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Le Luxembourg peine à garder ses médecins
Le Grand-Duché envisage des incitations financières pour faire revenir les généralistes luxembourgeois au pays.

Le Luxembourg peine à garder ses médecins

Photo: Shutterstock
Le Grand-Duché envisage des incitations financières pour faire revenir les généralistes luxembourgeois au pays.
Luxembourg 3 min. 22.05.2019

Le Luxembourg peine à garder ses médecins

Pour attirer plus de généralistes luxembourgeois après leurs études à l'étranger, le pays envisage de recourir à la sensibilisation et aux incitations financières. Le prochain lancement d'un bachelor en études médicales en 2020 devrait également aider à retenir les talents au Grand-Duché.

Comment le Luxembourg peut-il remédier à la pénurie de médecins? Avec 534 généralistes, le pays fait figure de parent pauvre en matière de couverture médicale. Selon le Statec en effet, le pays compte en moyenne 90 praticiens pour 100.000 habitants, comparé aux 166 sur 100.000 pour la Grande Région. Et au fil des ans, leur nombre baisse. Une situation pas si nouvelle, puisqu’il y a quelques années déjà l'Association des étudiants en médecine (ALEM) tirait la sonnette d’alarme. « Vu la démographie médicale et la pyramide des âges, il n'y aura plus assez de médecins au Luxembourg à partir des années 2020», prévenait-elle. 

Au point que le député André Bauler (DP) avait récemment interpelé Etienne Schneider, le ministre LSAP de la Santé, et son collègue Claude Meisch (DP) à l'Enseignement supérieur et à la Recherche sur la pénurie dans le secteur. Selon ces derniers, «1.008 résidents luxembourgeois suivent des études médicales (dentaire et médecine), dont 353 en Allemagne, 224 en France, 133 en Belgique, 99 au Luxembourg, 66 en Autriche, 27 au Portugal, 23 au Royaume-Uni et 12 en Espagne.» 

Claude Meisch a pour sa part ajouté que son ministère «ne dispose pas d'informations détaillées par année d'études ou selon les différentes spécialisations en médecine.» Afin de limiter le risque que les médecins luxembourgeois formés à l'étranger ne viennent pas exercer au pays, le ministre envisage «d'améliorer la communication sur les besoins en médecins au Luxembourg et de prévoir le cas échéant une incitation financière pour soutenir leur retour». Par ailleurs, un projet de règlement grand-ducal visant à rehausser les montants des indemnités pour les médecins inscrits en médecine générale à l'Université du Luxembourg est «en cours de procédure», a indiqué Etienne Schneider.

En matière de promotion de la formation médicale au Luxembourg, le pays a franchi un nouveau pas vers la mise en place d’un cycle de bachelor en médecine, avec la nomination de Gilbert Massard au poste de directeur de l’enseignement médical et professeur ordinaire. Le professeur de chirurgie luxembourgeois de 59 ans dirigera le nouveau cursus d'études médicales qui sera lancé au sein de l'Université en septembre 2020.

Cette formation médicale complète devrait mettre fin aux exceptions accordées aux étudiants en médecine luxembourgeois dans certains pays. Le diplôme de bachelor en médecine devrait également donner accès aux programmes de master des universités étrangères partenaires. 

En juillet 2018, l’État et l'Université avaient signé un accord sur le financement des premières années d’études en médecine au Luxembourg et sur des passerelles vers les pays voisins. 

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