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Le leasing automobile prend le virage électrique
Luxembourg 4 min. 15.06.2022
Renouvellement des flottes de véhicules

Le leasing automobile prend le virage électrique

L'électrification des flottes de véhicules d'entreprise est une tendance qui s'accélère, et ce, pour différentes raisons.
Renouvellement des flottes de véhicules

Le leasing automobile prend le virage électrique

L'électrification des flottes de véhicules d'entreprise est une tendance qui s'accélère, et ce, pour différentes raisons.
Photo: DPA
Luxembourg 4 min. 15.06.2022
Renouvellement des flottes de véhicules

Le leasing automobile prend le virage électrique

Pascal MITTELBERGER
Pascal MITTELBERGER
A l'heure de renouveler leur flotte de véhicules, de plus en plus d'entreprises se posent la question de la motorisation, avec une tendance croissante à aller vers l'électrique. La récente flambée des prix des carburants n'est pas la principale motivation derrière ce choix.

Mercredi 9 juin, les eurodéputés, réunis en séance plénière à Strasbourg, ont acté la fin des moteurs thermiques pour 2035, en votant la proposition de Bruxelles de réduire à zéro les émissions des automobiles neuves à partir de 2035. Une étape de plus dans la transition écologique et énergétique.


«L'évolution ira-t-elle assez vite?»
Au lendemain de l'adoption par le Parlement européen de l'interdiction de vente de voitures thermiques à partir de 2035, Gerry Wagner, porte-parole de House of Automobile, s'interroge sur la faisabilité de la mesure.

Mais, dans la pratique, le virage est bel et bien amorcé, en particulier pour les flottes de véhicules d'entreprise ou de fonction, généralement proposées en leasing. À l'heure des renouvellements de contrat, la conscience «verte» des dirigeants s'affirme de plus en plus. La récente décision de l'Union européenne, comme la folle flambée des prix des carburants, ne font qu'accentuer cette réflexion.

Un renouvellement anticipé

Certaines entreprises anticipent même ce renouvellement. Peu loquaces, celles que nous avons contactées n'ont pas souhaité s'étendre sur le sujet. Alors voyons plutôt du côté des «loueurs».  Selon Véronique Bourgois, directrice générale d'Arval (groupe BNP), une des principales sociétés de location de véhicules d'entreprise au Luxembourg, cette anticipation ne s'explique «pas tant à cause des prix des carburants, mais surtout à cause des délais de livraison de véhicules neufs, qui s’allongent». Même son de cloche chez Losch, autre acteur du secteur: «La pénurie mondiale de semi-conducteurs et les perturbations actuelles sur la supply chain ont eu pour effet un allongement des délais de livraison sur les véhicules neufs. Par conséquent, une large majorité de nos clients avaient déjà anticipé le renouvellement de leur flotte de véhicules.»

Les sociétés sont de plus en plus attentives à leur empreinte carbone.

Le département Fleet de l'entreprise Losch

Autre point sur lequel ces deux entreprises se rejoignent: «Dans beaucoup de sociétés, il y a une grosse volonté RSE (responsabilité sociétale des entreprises) pour faire évoluer les flottes de véhicules qui impactent moins l’environnement», indique Véronique Bourgois. «Les sociétés sont de plus en plus attentives à leur empreinte carbone, dans le cadre de leur politique RSE. Par conséquent, de plus en plus de nos clients opèrent, dans leur car policy, une réduction des émissions de CO² maximales autorisées pour leur flotte», complète-t-on chez Losch.

Fiscalité et flambée des prix des carburants

A ces deux raisons s'entremêlent des éléments conjoncturels. Le premier relève de la fiscalité, et des futures évolutions du régime de l'avantage en nature des voitures de fonction. «La date dans le viseur, qui devrait accélérer les changements d’habitude, est le 1ᵉʳ janvier 2025. À cette date, tous les véhicules à moteur thermique, mais aussi hybride, se verront appliquer un taux à 2%, et 1 % pour les véhicules à moteur électrique», explique la dirigeante d'Arval. Second élément conjoncturel: la flambée des prix des carburants. 

Aujourd'hui, au niveau des commandes, trois véhicules sur dix sont "full élec".

Véronique Bourgois, directrice générale d'Arval

Au final, ce faisceau de raisons incite les clients à s'interroger fortement. «Le renouvellement de leur flotte est une préoccupation forte en ce moment, car cela entre évidemment dans leurs frais généraux. On voit, beaucoup plus qu’avant, des signes très clairs pour engager plus rapidement la discussion. Nos clients se demandent ce qu'ils doivent faire et certains ont même déjà pris une décision en allant vers l’électrique, et c’est un virage qui va encore s’accentuer d'ici à 6 mois, un an», poursuit Véronique Bourgois. Ainsi, chez Arval, «Aujourd'hui, au niveau des commandes, trois véhicules sur dix sont full élec. Ils dépassent déjà les moteurs hybrides.»

La question des infrastructures et de l'autonomie

Néanmoins, cette tendance soulève forcément une question. Produire et vendre des véhicules électriques, c'est bien, mais les infrastructures vont-elles suivre au même rythme ? «Pour les entreprises qui ont construit des locaux récemment, les équipements de charge ont pu être intégrés dans les parkings, explique Véronique Bourgois. Mais toutes n'ont pas la possibilité d'installer des bornes.» Sans parler du coût non négligeable de l'investissement et de l'aspect technique, puisque toutes les installations électriques ne disposent pas de la puissance nécessaire pour qu'on y rajoute des bornes de recharge.


Les locataires aussi peuvent avoir des bornes électriques
Alors que l'électromobilité se développe en tant qu'alternative bas-carbone à la voiture thermique, ce mode de transport nécessite l'implantation d'un réseau étoffé de bornes de recharge.

Enfin, la directrice générale d'Arval pointe une autre limite actuelle du moteur électrique: «Il y a certains secteurs d'activité où les véhicules, en plus d’être un avantage en nature, sont surtout un outil de travail. Par exemple les travaux publics, avec des véhicules qui font 50.000 km par an, voire plus. Pour passer à l'électrique, ça coince, car l'autonomie des batteries pose problème. » Et même si les améliorations sont régulières, cette autonomie des batteries est aujourd'hui un frein sur la route du «tout élec».

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online.fr,  Leasing Auto, Gerry Wagner, Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort