Changer d'édition

Le logement social en mal de propriétaires
Luxembourg 2 min. 31.03.2021 Cet article est archivé

Le logement social en mal de propriétaires

Avec 0,38% de logements en gestion locative, rares sont ceux qui décrochent le graal.

Le logement social en mal de propriétaires

Avec 0,38% de logements en gestion locative, rares sont ceux qui décrochent le graal.
Photo: Getty Images
Luxembourg 2 min. 31.03.2021 Cet article est archivé

Le logement social en mal de propriétaires

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Instaurée en 2009, la gestion locative sociale est censée pallier le manque de locations abordables au Luxembourg. Mais selon les chiffres publiés ce mercredi, le parc immobilier social représente moins d'un pourcent des maisons et appartements du pays.

Alors qu'une vingtaine d'associations manifestaient samedi dernier pour le droit à un logement digne, le ministère du Logement publie ce mercredi les chiffres relatifs à la gestion locative sociale. Sur les 244.230 logements recensés par le Statec en 2020, seuls 936 étaient inclus dans le dispositif, qui mobilise des logements inoccupés pour les proposer à la location à des prix en deçà du marché. 

Autrement dit, moins de 1% des appartements et maisons du Luxembourg ont été confiés par leur propriétaire à des offices sociaux, des communes ou des associations. Un nombre croissant depuis 2016, où il concernait 366 logements, mais qui reste moindre face à la demande selon les associations

Pourtant, la gestion locative est décrite comme un système «gagnant-gagnant» par le gouvernement. Le système garantit en effet au propriétaire de toucher «un loyer tous les mois», tout en «se délestant de l'entretien» et en bénéficiant entre autres d'une exonération d'impôts de «50% sur les revenus locatifs nets», indique le communiqué. D'un autre côté, les associations et offices sociaux disposent de «logements d'urgence temporaire», ou peuvent mettre en place un «accompagnement» pour aider les familles à «accéder au marché de l'immobilier». Le ministère du Logement, quant à lui, a investi 1,1 million d'euros pour soutenir les communes dans leurs démarches, en accordant entre autres 2.500 euros par an pour chaque logement géré sous ce dispositif.


Pour un toit «digne et abordable» pour tous
La deuxième manifestation nationale pour l’accès au logement s'est tenue ce samedi après-midi dans la capitale.

Ces avantages demeurent encore «méconnus» par les propriétaires, estime Lucia Coelho, assistante sociale au sein du comité de liaison des associations d'étrangers. Même constat du côté de la Croix-Rouge, qui tente tant bien que mal de développer son propre parc immobilier afin de l'ouvrir au plus grand nombre.

Si la Belgique réquisitionne de son côté les logements vides, le gouvernement a écarté ce système: basé sur l'analyse de «la consommation en énergie et en eau», ce système a été considéré comme «insuffisant» par Henri Kox (Déi Gréng). 

Le ministre du Logement a indiqué ce mercredi dans une réponse parlementaire lui préférer les taxes communales sur les logements vacants, instaurées à ce jour dans huit communes. Selon Henri Kox, le «monitoring» réalisé dans le cadre du Pacte Logement aurait montré que seules «deux communes» ont perçu ces taxes, sans préciser lesquelles. Pour rappel, le loyer moyen pour un appartement au Luxembourg était de 1.611 euros par mois en 2020.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Avec sa petite retraite d’ouvrier, Eduardo, 65 ans, n’a rien trouvé d’autre qu’un espace de 14 m2 insalubre pour se loger au Luxembourg. Un portrait qui illustre la crise du logement du pays.
2020 aura aussi été une sale année pour la mise à disposition de logements accessibles par les deux promoteurs publics. Mais les projets immobiliers et les réserves foncières à disposition permettent de voir grand pour l'avenir.
La taxe communale sur les logements inoccupés vit ses derniers mois. La prochaine réforme de l'impôt foncier dotera le pays de nouveaux moyens pour inciter les propriétaires à mettre leurs appartements inoccupés à disposition de locataires.
En fixant un impôt spécifique aux propriétaires d'appartements vacants ou de terrains constructibles non bâtis, les communes ont la possibilité d'inciter la remise de biens sur le marché immobilier. Elles ne sont pourtant que huit actuellement à avoir saisi cette opportunité.
Près de 15.000 logements seraient vides de tout occupant au Luxembourg alors que la pression pour louer ou acheter est forte