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Le Luxembourg perd ses résidents portugais
Luxembourg 3 min. 27.04.2021

Le Luxembourg perd ses résidents portugais

Pour beaucoup de résidents portugais, le salaire reste insuffisant comparé au coût de la vie au Luxembourg.

Le Luxembourg perd ses résidents portugais

Pour beaucoup de résidents portugais, le salaire reste insuffisant comparé au coût de la vie au Luxembourg.
Photo: Guy Wolff
Luxembourg 3 min. 27.04.2021

Le Luxembourg perd ses résidents portugais

Si depuis des décennies le marché du travail au Grand-Duché attire les lusophones, la tendance tend à s'inverser depuis 2017. Beaucoup rentrent au pays pour y trouver un meilleur cadre de vie.

(m.d. avec Paula Santos Ferreira) Malgré des salaires attractifs et un marché de l'emploi en bonne santé, le Grand-Duché a perdu ses airs d'eldorado auprès de la communauté portugaise. S'ils étaient encore 94.335 à vivre au Luxembourg au 1er janvier 2021, de plus en plus de résidents portugais retournent dans leur pays d'origine.

Ainsi, depuis 2017 où ils étaient quelque 96.700-un record- 2,59% des Portugais ont quitté le pays. C'est le cas par exemple de Cátia Maia Loureiro. En août dernier, cette mère de famille a décidé de dire un dernier «Adeus» au Luxembourg après 26 ans de résidence, raconte-t-elle à nos confrères de Contacto. Son mari, Bruno Guerra, est resté sur place pour l'instant, mais il souhaite lui aussi rejoindre sa famille dès que possible. Selon l'homme d'affaires, les rôles des deux pays ont changé. «Le Portugal est maintenant le pays des opportunités», assure-t-il.

Pour lui, la qualité de vie est meilleure dans la péninsule ibérique par rapport au Grand-Duché. En effet même si «les salaires sont plus bas», l'accès au logement y est plus simple. Sans oublier la proximité de la famille. Si bien que pour beaucoup, le Luxembourg est une parenthèse plutôt qu'un réel projet de vie. Pour preuve, seuls 981 résidents lusophones ont été naturalisés au Grand-Duché en 2020, soit un tiers de moins par rapport à 2018. 

Aux yeux de Pedro Rodriguez et Helena Girão le Luxembourg était une opportunité «d'améliorer leur situation». Le couple a profité de sa vie au Luxembourg pour «voyager beaucoup et apprendre à connaître d'autres pays». Mais dès leur départ, ils n'envisageaient pas de rester loin du Portugal plus de «quelques années».

La pandémie a intensifié ce besoin de «retour aux sources», exprimé par bon nombre de résidents lusophones. Filipe S., 37 ans vivait au Luxembourg depuis quatre ans, seul dans une chambre en location. «J'ai travaillé dans la même entreprise pendant trois ans et demi, mais à cause de la pandémie, j'ai été licencié. J'ai donc pris un emploi d'intérimaire», raconte-t-il. Travaillant «huit jours par-ci, quinze jours par-là», il n'arrivait plus à envoyer de l'argent à sa famille. Son salaire servait à peine à payer son logement et ses vivres. 


La fin de l'eldorado portugais inquiète
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Dans l'impasse, il décide de partir. Un choix qu'il ne regrette «pas le moins du monde». «Ce n'était pas la peine d'être au Luxembourg. J'étais au chômage et je n'avais aucune perspective d'avenir. Au Portugal, on gagne moins, mais je suis avec ma famille, je vois les filles grandir et avec ce que je gagne, même si c'est moins, j'ai une meilleure vie.»

A noter qu'au Grand-Duché en 2018, seuls deux résidents portugais sur dix sont nés au Luxembourg, alors que sept sur dix sont originaires du Portugal, selon la dernière analyse du Statec.

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