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Le LSAP très sûr de lui à Esch-sur-Alzette
Luxembourg 4 min. 02.10.2017 Cet article est archivé
Elections communales

Le LSAP très sûr de lui à Esch-sur-Alzette

Quelle couleur politique prendra l'hôtel de ville d'Esch-sur-Alzette, dimanche? Le résultat ne dépend pas que des électeurs, mais aussi de la capacité des partis à entrer dans une coalition.
Elections communales

Le LSAP très sûr de lui à Esch-sur-Alzette

Quelle couleur politique prendra l'hôtel de ville d'Esch-sur-Alzette, dimanche? Le résultat ne dépend pas que des électeurs, mais aussi de la capacité des partis à entrer dans une coalition.
Photo: Archives LW/Marc Wilwert
Luxembourg 4 min. 02.10.2017 Cet article est archivé
Elections communales

Le LSAP très sûr de lui à Esch-sur-Alzette

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
«À bientôt»: c'est par ces mots que la bourgmestre sortante d'Esch-sur-Alzette, Vera Spautz, a clos le dernier conseil communal. Vue d'ensemble sur la situation politique à Esch.

«À bientôt»: c'est par ces mots que la bourgmestre sortante d'Esch-sur-Alzette, a clos le dernier conseil communal. Vera Spautz, du LSAP (parti socialiste), avait annoncé dans les colonnes du Luxemburger Wort au cours d'une interview, fin mars, qu'elle était candidate à sa propre succession. «Je suis certaine que nous pouvons conserver le même nombre de sièges», avait-elle ajouté.

Vera Spautz se montre optimiste quant aux résultats des élections.
Vera Spautz se montre optimiste quant aux résultats des élections.
Photo: Guy Jallay

Interrogée par nos confrères de RTL début septembre sur une éventuelle coalition avec Déi Gréng, comme c'est actuellement le cas, elle avait répondu sans hésiter: «Cela dépendra des résultats des Verts». 

Martin Kox (Déi Gréng) reste ouvert au principe d'une coalition avec le LSAP.
Martin Kox (Déi Gréng) reste ouvert au principe d'une coalition avec le LSAP.
Photo: Chris Karaba

Une déclaration à laquelle Martin Kox, échevin Des Verts, s'était empressé de rétorquer que l'inverse était aussi attendu. Autrement dit: le LSAP doit prouver qu'il peut obtenir 9 sièges.

Désaccords au sein de la majorité

De l'extérieur, le LSAP à Esch donne plutôt l'image d'un groupe politique soudé. Il existe cependant des dissensions parmi les socialistes eschois, comme cela s'est avéré à plusieurs reprises.

Le 9 décembre 2016 par exemple, alors que le devenir des églises d'Esch figurait à l'ordre du jour du conseil communal. La question était de savoir si les trois églises  (Saint-Joseph, Saint-Henri et du Sacré-Cœur) allaient dorénavant figurer dans le patrimoine communal ou revenir aux fonds de l'archevêché.

Alors que Vera Spautz se prononçait en faveur de la cession des édifices, quatre conseillers CSV mais aussi quatre membres du LSAP ont exprimé un avis contraire: ils souhaitaient que la Ville garde ces églises dans son patrimoine. Parmi ces membres socialistes figuraient Jean Tonnar et Dan Codello.

La proposition de Vera Spautz avait finalement été validée grâce aux voix de l'opposition.

Des divergences s'étaient fait sentir déjà après le départ de la précédente bourgmestre Lydia Mutsch, fin 2013. Alors que la candidature de Vera Spautz était incontestable, des conflits internes ont éclaté au sujet de l'attribution du siège d'échevin laissé libre.

Taina Bofferding est porte-parole du LSAP eschois.
Taina Bofferding est porte-parole du LSAP eschois.
Photo: Archives LW

Taina Bofferding, alors conseillère, pouvait devenir échevine. Elle était bien placée sur la liste LSAP. Mais Dan Codello, qui avait obtenu 119 voix de moins que Taina Bofferding lors des élections communales de 2011, a proposé sa candidature. En décembre 2013 lorsque la bourgmestre d'alors, Lydia Mutsch a été promue ministre, Dan Codello a recueilli lors d'élections internes au LSAP, 8 voix de plus que Taina Bofferding (30 contre 22). Il a pris place au conseil comme échevin.

Le choix des électeurs sera cette fois respecté, a assuré Vera Spautz lors de la présentation du programme LSAP pour Esch-sur-Alzette.

L'opposition dans les starting-blocks

Si Marc Baum obtient un siège d'échevin, il ne sera pas tenu de renoncer à son mandat de député.
Si Marc Baum obtient un siège d'échevin, il ne sera pas tenu de renoncer à son mandat de député.
Photo: Lex Kleren

Les autres partis se positionnent. Déi Lénk (gauche) a changé ses statuts en mars afin de permettre à un membre élu d'échapper à la règle interne au parti d'un non-cumul des mandats, jusqu'ici impossible au-delà de trois années.

Un changement qui semble taillé sur mesure pour le candidat tête de liste Marc Baum. Si le parti devait occuper une partie des sièges du conseil échevinal, Marc Baum pourrait ainsi conserver son mandat de député jusqu'aux prochaines élections législatives de 2018 tout en étant échevin de la ville d'Esch-sur-Alzette. Du côté de Déi Lénk, on explique que ces mesures ont été prises car le délai entre ces élections communales et les législatives n'est que d'un an. Le parti Déi Lénk est contre le cumul des mandats, a souhaité clarifier le conseiller Laurent Biltgen.

Ceci place toutefois Déi Lénk dans une position favorable pour obtenir des sièges au conseil échevinal eschois. 

Le CSV se voit comme une alternative

Christian Weis, du CSV (chrétien social) a présenté son parti comme une possibilité face à une coalition de gauche rouge et verte ou... rouge et rouge. Lors du duel télévisé, la semaine dernière, entre Vera Spautz et le candidat tête de liste du CSV Georges Mischo, ce dernier a affirmé que le CSV était prêt pour une grande coalition. Il a critiqué au passage Déi Gréng. 

Avec le ratio actuel de neuf conseillers LSAP et deux Déi Gréng, le CSV n'avait pas pu s'imposer et siéger au conseil. Un argument que Martin Kox ne pouvait pas laisser passer: le fait que la Ville ait montré son intérêt depuis plusieurs années pour les écologistes prouve bien leur utilité au sein du conseil échevinal.

Prudents avec les pronostics

Le CSV, tout comme Déi Gréng restent quant à eux très prudents sur les pronostics des résultats de ces élections. Tous deux concèdent vouloir remporter un siège. 

Si le KPL (parti communiste) et le DP (démocrate) peuvent assurer un rôle plus que marginal, cela reste à démontrer. Idem pour l'ADR (conservateur, populiste) et le Piratepartei dont la présence pourrait rebattre les cartes. 

En dépit des dissensions internes du LSAP eschois, il est peu probable que celui-ci soit hors course dimanche. Même si Vera Spautz, avec son «à bientôt» lâché lors du dernier conseil échevinal, est attendue au tournant.

Par Nicolas Anen (trad. AF)

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