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Le Luxembourg lorgne sur les diplômés baltes
Luxembourg 2 min. 08.11.2019

Le Luxembourg lorgne sur les diplômés baltes

Les formations IT des trois pays baltes intéresseraient particulièrement les entreprises luxembourgeoises.

Le Luxembourg lorgne sur les diplômés baltes

Les formations IT des trois pays baltes intéresseraient particulièrement les entreprises luxembourgeoises.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 08.11.2019

Le Luxembourg lorgne sur les diplômés baltes

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pourquoi le Benelux vient-il de signer une déclaration d'intention pour la reconnaissance automatique des diplômes d'enseignement supérieur issus d'Estonie, Lituanie et Lettonie? Certainement pour ensuite faire les yeux doux à de futurs salariés en IT.

Il est des engagements qu'il faut lire entre les lignes. Celui que vient de signer, cet après-midi à Bruxelles, Claude Meisch (DP) en tant que ministre de l'Enseignement supérieur luxembourgeois mérite ainsi d'être étudié. Avec ses homologues du Benelux, il vient d'ouvrir grand la porte du Grand-Duché aux futurs étudiants diplômés originaires des pays baltes. Il est vrai que les trois nations en question, l'Estonie particulièrement, sont à la pointe en matière de formation au digital. La «start-up nation» vient ainsi de tisser un lien avec des «e-pays».

La démarche du Benelux vise ainsi à reconnaître automatiquement les diplômes de l'enseignement supérieur délivrés en Lituanie, Lettonie, Estonie. «D'office, le cursus validé dans ces pays sera enregistré dans le registre des titres, au Luxembourg comme en Belgique ou aux Pays-Bas», indique Léon Diederich, premier conseiller du gouvernement au ministère de l'Enseignement supérieur.

Axé vers le digital

Certes, mais au-delà de cette reconnaissance de la qualité de la formation assurée par les universités de Tallinn, Riga ou Vilnius, c'est la nature même de cet enseignement qui peut s'avérer précieuse pour le développement du Luxembourg. «C'est clair que cette reconnaissance facilitera les démarches d'embauche par ici», poursuit Léon Diederich. 

Parmi la quinzaine de diplômes délivrés, bon nombre de profils pourraient intéresser les institutions européennes présentes sur le territoire. Mais aussi des entreprises internationales, des sociétés innovantes, la Place financière. Car sur les rives de la Baltique, les trois jeunes Etats ont poussé les feux pour développer une administration et des citoyens s'appuyant a minima sur le papier mais axés vers le digital, le cloud. L'Estonie n'hésitant pas d'ailleurs à se qualifier de «The coolest digital society».

Une «ambassade digitale»

Cet effort a été accompagné par la création de filières d'enseignement pointu dans les domaines de l'IT. Donc autant dire que voilà des bassins de formation intéressants pour un pays aspirant à accueillir des talents, le Luxembourg, est en route vers une digitalisation de ses services publics comme de son économie. Pas pour rien qu'en 2018, l'Estonie avait été choisie comme pays hôte des Luxembourg Internet Days.

Dans le sens inverse, l'Estonie avait démontré sa confiance dans les infrastructures IT du Luxembourg, en 2017. C'est en effet depuis cette date que l'Etat balte a confié l'archivage de toutes ses données sensibles au Centre des technologies de l’information de Betzdorf. Cette première «ambassade digitale» doit protéger de toute cyberattaque -russe notamment- les informations estoniennes les plus secrètes.


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