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Le Luxembourg assume ses responsabilités
Luxembourg 2 min. 28.01.2016 Cet article est archivé
Crise des réfugiés

Le Luxembourg assume ses responsabilités

Chaque semaine, environ 12.000 réfugiés débarquent en Grèce
Crise des réfugiés

Le Luxembourg assume ses responsabilités

Chaque semaine, environ 12.000 réfugiés débarquent en Grèce
Photo: AFP
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Crise des réfugiés

Le Luxembourg assume ses responsabilités

Dominique NAUROY
Dominique NAUROY
La mise en place des « hot spots », dans lesquels l'UE veut enregistrer les réfugiés, est poussive. Dans ce contexte, le Luxembourg dépêche neuf fonctionnaires auprès du bureau européen d'appui pour l'Asile (EASO) et de l'agence de surveillance des frontières extérieures de l'UE, Frontex.

(ml – trad. dn avec afp) – En un an, plus d'un million de réfugiés ont fui des scènes de guerre civile pour arriver en Europe, notamment par la Méditerranée. Cette crise ne peut être résolue qu'au plan européen – ce point fait consensus. Mais les progrès réalisés jusqu'ici sont extrêmement faibles.

Les Etats membres ont beaucoup de mal à appliquer la « relocalisation » de 160.000 réfugiés, à partir de l'Italie et de la Grèce, dans les deux années suivant l'accord de septembre 2015. Jusqu'ici, à peine 400 réfugiés ont été ainsi relocalisés. Dans ce cadre, le Luxembourg a seulement reçu une trentaine de demandeurs de protection, en majorité syriens et irakiens, arrivés début novembre depuis la Grèce. Soit la moitié, tout de même, du contingent accueilli en France au cours de la même période.

Un désastre total

Ces chiffres démontrent que la politique d'asile de l'UE vire de plus en plus au désastre total. Environ un quart des Etats membres (Danemark, Autriche, Croatie, République tchèque, Hongrie, Estonie, Slovénie ; la Slovaquie a même introduit un recours contre la clé de répartition) n'ont pas encore fourni de structures d'accueil dédiées aux réfugiés. M. Juncker ne cache plus son agacement face aux Etats membres qui critiquent la Grèce mais ne tiennent pas leurs engagements. Et il entend proposer en mars de nouvelles règles de répartition des réfugiés dans l'UE, plus solidaires, en révisant les règles dites de Dublin.

Pour que la situation s'améliore, Bruxelles compte sur une mise en oeuvre rapide des « hotspots » en Italie et en Grèce, où doivent être enregistrées les demandes d'asiles des arrivants. C'est de ces onze points que doit s'organiser la « relocalisation », mais aussi de là que doivent être renvoyés plus systématiquement à l'avenir vers leurs pays les migrants économiques. Pour l'heure, seuls quatre points sont opérationnels. Sept Etats membres n'ont toujours pas envoyé de fonctionnaire pour gérer cette structure.

Le Luxembourg a, lui, répondu à ses obligations, comme l'a indiqué au Luxemburger Wort le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Six fonctionnaires vont être affectés au bureau européen d'appui pour l'Asile (EASO), qui gère avec les autorités nationales ces hotspots. « Ces agents attendent d'être appelés », a précisé M. Asselborn. La durée de leur mission doit également être définie.

Enfin, l'exécutif européen fonde beaucoup d'espoirs sur la mise en place d'un corps européen de gardes-frontières, proposé aux Etats membres. En octobre, les Etats membres ont approuvé l'idée de renforcer Frontex, qui va recevoir l'appui de trois policiers luxembourgeois, a ajouté le ministre. Là encore, le Grand-Duché attend le feu vert.


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