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Le Luxembourg manquerait d'eau face à la canicule
Luxembourg 3 min. 29.05.2019

Le Luxembourg manquerait d'eau face à la canicule

Le Luxembourg consomme en moyenne 120.000 m3 d'eau par jour. Les réserves du pays pourraient s'avérer insuffisantes en cas de sécheresse.

Le Luxembourg manquerait d'eau face à la canicule

Le Luxembourg consomme en moyenne 120.000 m3 d'eau par jour. Les réserves du pays pourraient s'avérer insuffisantes en cas de sécheresse.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 29.05.2019

Le Luxembourg manquerait d'eau face à la canicule

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Selon la ministre Carole Dieschbourg, les réserves souterraines ne pourraient pallier les situations de sécheresse des prochains mois.

«Au Luxembourg, les réserves d’eau souterraines sont de 25% inférieures aux moyennes enregistrées ces 40 dernières années», a admis Carole Dieschbourg. «Et si la situation s'est stabilisée l'hiver passé ces réserves n’ont pas pour autant augmenté». La ministre (Déi Gréng) de l'Environnement, du Climat et du Développement durable répondait ainsi ce mercredi à une question parlementaire du député, également Vert, Henri Kox. Celui-ci citait un rapport des services météorologiques allemands, qui prévoyaient dans les mois à venir une sécheresse comparable à celle vécue en 2018.

Également frappé par une longue canicule l’année dernière, et par un déficit pluviométrique significatif ce printemps, le Luxembourg pourrait connaître une nouvelle pénurie d’eau potable. Carole Dieschbourg a pour sa part rappelé que «l'approvisionnement en eau potable du Luxembourg à moyen et long terme se basait sur trois piliers. 

Le premier vise la préservation de toutes les ressources existantes et potentiellement exploitables, par la mise en œuvre de zones de protection autour des captages d'eau souterraine et du lac de la Haute-Sûre. Le second axe repose sur un programme d’économie d'eau potable. Si des mesures ont été identifiées en 2018 dans ce domaine, «à l'heure actuelle, leur mise en œuvre demeure en cours d'élaboration», a précisé la ministre. 

Lexploitation de nouvelles ressources constitue le troisième pilier de la stratégie d’approvisionnement en eau potable du pays. Sur ce point, le ministère et l’administration de la gestion de l’eau «étudient la faisabilité d'une combinaison de ressources souterraines supplémentaires et d'un traitement des eaux de la Moselle», a poursuivi cette dernière.

120.000 m3 d'eau par jour

«Dépendant du taux d'économie en eau potable réalisable, de la croissance démographique, du nombre et du type de grands consommateurs qui s'implanteront à l'avenir au Luxembourg, de nouvelles ressources devront être opérationnelles à l'horizon de 2035, notamment pour couvrir les consommations de pointe», prévoit Carole Dieschbourg. «Des études de faisabilité sont par ailleurs en cours, pour la construction d’une nouvelle grande station de traitement dans le pays», a ajouté la ministre. «Il faudrait cependant 15 ans avant sa mise en service».

Pour faire face à la prochaine sécheresse, restent donc la sensibilisation et la sanction: en cas de pénurie d’eau au niveau local, une première phase préconise la limitation de la consommation en eau potable sur base volontaire. Au-delà du seuil de sécheresse critique (phase orange/rouge), l’utilisation d'eau potable peut alors être interdite par règlement communal. Le non-respect de l’interdiction peut alors déboucher sur des amendes.

Au Luxembourg, 23 communes recourent pour leur eau potable exclusivement aux ressources locales, et 60 municipalités aux syndicats intercommunaux. Tandis que les 35 autres communes s'approvisionnent auprès des deux sources de distribution. Chaque jour, le pays consomme en moyenne 120.000 m3 d'eau, dont les 2/3 proviennent de captages souterrains et 1/3 est fourni par le lac d’Esch-sur-Sûre, indique l'administration de la gestion de l'eau sur son site.  

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