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Le Luxembourg avance masqué
Luxembourg 62 3 min. 12.05.2020

Le Luxembourg avance masqué

L'entrée en cours, comme dans les commerces, est désormais conditionnée par le respect de règles d'hygiène strictes. L'ère du coronavirus impose le port du masque de protection.

Le Luxembourg avance masqué

L'entrée en cours, comme dans les commerces, est désormais conditionnée par le respect de règles d'hygiène strictes. L'ère du coronavirus impose le port du masque de protection.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 62 3 min. 12.05.2020

Le Luxembourg avance masqué

Maurice FICK
Maurice FICK
Après deux mois de confinement, c'est avec une protection sur le nez que le pays s'est réveillé lundi du long cauchemar de la crise sanitaire. Les lycéens sont rentrés, commerces et salons de coiffure ont rouvert. Timidement, sans effusion.

Alors que plane partout la crainte d'une deuxième vague de contamination par le coronavirus, l'Europe a entamé un prudent déconfinement lundi. Annoncé une semaine auparavant par le Premier ministre et la ministre de la Santé, ce retour à une «nouvelle normalité» s'est finalement réalisé en douceur au Luxembourg. 

La mobilisation des opposants à un retour sur les bancs de l'école n'a pas fait plier le ministre de l'Education nationale, Claude Meisch (DP), qui avait, au contraire, reçu l'aval de tous les partis politiques à la Chambre. Après les élèves de terminale, les élèves de l'enseignement secondaire, en formation professionnelle ou du brevet de technicien supérieur (BTS) sont bien rentrés lundi dans des salles de classe aux tables deux fois plus espacées, comme à l'école privée Fieldgen à Luxembourg-Ville. 

Pas de cris de joie, ni de retrouvailles célébrées, c'est dans une ambiance pesante et sous la pluie que les élèves ont accédé aux bâtiments par toutes les portes possibles pour éviter que trop d'élèves ne se croisent. Sur 1.500 élèves, 680 ont effectué une «meilleure rentrée qu'on ne l'espérait, tous les élèves que j'ai vus portaient un masque même s'il y a eu quelques couacs de contresens au niveau du fléchage au sol. Mais tout avait été bien planifié. Et pendant tout le confinement nous sommes restés en contact avec les parents», explique Renelde Urbain, la directrice.

Le ministre de l'Education nationale s'est rendu au Lycée Hubert Clement à Esch-sur-Alzette pour s'assurer des conditions de reprise effectives des cours et, un foulard jaune sur le nez, inspecter l'école. 

Dans tous les lycées, le corollaire de la reprise de l'enseignement s'avère être le respect des règles d'hygiène strictes. De sorte que la première leçon de la rentrée, lundi, portait sur les nouvelles règles: se déplacer masqué à l'intérieur du bâtiment scolaire, se désinfecter régulièrement les mains grâce aux distributeurs disponibles dans toutes les salles, respecter les règles de circulation dans les couloirs, etc. Tous les élèves et professeurs ayant reçu deux tours de cou. Au Lycée des arts et métiers à Luxembourg, les ateliers ont dû spécialement être préparés à cette reprise des cours. 

L'ouverture des commerces, tant attendue par nombre de citadins, n'a pas provoqué de files ou d'engouement particulier en ce lundi pluvieux à Luxembourg-Ville. Si la réouverture est un premier signe de retour à la vie d'avant covid-19, tout indique pourtant qu'elle n'est plus du tout la même.

Partout ont fleuri les signes de la crise sanitaire toujours bien présente. Port du masque, gel hydroalcoolique, marquage au sol, interdiction d'être à plus de quatre ou de rester plus de 30 minutes... chaque boutique affiche les règles du comportement à observer par les clients. Il sont les bienvenus mais feront désormais leurs achats sous certaines conditions.

Contrairement à la capitale, la foule était au rendez-vous au centre commercial Belle Etoile à Bertrange lundi matin. «Nous avons été très surpris. Devant certains magasins, les gens faisaient déjà la queue avant 9 heures. Cela montre combien cela manquait aux clients de faire certains achats», a indiqué Céline Vannier, en charge de la communication au Luxemburger Wort.

Du fait des mesures d'hygiène et de distanciation sociale, les salons de coiffure peuvent accueillir moins de monde d'un coup. Pour se faire couper les cheveux, il faut prendre rendez-vous. Et ça fonctionnait plutôt bien lundi dans certains salons. «La clientèle est là, nous sommes complet pour les semaines à venir», lance Simone Pires, qui dirige un salon à Howald, et qui avait bien anticipé cette reprise en recontactant ses clients au préalable. 

 

 

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