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Le LSAP lance la campagne 2023
Luxembourg 6 min. 24.09.2021
Politique

Le LSAP lance la campagne 2023

Sans doute Dan Kersch ne s'attendait-il pas à l'irrésistible ascension de Paulette Lenert dans le cœur des électeurs.
Politique

Le LSAP lance la campagne 2023

Sans doute Dan Kersch ne s'attendait-il pas à l'irrésistible ascension de Paulette Lenert dans le cœur des électeurs.
Luxembourg 6 min. 24.09.2021
Politique

Le LSAP lance la campagne 2023

Voilà les socialistes attendus au tournant. Bien placés pour les prochaines législatives, le parti doit gérer dans l'immédiat l'annonce des deux cadors (Dan Kersch et Romain Schneider) de ne plus occuper de fonctions gouvernementales à l'avenir.

(pj avec Danielle SCHUMACHER) Non, Dan Kersch (actuel ministre du Travail et vice-Premier ministre) ne repartira pas pour un tour au gouvernement. Il l'a dit en ce début de semaine, surprenant son monde. Le LSAP perd de fait une tête de liste pour les élections législatives qui se profilent pour 2023. L'Eschois (60 ans en décembre) ne dit toutefois pas qu'il tourne la page politique, mais sans doute sait-il que dans deux ans, son parti devrait choisir un autre meneur pour conduire les candidats socialistes à la Chambre. Une meneuse sans doute.


Politik, Covid-19, Dan Kersch und Fränz Bausch auf dem Weg zum Pressebriefing, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
«Je n'appartiendrai pas au prochain gouvernement»
L'actuel vice-Premier ministre socialiste annonce, lundi, qu'il ne sera pas candidat pour être tête de liste pour les prochaines élections législatives. Il laisse même planer le doute quant à sa présence au gouvernement jusqu'en 2023.

Car dans les rangs du LSAP, le covid est venu rebattre les cartes. La gestion de la crise sanitaire a mis en avant la ministre de la Santé, et la popularité de Paulette Lenert s'est confortée au fil des mois. Ton pondéré, bienveillance et omniprésence semblent avoir été appréciés par les électeurs. A 53 ans, voilà donc l'ancienne avocate en pleine ascension quand son mentor voit ses soutiens se faire plus discrets.

Il est vrai que ces derniers 18 mois, Dan Kersch a certes su gérer le volet emploi de la crise (avec notamment une flexibilité bienvenue du chômage partiel) mais a aussi lancé quelques propositions qui n'ont pas forcément trouvé écho. Ni dans la société, ni dans les rangs LSAP. 

On pense à sa prise de position sur les aides aux indépendants au début de la crise covid, ou le souhait exprimé de voir un ''impôt covid'' être mis en place sur les sociétés ayant réussi à augmenter leur activité durant la crise. Du bout des lèvres, le chef de fraction socialiste Georges Engel a soutenu l'idée, mais Paulette Lenert se montrait déjà plus réservée. Cela quand les partenaires de coalition, DP et Déi Gréng repoussaient carrément l'idée.

En octobre, le LSAP tiendra son congrès. Une réforme des statuts pourrait permettre aux socialistes de se doter d'un binôme pour conduire les listes aux législatives. Paulette Lenert ne serait pas seule à la barre. Le choix du co-meneur s'avérera alors crucial pour le parti qui ne cache pas son ambition de devenir la principale force politique du pays. 2023 verrait alors le parti pouvoir, pour la première fois de son histoire, nommer le ministre d'Etat. 

Alors qui pour partager la direction de campagne socialiste? On peut imaginer Georges Engel switchant sa place de député et chef de fraction au profit de Dan Kersch. Cela donnerait l'occasion à l'ancien bourgmestre de Sanem d'acquérir une autre stature. Mais Kersch serait-il alors le meilleur représentant des idées d'un parti qui oscille entre modération et valeurs de gauche? D'autres noms circulent aussi en coulisses, comme Claudia Dall'Agnol (48 ans) ou Tess Burton (36 ans). 

Pendant ce temps...

Du côté du CSV aussi bien sûr l'échéance de 2023 commence à agiter les esprits. Mais les vents sont moins favorables au parti qui avait remporté les dernières législatives. Les querelles internes, la présidence express de Frank Engel et l'affaire en justice dite des Frëndeskrees écornent l'image du parti chrétien-social. Certes Claude Wiseler (61 ans) a repris la présidence et fait depuis tout pour réorganiser le parti. Mais la surmédiatisation des membres du gouvernement durant la crise a mis dans l'ombre l'opposition. De la difficulté alors de faire entendre ses idées.


Là où Claude Wiseler veut mener le CSV
Cinq mois que Claude Wiseler a repris les rênes du parti chrétien-social, une formation désunie sur le fond des idées et tiraillée en interne. Samedi 25 septembre, le président du CSV tentera de remettre le parti en ordre de marche pour les scrutins de 2023 notamment.

Le CSV a donc connu des jours meilleurs. Cette fin de semaine, le parti tiendra son congrès avec notamment l'intention de rafraîchir ses statuts. Pas question toutefois de fixer d'ores et déjà les règles pour les législatives. Certes, les chrétiens-sociaux sont devenus adeptes des binômes aux postes de commandement, mais il est trop tôt encore pour que la formation aux 21 députés tranche sur la question pour le scrutin de 2023.

Mais pour mémoire, Claude Wiseler est toujours le politicien d'opposition le plus populaire dans les sondages, avec une nette avance même. Avec sa sixième place dans le Politmolitor de juin, il est le seul issu des rangs du CSV à figurer dans le top 10. Serge Wilmes et Martine Hansen sont loin derrière (14ème et 15ème positions).


IPO,Presseiessen Déi Gréng, Josée Lorsché. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
«Le changement climatique reste la priorité absolue»
Pour Déi Gréng, si l'année parlementaire 2020/2021 aura été marquée par la pandémie et ses conséquences, le parti de la coalition estime que le défi principal à venir tient dans les modifications environnementales qui se dessinent.

Du côté des Verts, la question de la double direction ne se pose pas. Elle fait partie intégrante de l'ADN de Déi Gréng. Ainsi, en 2018, le parti écologiste avait disputé les élections dans les quatre districts avec une doublette mixte.Un choix qui permettait de présenter aux électeurs des duos avec poids lourd en tête et figure nouvelle à côté. A l'exemple, avec le ticket François Bausch-Sam Tanson. Depuis cette dernière n'a pas seulement accédé à la Chambre, mais a intégré le gouvernement. Ministère de la Justice et de la Culture s'ouvrant à la quadragénaire. Demain, qui sait, elle pourrait bien voir plus haut encore.

Enfin, au DP, les élections législatives de 2018 ont permis aux libéraux de tester la formule du binôme de candidats. D'où des listes présentant huit candidats de premier rang. Chiffre battu par Déi Lénk qui était entré dans le scrutin en présentant au centre et au sud quatre candidats de rang. 

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