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Le Luxembourg réfléchit à une forme de traçage
Luxembourg 2 min. 28.04.2020 Cet article est archivé

Le Luxembourg réfléchit à une forme de traçage

Le recours à ce dispositif reste une question épineuse au Grand-Duché.

Le Luxembourg réfléchit à une forme de traçage

Le recours à ce dispositif reste une question épineuse au Grand-Duché.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 28.04.2020 Cet article est archivé

Le Luxembourg réfléchit à une forme de traçage

Anne-Sophie DE NANTEUIL
Anne-Sophie DE NANTEUIL
Le Premier ministre et la ministre de la Justice ont échangé avec les députés, mardi matin, sur la manière dont pourraient être utilisés les smartphones pour lutter contre la propagation du covid-19. Un sujet pour le moins sensible.

Collecte de données, vie privée ou encore utilisation détournée des informations... Si la piste d'une application sur téléphone pour lutter contre la propagation du virus soulève de nombreuses craintes, elle n’en reste pas moins une option largement explorée en Europe. A l’instar de ses voisins français, allemands et belges, au tour donc du Luxembourg de se pencher sur la question.


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Soucieux de la protection des données personnelles, le gouvernement pose un regard critique sur les programmes destinés au traçage et à la surveillance du covid-19. Quand bien même ce genre d'outil pourrait s'avérer très utile dans une stratégie de sortie de crise graduelle.

Lors d’une vidéoconférence avec les députés mardi matin, Xavier Bettel (DP) s’est ainsi montré «ouvert», affirmant qu'une forme de traçage était «la solution qui avait sa faveur» dans le cadre de la gestion de l’épidémie. Concrètement, ce n’est pas une application que propose le ministre, mais un traçage des personnes «par des moyens classiques» comme le recours à des appels téléphoniques visant à «maintenir le contact et informer les citoyens».  

Une approche pragmatique  

Toutefois, et au vu des discussions menées dans les pays voisins, le Premier ministre prône une approche pragmatique. Xavier Bettel ne souhaite pas que le Luxembourg soit «pris au dépourvu», notamment dans le cas où une application venait à devenir, dans les prochains mois, un «ticket d’entrée» pour se déplacer à l’étranger. Une hypothèse qui laisse néanmoins sceptiques les députés, pour qui il semble difficile qu’un pays membre de l’Union européenne impose légalement une application pour autoriser l’accès à son territoire.  


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Bien que certains députés se soient rangés du côté du ministre, affirmant qu’il fallait «être prêt à s’adapter au contexte international», d’autres se sont en revanche catégoriquement opposés à toute utilisation d’application, et ce, «quelles que soient les modalités de stockage ou d’anonymisation des données». Selon le ministre, un cadre légal devrait toutefois être prochainement élaboré afin d’empêcher toute utilisation «abusive» d’une telle solution.   

Une utilisation par 60% des résidents requise 

Il reste que la confiance des citoyens apparaît comme primordiale. A Singapour, par exemple, seule une petite partie de la population a adopté une telle application. Et l’expérience a montré qu’un échantillon trop restreint réduisait l’intérêt même de la solution. Selon une étude publiée fin mars dans la revue Science, il serait même nécessaire que 60% de la population utilise l’application pour la rendre efficace. Après les députés, il faudra donc convaincre les résidents du Grand-Duché.   

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