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Le Luxembourg attire les frontaliers français
Luxembourg 3 min. 18.06.2019

Le Luxembourg attire les frontaliers français

Le Luxembourg attire les frontaliers français

Photo: Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 18.06.2019

Le Luxembourg attire les frontaliers français

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Le nombre de résidents de la région Grand Est travaillant au Grand-Duché a doublé entre 1999 et 2015, selon une étude de l'Insee publiée mardi. Le pays devance de loin l'Allemagne, la Suisse et la Belgique.

Le Luxembourg est la première destination des frontaliers du Grand Est. Selon les chiffres de l’Insee publiés ce mardi, 75.000 actifs – sur les 167.000 frontaliers résidant dans la région – travaillaient au Luxembourg en 2015. Ils étaient 36.000 en 1999. L’Allemagne reste le deuxième lieu de travail des frontaliers grandestois (46.000 actifs), même si leur nombre a diminué de 1,5% par an. La Suisse (38.000 personnes) et la Belgique (8.000 personnes) ferment le peloton. 

Source: INSEE

Au sein de la région, la Moselle, le Haut-Rhin, la Meurthe-et-Moselle et le Bas-Rhin regroupent 96% des travailleurs frontaliers. Longwy et Thionville comptent respectivement 51% et 39% de frontaliers parmi leurs habitants. Plus au Sud, Saint-Louis près de Bâle (43%) et Wissembourg (34%), présentent les proportions les plus importantes de résidents parmi leurs actifs occupés outre-frontière, suivis par celles de Sarreguemines (16%) et de Forbach (13%).

30% de frontaliers dans l'industrie

Par ailleurs, trois frontaliers du Grand Est sur dix travaillent dans l’industrie. Au Grand-Duché, 14% d'entre eux exercent dans l’industrie, contre 45% en Allemagne, où le secteur automobile est présent avec Daimler et Ford. Côté suisse, le secteur en particulier pharmaceutique emploie 37 % de frontaliers, notamment dans les entreprises pharmaceutiques comme Novartis et Roche à Bâle. En Belgique la branche compte 28% de Grandestois, dont 9% dans l’alimentaire (avec Ferrero à Arlon).

Les frontaliers luxembourgeois sont les plus diplômés - 45 % ayant un diplôme d’études supérieures - et exercent majoritairement dans le secteur tertiaire, notamment dans le commerce (15%), dans la banque et la finance (13%) et dans les services administratifs et de soutien (10%). La Belgique emploie 18% de frontaliers dans le commerce et 17% dans les services de santé humaine et d’action sociale.

Peu d'effet sur l'emploi local

En termes de nationalité, une partie des frontaliers vivant dans le Grand Est est composée d’Allemands, de Belges, de Suisses ou de Luxembourgeois. Un quart des Allemands et des Belges résidant dans le Grand Est travaillent dans leur pays d'origine, contre 4% chez les Suisses et 1% chez les Luxembourgeois.

Le travail frontalier est-il pour autant bénéfique pour les territoires de résidence des frontaliers? Selon l’INSEE, il n’engendre pas toujours des créations d’emplois côté français. L’attractivité résidentielle des communes frontalières du Grand Est devrait en théorie se traduire par des hausses d’activité et d’emploi en leur sein.

Pour l’INSEE cependant, toutes ces communes ne bénéficient pas de ce cercle vertueux. «Si le dynamisme du Luxembourg stimule la croissance résidentielle dans les zones d’emploi proches, il n’a globalement pas d’effet positif sur l’emploi local», constate l’institut d’études et de statistiques économiques. Ainsi, entre 2010 et 2015, l’emploi a baissé de respectivement 0,5% et de 0,7% par an en moyenne dans les zones d’emploi de Longwy et de Thionville. Certains secteurs d’activité connaissent toutefois une progression de l’emploi: c’est le cas à Longwy du secteur de l’hébergement-restauration, tout comme celui de la santé humaine et de l’action sociale, indique l’INSEE. 

L'étude fait écho à une réunion du Parlement Benelux le week-end dernier. Les 49 élus des trois pays, ont adopté une recommandation visant à rendre la mobilité du travail des frontaliers plus attractive, notamment pour les 44.000 Belges travaillant au Luxembourg, et le très petit nombre de Luxembourgeois vivant en Belgique. 


«Il faut harmoniser la mobilité frontalière du Benelux»
La gratuité des transports entre la Belgique et le Luxembourg a été abordée lors du conseil du Parlement Benelux ce weekend: mais rien de concret pour l'heure, explique Gusty Graas, son président.


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