le bourgmestre de Trèves et les administrateurs des districts de Trèves-Saarburg et de Bitburg-Prüm, ait été envoyé à Emmanuel Macron et Angela Merkel, le président français et la chancelière allemande. Et ce, alors même que le texte considère comme «urgent de parvenir à un accord avec le Grand-Duché de Luxembourg sur la mise en place d'une compensation financière au profit des territoires allemand et français».

Depuis 1997, le nombre de frontaliers au Grand-Duché a triplé, selon les affirmations des responsables politiques allemands et français.
Depuis 1997, le nombre de frontaliers au Grand-Duché a triplé, selon les affirmations des responsables politiques allemands et français.
Photo: Guy Jallay

La seule exception au mutisme luxembourgeois a été réalisée par Corinne Cahen (DP), ministre de la Grande Région, interrogée par nos confrères de Paperjam, mardi soir, en marge d'une conférence tenue à Arlon. Cette dernière détaillait la ligne défendue depuis toujours par le Luxembourg, à savoir «plutôt que de verser de l’argent qui n’arrivera sans doute pas dans les communes, notre politique est d’investir dans des infrastructures (...) qui seront utiles pour les frontaliers et les Luxembourgeois: parkings d’accueil, réseau ferroviaire, autres infrastructures...»

Autrement dit, le Luxembourg ne croit pas dans une redistribution efficace des fonds versés au niveau central, dans des pays où, contrairement au Grand-Duché, le phénomène frontalier apparaît comme marginal. Selon les dernières données disponibles, le nombre de frontaliers se chiffre à un peu moins de 500.000 personnes en France, sur les quelque 30 millions recensés au sein de la population active. Ils seraient quelque 650.000 côté allemand, contre 45 millions d'actifs.

Silence radio à Berlin et Paris

Contactée vendredi, la ministre ne souhaite pas confirmer ses propos, Corinne Cahen indiquant n'avoir désormais «nullement l'intention de commenter» la demande formulée par les responsables régionaux allemands et français. Pour rappel, ces deux régions frontalières hébergent à elles seules quelque 160.000 frontaliers, dont plus de 100.000 côté lorrain. Et réclament un dispositif similaire à celui en vigueur depuis 2002 avec la Belgique, qui touche 30 millions d'euros annuellement du Grand-Duché. 

Lors de la visite officielle en France, en mars 2018, la demande d'une compensation financière venue de Paris avait été refusée par les autorités luxembourgeoises. Avec les mêmes arguments que ceux avancés à l'heure actuelle, à savoir l'absence de certitude d'un basculement effectif des fonds vers les régions concernées. À ce jour, ni Paris, ni Berlin n'ont encore donné de suite à la demande de leurs élus.


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