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Le Luxembourg chute de quinze places
Luxembourg 5 min. 12.02.2015 Cet article est archivé
Classement 2014 de la liberté de la presse

Le Luxembourg chute de quinze places

Classement 2014 de la liberté de la presse

Le Luxembourg chute de quinze places

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Classement 2014 de la liberté de la presse

Le Luxembourg chute de quinze places

Habitué aux premières places du classement établi chaque année par Reporters sans frontières pour la liberté de la presse, le Grand-Duché a dégringolé dans l'édition 2015 pour se retrouver à la 19e position.

(DN) - Habitué aux premières places du classement établi chaque année par Reporters sans frontières pour la liberté de la presse, le Grand-Duché a dégringolé dans l'édition 2015 pour se retrouver à la 19e position.

Depuis 2008, le Luxembourg gravite dans les premières places (1er en 2008, 6e en 2011 et 2012, 4e en 2013 et 2014) mais il avait vu son score dégringoler en 2009 à la 20e place suite à la perquisition policière dans les locaux de l'hebdomadaire Contacto.

Il se trouve en 2015 à la 19e position. Rien d’infamant, « le Luxembourg reste bon élève », tempère Antoine Héry, responsable du classement mondial. Le pays fait en effet partie des 21 pays situés dans le groupe de tête, qui s'ouvre par le podium Finlande, Norvège, Danemark et se conclut avec le Luxembourg, la Suisse et l'Islande. «Ce n'est pas une mauvaise position, bien des pays, comme la France (38e) ou l'Italie (73e) peuvent l'envier», ajoute-t-il.

Le paradoxe luxembourgeois

M. Héry constate une situation paradoxale au Luxembourg : d'une part, l'indépendance des journalistes, la capacité du journalisme d'investigation se sont affirmées. Mais, d'autre part, plus ce journalisme se développe, « plus le monde politique et économique développe des résistances ».

Plus explicite, le site germanophone de RSF pointe des « attaques sur la protection des sources » et une collusion entre les mondes politique, économique et médiatique qui entravent le développement de ce journalisme d'investigation.

L'année écoulée n'a toutefois pas été émaillée par un incident clairement identifiable du type de celui vécu par la rédaction de Contacto en 2009. L'autre événement notable relaté par RSF sur son site est la perquisition du journaliste d'investigation Jean Nicolas à son domicile en mars 2002.

Antoine Héry salue par ailleurs la première édition du Prix du journalisme d'investigation, remis en mars 2014 aux journalistes Nico Graf (RTL Radio) et Marc Thoma (RTL Télé) pour leurs révélations dans les dossiers Bommeleeër et SREL.

Pour établir son classement, RSF se base notamment sur des témoignages issus de la profession. « Nous avons élargi notre panel au Luxembourg cette année, mais la méthodologie reste la même », précise M. Héry qui estime que pour un tel pays, entre cinq et dix personnes sont sélectionnées pour donner leur avis : au Grand-Duché, « nous avons pu constater que tous les répondants exprimaient un même sentiment concernant le degré de liberté de la presse », conclut-il.

Ce classement repose sur sept indicateurs: niveau des exactions, étendue du pluralisme, indépendance des médias, environnement et autocensure, cadre légal, transparence et infrastructures.

Autres petits Etats européens qui chutent : le Liechtenstein, de la 6e à la 27e place, et Andorre, de la 5e à la 32e place, la plus forte chute.

Nos voisins progressent

Si le Luxembourg chute, il n'en est pas de même pour la France qui gagne une place, l'Allemagne qui en gagne deux et, surtout, la Belgique qui progresse de huit places.

« Régression brutale » au niveau global

Sur un plan mondial, la liberté de la presse a connu une « régression brutale » en 2014, conséquence notamment de l'action de groupes que l'Etat islamique et les islamistes nigérians de Boko Haram, selon RSF.

« Il y a eu une détérioration globale, liée à des facteurs très différents, avec l'existence de guerres de l'information, l'action de groupes non étatiques qui se comportent en despotes de l'information », a déclaré à l'AFP Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

« 2014 est l'année d'une régression brutale pour la liberté de l'information. Les 2/3 des 180 pays (classés par RSF, NDLR) font moins bien que dans l'édition précédente », explique RSF qui, en parallèle, synthétise dans un indice les atteintes à la liberté de la presse.

Pays jugé le plus dangereux du monde pour les journalistes par RSF, la Syrie stagne ainsi à la 177e place sur 180 -juste derrière la Chine (176e)-, devant le Turkménistan (178e), la Corée du Nord (179e) et l'Érythrée (180e), un quatuor inchangé depuis l'an dernier.

L'Irak se classe 156e et le Nigeria 111e. Ces pays ont « vu cette année encore l'apparition de +trous noirs+ de l'information », ajoute RSF, rappelant par ailleurs que « l'extension des exactions » commises par l'organisation État islamique, en Irak et en Syrie, « ont poussé à la fuite des journalistes ».

L'Italie, qui a vu « les menaces notamment de la mafia et les procédures en diffamation abusives exploser", chute pour sa part de 24 places, au 73e rang.

« De Boko Haram au groupe Etat islamique, en passant par les narcotrafiquants latinos ou la mafia sicilienne, les motivations varient mais le modus operandi est le même : réduire au silence, par la peur ou les représailles », écrit RSF.


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