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Le Luxembourg en pleine réflexion sur le nutri-score
Luxembourg 3 min. 22.01.2020 Cet article est archivé

Le Luxembourg en pleine réflexion sur le nutri-score

Le nutri-score est déjà d'application en Belgique et en France.

Le Luxembourg en pleine réflexion sur le nutri-score

Le nutri-score est déjà d'application en Belgique et en France.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 22.01.2020 Cet article est archivé

Le Luxembourg en pleine réflexion sur le nutri-score

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
Le ministère de la Protection des consommateurs poursuit ses consultations dans le but d'introduire un système renseignant les consommateurs sur la qualité des aliments. Pas facile de s'y retrouver entre différents systèmes qui divisent actuellement l'Europe.

(Avec AFP) - Le gouvernement luxembourgeois envisage d'introduire durant l'année 2020 un système renseignant la qualité nutritionnelle des aliments. Mais entre le nutri-score appelé aussi système cinq couleurs ou encore le «keyhole system» qui est d'application en Suède, Norvège, Danemark ou le «Heart-Symbol» en Finlande, les responsables sont en pleine période de réflexion.

Afin de permettre aux consommateurs du pays de disposer d'informations transparentes, les services du ministère de la Protection des consommateurs ont donc entamé depuis octobre 2019 une démarche de consultation au niveau national avec toutes les parties prenantes (entreprises, consommateurs et professionnels de la santé).  

«Nous étudions les avantages et les inconvénients de chaque système mais nous n'avons pas encore pris de décision», commente le ministère de la Protection des consommateurs. Les résultats tomberont durant l'année 2020. 

Une harmonisation européenne en attente

Le Luxembourg est donc en retrait par rapport à ses voisins. La France a ainsi mis en place le système nutri-score depuis 2017, la Belgique l'a adopté en 2019 et l'Allemagne a annoncé s'y rallier en 2020. Ce système a l'avantage d'être parfaitement compréhensible, il utilise un étiquetage basé sur un logo avec cinq valeurs allant de A à E et du vert au rouge. Cette vision ne fait pas pour autant l'unanimité au sein de l'Europe. Par exemple en Italie, c'est un système sans code couleur qui est d'application.


Sucre, graisses, additifs, pesticides: ces aliments qui empoisonnent
La revue 60 millions de consommateurs s'attaque dans un hors-série paraissant jeudi à l'industrie agroalimentaire en dénonçant «les aliments qui empoisonnent», et en apprenant au consommateur à débusquer, marque par marque, sucres, sels, graisses, additifs, nitrites et pesticides cachés.

Comme, il s'agit d'une directive européenne (règlement UE 1169/2011), elle est donc non contraignante pour les pays, elle peut donc uniquement recommander et son utilisation est encadrée. C'est une des raisons qui explique les divergences de vue entre les Etats. L'harmonisation du système d'étiquetage des produits alimentaires figure pourtant dans le Pacte Vert, lancé en décembre 2019 par la présidente Ursula von der Leyen. 

Les eurodéputés favorables au système nutri-score  

Si d'autres dossiers ont tout de même la priorité, les discussions se poursuivent au niveau du Parlement. Des eurodéputés de différents groupes politiques ont défendu, la semaine dernière à Strasbourg, le système d'étiquetage nutritionnel (nutri-score). Ils souhaitent qu'il soit étendu dans l'Union européenne, en dépit de fortes critiques italiennes. 

Depuis quelques mois, Matteo Salvini, le chef de la Ligue (extrême droite), le présente comme un «pacte secret» de Bruxelles contre les spécialités italiennes. Au grand dam de la délégation italienne, le prosciutto ou le gorgonzola affichent des notes nutri-score basses.

«Nutri-score ne vise pas à pénaliser un pays, il vise à donner une transparence sur la qualité nutritionnelle de l'ensemble des aliments et à aider les consommateurs à orienter leurs choix et à manger seulement en petite quantité les produits mal notés», réplique le créateur de ce système, le professeur français Serge Hercberg.  

Le combat est loin d'être gagné pour les défenseurs de cette approche. Une initiative citoyenne européenne demandant de rendre le nutri-score obligatoire dans l'UE, lancée début mai, n'a actuellement recueilli que 86.000 signatures sur le million nécessaire.